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L’islam, un souffle spirituel

Eric Geoffroy rappelle qu’il a toujours existé dans l’islam une pluralité de pensée.  Auteur du livre « L’Islam sera spirituel ou ne sera plus » qui vient d’être réédité en 2016 aux éditions du Seuil, Éric Geoffroy est islamologue, spécialiste du soufisme.

"L'islam est un souffle spirituel"

E. Geoffroy: "L'islam est un souffle spirituel"Dans cette troisième chronique, Eric Geoffroy rappelle qu'il a toujours existé dans l'islam une pluralité de pensée. Auteur du livre "l'Islam sera spirituel ou ne sera plus" qui vient d'être réédité en 2016 aux éditions du Seuil, Éric Geoffroy est islamologue, spécialiste du soufisme.Voir en ligne : http://oummatv.tv/islam-souffle-spirituel

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Publiée par Oumma.com sur Lundi 20 juin 2016

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Commentaires

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  1. Merci à Eric Geoffroy pour ses rappels et ses éclaircissements toujours renouvelés. La logique du « et », plutôt que celle du « ou » (à laquelle l’Occident est accoutumé depuis Aristote) se retrouve aussi dans l’hindouisme et le bouddhisme, entre autres. Il est beau de parler de « nébuleuse du sens » : une image cosmique qui dit assez la richesse en germe présente dans l’ensemble et dans toutes les parties du Coran, et aussi dans l’ensemble des textes spirituels venus à l’humanité comme dans chacun d’eux. Il n’y a qu’une source à l’humanité comme à ses spiritualités. Des nébuleuses naissent les étoiles, elles sont innombrables et pourtant elles aussi nées par la grâce d’une source unique.

    • Tiens je pensais que le bouddhisme vous intéressait peu et qu’en conséquence vous ne le connaissiez pas. A noter que l’auteur est spécialiste du soufisme, qui est sans doute la seule variation de l’islam à partager une proximité relative avec le bouddhisme. D’ailleurs l’auteur connaît le bouddhisme zen.
      Le bouddhisme est un véritable monisme, ce qui lui permet de ne pas tomber dans le dualisme comme les monothéismes, ce que l’auteur appelle la logique binaire et qu’il illustre avec la paire harâm / halal. A noter que al-Ajami conteste la définition de l’auteur qui traduit harâm par illicite alors que al-Ajami considère que c’est un dévoiement par l’islam du sens coranique de « sacré ». Bon je m’égare et à vrai dire peu m’importe que des convertis sachent mieux ou pas que des natifs.
      Mais, pour poursuivre le parallèle, voyons ce que l’auteur dit du « tiers inclus » qui permet de contrer la binarité, le dualisme. Il produit du « sens » (renvoyant à la polysémie inépuisable du coran) et il est accessible via un « djihâd intellectuel et spirituel ». Le bouddhisme lui affirme surtout que la binarité relève de l’illusion. Il n’y a pas de paire. Il n’y a que l’Un qui est clivé. La perception du clivage relève de l’Esprit troublé, du domaine du relatif. La perception de l’Un relève de l’Esprir clair, du domaine de l’absolu. Le distinguo de l’auteur entre raison et supra raison pourrait se révéler en être une approximation. Dans le domaine de l’absolu, même l’opposition samsara / nirvana se résorbe. L’archer, la flèche et la cible ne font qu’un aussi dans le zen.
      Quant au taoïsme, il met en avant le dualisme mais à travers une complémentarité, plutôt qu’une opposition, celle du yin et du yang et le tiers inclus pourrait être le Tao qui régit toute chose. Le bien et le mal ne sont ainsi pas séparés. Ce sont les 2 pôles d’une même dynamique réglée par le Tao.
      On voit donc des parallèles mais le taoïsme et surtout le bouddhisme attaquent frontalement, fondamentalement la binarité conçue comme une opposition, qui se maintient toujours sous une forme ou une autre chez la plupart des croyants dans les monothéismes. Ainsi on retrouve la dualité et le clivage partout : corps / esprit, bien / mal ou dieu / diable, paradis / enfer, ici bas / au-delà, moi / toi ou ego / autrui, Dieu (incréé et incorruptible) / Création (corruptible) ou transcendance / immanence, … Ce n’est pas Aristote qu’il faut mettre en cause mais Platon à mon avis et puis Mani.
      Par ailleurs, l’auteur parle d’approche intellectuelle. Peut être l’influence du zen. Mais dans le zen pourtant l’intellect est court-circuité par les koāns. La spiritualité ne repose au final jamais sur une approche intellectuelle sans la dépasser mais in fine sur l’appréhension directe de la réalité telle qu’elle est dans la méditation, sans pensée discursive, sans langage. La polysémie apparaît ainsi comme un labyrinthe dans lequel on s’égare, une distraction de la pratique.

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