in

Momo Roots, ou l’histoire d’un fils aimant refoulé de l’hôpital pour avoir psalmodié le Coran au chevet de sa mère

Chronique de l’islamophobie ordinaire qui n’en finit pas d’égrener son long chapelet d’injustices et d’humiliations, criantes et amères, l’histoire de Momo Roots, ce musulman pieux, originaire du Maroc, et artiste reconnu sur la scène musicale du Reggae Gnawa, est tristement édifiante de l’ostracisme désinhibé qui frappe ceux qui se prosternent devant Allah.

Et peu importe si cette énième victime de ce rejet inique chante la fraternité et le respect mutuel en France comme à l’international, la dure et ubuesque réalité hexagonale ayant tôt fait de vouer aux gémonies un envahisseur « sarrasin » ou un « terroriste » en puissance, insensible à la souffrance et au dévouement d’un fils envers sa mère de 74 ans plongée dans le coma.

Déshumanisé et refoulé de l’hôpital Sainte Anne, où sa présence de tous les instants, jusqu’à dormir dans sa voiture sur le parking de l’unité médicale, en a touché certains, et fortement irrité d’autres, plus nombreux, le malheureux Momo Roots a payé le prix fort de son amour filial exemplaire pour avoir psalmodié le Coran à voix basse, au chevet de sa chère maman.

La sanction est tombée comme un couperet quelques jours avant la célébration de Noël, alors même que sa mère  avait repris conscience et renaissait lentement à la vie : le  fils aimant et chanteur entonnant des hymnes à la paix était jugé désormais indésirable au sein du centre hospitalier, ses visites étant limitées à deux petites heures par jour. Autant dire une mise au supplice terrible et en vertu de quelle loi d’exception ?

C’est un mail odieux, en date du 20 octobre 2015, qui a scellé son sort sans autre forme de procès et dont la lecture l’a ébranlé : "Je pense qu’il faut intervenir de façon urgente et interdire l’accès à l’hôpital à cet individu. D’ailleurs, je l’ai vu dimanche soir prier à haute voix dans la chambre de sa mère à 21 h !!!!! Pas de laisser aller avec les terroristes qui qu’ils soient ! Courage pour l’équipe."

Sacrifiés sur l’autel de l’islamo-paranoïa et d’une laïcité répressive que personne ne nous envie, contrairement à ce que prétend Elisabeth Badinter, la philosophe qui encourage l’islamophobie décomplexée dans la France d'en haut et d'en bas, Momo Roots et sa mère très affaiblie subissent de plein fouet un refoulement qui n’est dicté que par la haine la plus primaire, celle qui conduit inexorablement la patrie des droits de l'Homme vers des gouffres obscurs.

Aujourd’hui, Momo Roots cherche désespérément à transférer sa mère dans un autre hôpital, un nouveau combat qu’il doit livrer contre une administration sans cœur et kafkaïenne.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

La remise du prix Léon Blum, ou prix du Crif, à Chalghoumi, suscite l’indignation à Grenoble

Sur RCJ, Finkielkraut s’en prend violemment à W. Berhouma: “Elle mène son djihad contre la France”