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Maroc : l’Aïd el-Fitr terni par de violents heurts à Al Hoceima

Pas de trêve dans les affrontements qui opposent depuis huit mois, à Al Hoceima, les manifestants du Rif aux forces de l’ordre marocaines, et la célébration de l’Aïd el-Fitr n’y a rien changé.

Loin de retrouver une fragile accalmie en ce jour de prière et de joie, les hostilités ont même redoublé dans cette province emportée dans une spirale infernale de violence, alors que les activistes du mouvement contestataire rifain Hirak avaient appelé à un grand rassemblement pour marquer la fin du mois béni de Ramadan. Cet appel à la mobilisation générale a été lancé au lendemain des critiques émises par le roi Mohammed VI envers son propre gouvernement, à qui il reproche vertement des lenteurs préjudiciables dans la mise en œuvre des chantiers de développement dans cette région en souffrance.

Ayant pour exigence préalable et non négociable que les personnes arrêtées lors des précédentes manifestations soient relaxées sur-le-champ, les milliers de manifestants, dont beaucoup venaient de villages voisins, ont trouvé une ville « complètement verrouillée » par la police, comme l’a relaté un journaliste marocain à l’AFP.

Selon un témoin cité par l’AFP, à Ajdir, une localité située à proximité d’Al Hoceima, « des heurts ont éclaté entre les forces de l’ordre et des manifestants qui voulaient se rendre » en ville. Les affrontements ont fait plusieurs blessés et les forces de l’ordre ont procédé à « une dizaine d’arrestations » parmi les manifestants. Dans la ville même d’Al Hoceïma, des manifestants se sont massés aux alentours de 17 heures mais ont été « brutalement réprimés par les forces de l’ordre ».

« Aucune issue à la crise n’est possible sans la libération des détenus », a clamé haut et fort un élu local de la région, tout en faisant écho au monarque du royaume de l’Atlas en dénonçant à son tour « la lenteur des procédures judiciaires (qui) a envenimé la situation ».

Des vidéos, qui ont mis la toile en émoi en l’espace de quelques heures, apportent la triste preuve en images de cette répression policière qui ne fait pas de quartier et fait vaciller la faible lueur d’espoir née de la libération provisoire accordée à El Mortada Iamarachen, un jeune rifain interpellé à Al Hoceima dont le père est décédé lors de sa détention. Le cas de ce jeune protestataire du Rif, autorisé à assister aux funérailles de son père, a bouleversé le peuple marocain.

Dans cette région du Maroc assise sur un volcan, des drapeaux noirs, couleur de deuil,  flottent sur les maisons de certaines familles de prisonniers issus des rangs du mouvement citoyen Hirak.

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