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Najat Vallaud-Belkacem a peur de perdre sa place de ministre

« Exemplarité, intégrité, sobriété, efficacité », la musicalité des mots résonne en douceur à nos oreilles, et nous nous prenons à fredonner cette règle de conduite révolutionnaire, sur l’air inédit de la moralisation de la vie politique.

Cette formule magique, qui a la rime heureuse,  est la devise très vertueuse du gouvernement de l’ère Hollande, brandie en étendard de son changement éthique. Elle ne figure sur aucun fronton, (enfin pas encore !), mais a été gravée dans le marbre d’une charte déontologique signée par tous les ministres. Bel effort, d’autant plus que les écrits restent, s’ils ne se volatilisent pas subrepticement… Hors de ce précepte, point de salut pour les membres de l’équipe gouvernementale !  On se pincerait presque pour y croire, tant c’est beau…

Le tableau de la transition socialiste était idyllique, mais voilà qu’une première ombre assombrit ce grand retour à l’intégrité, et fait régner le clair-obscur là où la transparence s’annonçait éclatante. Mais comment un tel contraste est-il possible ?

C’est la faute aux législatives, et à Najat Vallaud-Belkacem, la nouvelle ministre des droits des femmes et porte-parole du gouvernement, qui jette l’éponge de peur de tout perdre. Courageuse mais pas téméraire,  ( il ne faut pas trop en demander tout de même !), la benjamine du gouvernement, qui affirmait haut et fort, le 7 mai sur LCI, vouloir devenir députée de Lyon même si la bataille promettait d’être rude, a réalisé que sa défaite quasi annoncée la priverait automatiquement de ses hautes fonctions.

En effet, la mise en garde martelée par le Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, était on ne peut plus limpide, sans aucun repêchage possible : “tout ministre, qui ne sera pas élu aux législatives, ne pourra pas rester au gouvernement”.

Ni une ni deux, Najat Vallaud-Belkacem a repris à son compte un adage, vieux comme Hérode, qui a traversé les époques, les républiques, et les gouvernements, sans prendre une ride : « Faites ce que je dis, pas ce que je fais », et au diable la noblesse du combat républicain ! C’est sûr, cela a beaucoup moins d’allure que l’éloge de la vertu appliqué à soi-même, mais c’est tellement plus confortable de déroger à la règle d’or, surtout avec la bénédiction du sommet de l’Etat..

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