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Michel Platini, président de l’UEFA, appelle Israël à réagir face à la motion palestinienne qui demande sa suspension

Sa réélection à la tête de l'Union des associations européennes de football (UEFA) a été une simple formalité, et l’on se demande ce qui de l’absence de rival ou de son parti pris pro-israélien a davantage pesé dans la balance, Michel Platini, à peine reconduit dans son fauteuil capitonné, fait l’éclatante démonstration que quand le football rejoint la géopolitique, il s’aplatit devant l’idéologie dominante et les intérêts d’Israël.

Ce lanceur d’alerte, inféodé au système, exhorte l’Etat hébreu à agir et réagir instamment face à la motion palestinienne demandant sa suspension qui plane telle une épée de Damoclès, et qui pourrait lui être soumise sous peu. « L’heure est grave », a-t-il déclaré avec un certain sens de la dramatisation que le nombre croissant de pays soutenant la revendication de la Palestine a dû contribuer à renforcer.

Nul besoin pour le président de l’UEFA de soumettre la légitime exigence de la Palestine à la délibération de son Conseil des sages, il a déjà tranché sans sourciller, et c’est en appelant avec force Israël à "utiliser tous les canaux diplomatiques pour contrecarrer la motion palestinienne", comme le rapporte le site israélien I24, que ce dernier a scellé le sort de la requête formulée par Jibril Rajoub.

Il faut dire que la motion élaborée par Jibril Rajoub dénonce l’entorse flagrante faite aux accords internationaux par le gouvernement ultra-sioniste de Netanyahou en barrant le passage entre la bande de Gaza et la Cisjordanie aux athlètes palestiniens, en d’autres termes une récrimination guère audible, ni recevable, quand, comme Michel Platini, on est plus préoccupé par le maintien de ses prérogatives et privilèges, ces avantages inestimables, qu’épris de justice et d’équité…

Dans leur lettre adressée à l'UEFA en septembre dernier, les Palestiniens faisaient part de leur indignation face à la nouvelle guerre déclarée par Israël, toujours aussi déloyale et mortifère : la guerre contre le football palestinien. "Des footballeurs ont été tués, des stades bombardés et des joueurs se sont vus refuser la permission de voyager pour des matchs". "Parmi ceux qui ont été tués dans le récent massacre par Israël figurent Ahmad Muhammad al-Qatar et Uday Caber, deux joueurs de football de 19 ans à l'aurore de leur carrière", condamnaient-ils.

En septembre dernier, l'UEFA avait certes rejeté la proposition de Jérusalem d'organiser l'Euro 2020 sur ses terres, les Israéliens, tentant alors de sauver la face, invoquèrent des raisons "techniques" , tandis que les Palestiniens se réjouissaient du formidable impact de la campagne BDS (Boycott, Désinvestissement, Sanctions).

Abdulrahman Abunahel, le coordinateur du comité BDS à Gaza qui s'était félicité de l’arbitrage de l'UEFA, souhaiterait vivement la voir franchir un palier supplémentaire. "L'UEFA doit suspendre le statut de membre à l'Association de football israélienne si celle-ci continue à maintenir ses liens avec l'Etat israélien qui pratique l'occupation, la colonisation et l'apartheid", appelle-t-il  de ses vœux, mais en se heurtant de plein fouet à l’autisme du président de l’UEFA qui déploie toute son énergie pour qu’Israël évite l’affront cinglant du carton rouge de la honte, celui qui le renverrait d'office vers les vestiaires de ses violations massives des droits de l’Homme, de ses crimes de guerre, et de sa colonisation forcenée et illégale.

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