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Nafissatou Diallo : une femme au-dessus de tout soupçon

A défaut de connaître son visage, le portrait de Nafissatou Diallo, la victime présumée de DSK, s’esquisse, au fil des jours, dans la presse américaine, révélant une personnalité et un itinéraire sans l’ombre de la fameuse “faille” traquée par la défense de notre ex-candidat providentiel à la présidentielle.

Si les ténors du barreau qui vont plaider la cause de DSK ont dépêché leurs fins limiers en Guinée, le New York Times n’est pas en reste, et a sondé le terrain en interviewant de nombreuses personnes, en Afrique et à New York, comme le relate le site Rue89.

Résultat : un article particulièrement étayé qui fait la une de l’International Herald Tribune, retraçant l’enfance pieuse et traditionnelle de la jeune femme, qui s’avère être la fille d’un imam de village, aujourd’hui décédé, et qui s’est initiée au Coran chez elle, sur des tablettes en bois. Les reporters du New York Times font état d’un mariage forcé à l’âge de 13 ans, corroboré par ses propres frères : « elle n’a pas eu d’autre choix que d’obéir. Puis son mari a succombé à la maladie, et la jeune femme, devenue mère d’une fillette, est allée vivre avec son frère à Conakry, la capitale guinéenne » soulignent-ils.

En 2002, Nafissatou Diallo décide de tenter sa chance Outre-Atlantique, pour rejoindre l’une de ses sœurs. La barrière de la langue anglaise ne l’a pas dissuadée de quitter les siens, et c’est sans en connaître les rudiments qu’elle a posé ses bagages dans la « Big Apple », le journal étant peu disert sur son arrivée aux Etats-Unis.

Passée au crible, sa vie New Yorkaise est manifestement très ordinaire, sans scoop explosif de nature à discréditer cette mère célibataire, qui a toujours travaillé dur pour élever sa fille adolescente, d’abord dans un restaurant ouvert par un immigrant gambien, Marayway, dans le Bronx, puis au Sofitel, un tremplin inespéré. Parmi ses rares distractions, un proche évoque le visionnage de DVD nigérians à la télévision chez elle, et des rendez-vous épisodiques au café 2115 de Harlem, où se retrouvent des Africains francophones pour voir des programmes télé en français.

Pendant ce temps-là, le duo de choc de la défense, les avocats hors de prix, William Taylor et Benjamin Brafman, qui se font fort d’obtenir l’acquittement de leur client, se sont toutefois fendus d’un communiqué pour démentir les bruits selon lesquels tout sera mis en œuvre pour « salir » Nafissatou Diallo, même si les conditions de son immigration sont étudiées à la loupe.

Enquêtes et contre-enquêtes, la vie de Nafissatou Diallo est passée au peigne fin, mais pour l’heure trouver sa face cachée semble être mission impossible…

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