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Lyon : derrière des mails “pro-djihad” menaçant des catholiques se cachait… une catholique

L’apologie du terrorisme n’est pas forcément l’apanage de ceux qu’on croit, et les journaux et autres sites de la droite dure qui en font habituellement leurs choux gras, tels « Valeurs Actuelles » ou « fdesouche » pour ne citer que ceux-là, auraient été mieux avisés de ne pas céder à l’emballement médiatique et à l’irrésistible tentation de jeter en pâture les vrais faux coupables tout désignés : ces méchants musulmans qui n’avaient rien fait mais qui collaient tellement mieux au scénario qu’une professeure stagiaire catholique…

De quoi retourne-t-il au juste ? Derrière un mail au titre intriguant « laïciquoi » et au libellé menaçant, adressé le 23 septembre dernier au directeur et deux autres fonctionnaires de l’Ecole supérieure du professorat et de l’Education (ESPE) de Lyon, se cachait en réalité une enseignante stagiaire de 24 ans qui, pour se réclamer du catholicisme, n’en avait pas moins fait de ses coreligionnaires sa cible de prédilection.

Après avoir mis sur les dents la sûreté départementale du Rhône tout au long d’un automne où elle s’avéra un auteur de mails inquiétants particulièrement prolifique, la jeune femme a été finalement interpellée jeudi 21 janvier, comme l’a révélé la Direction départementale de la sécurité publique de Lyon (DDSP), à l’issue d’une traque intensive sur le Net et pour le plus grand soulagement de son établissement de formation, qui avait été placé sous haute surveillance dans le cadre du Plan Vigipirate renforcé.

Sa prose de sinistre augure avait alarmé en haut lieu, jusqu'au ministère de l’Intérieur, rares étant ceux qui pensaient qu’elle était l’œuvre d’une cyber-activiste, jeune et catholique de surcroît, dans un contexte post-attentats de Charlie Hebdo et de l’Hyper Cacher propice à voir derrière chaque musulman un « terroriste islamiste » en puissance.

Voici un extrait de ces messages qui ne laissaient rien présager de bon et dont on sait aujourd’hui qu’ils étaient signés d’une jeune femme originaire de la Réunion, ses motivations restant pour le moins mystérieuses, voire « confuses », laquelle aurait rencontré des « diffIcultés dans sa formation d’enseignante », selon une dépêche de l’AFP.

« Mes frères djihadistes et moi allons nous occuper de vous.

Je vais nettoyer cette école.
Plus d’étudiant ça servira d’exemple.
Je vais aussi briser vos stagiaires. Ce sera encore plus facile.
Les chrétiens seront prioritaires. Je veux un feu de joie !
Vous avez tous une semaine pour vous convertir ! D’ici là mes frères armés viendront apporter la paix chez l’ESPE
. »

D’après le site Rue89Lyon qui a contacté la DDSP, une source policière brosse le portrait d’une « fille perturbée psychologiquement » qui a eu « une classe difficile dans un collège de l’agglomération lyonnaise », évoquant une altercation verbale dont elle aurait été victime dans la rue, après avoir dit à un « groupe de jeunes » qu’elle était catholique.

Contrairement aux allégations délirantes de la fachosphère qui aurait dû savoir raison garder pour éviter de se disqualifier un peu plus, les coupables idéaux n’en étaient pas, tandis que celle qui était au-dessus de tout soupçon se retrouve sur le banc des accusés. Elle comparaîtra devant le tribunal correctionnel pour « apologie de terrorisme » et « crime contre les personnes en raison de la religion », tout en étant placée sous contrôle judiciaire avec obligation de soin.

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