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L’Iftar donné par Obama troublé par l’appel au boycott lancé par des musulmans américains

Pour le sixième Iftar de l’ère Obamanienne, l’effervescence des grands soirs régnait, lundi, à la Maison Blanche, les petits plats ayant été mis dans les grands pour accueillir la fine fleur de la galaxie musulmane américaine, tandis qu’à l’extérieur du saint des saints du pouvoir, les appels à boycotter l’événement annuel déchiraient le silence assourdissant au sujet du carnage de Gaza.

Impertubable dans sa tenue de soirée, Barack Obama, le maître de cérémonie, a tenté de sauvé les apparences face à son auditoire trié sur le volet, sourd à la clameur de colère qui est montée crescendo au fil des jours, et de la montée en puissance de l’offensive israélienne qui a culminé, un fois encore, dans l’horreur du massacre des civils palestiniens.

C’est à cela que l’on réalise combien fut éphémère l’Obamania euphorique des premiers instants et comme de l’eau a coulé sous les ponts depuis, car, aujourd’hui, les cris qui retentissement à l’évocation de l’homme fort de Washington le conspuent davantage qu’ils ne lui chantent ses louanges… Doublement fustigé par nombre de personnalités et autres dirigeants musulmans, à la fois pour son inertie coupable devant la boucherie de Gaza et pour l’espionnage intensif et anticonstitutionnel de citoyens musulmans américains, Obama ne fait plus rêver depuis longtemps : "Nous exhortons tous les invités de l'Iftar du gouvernement  à se serrer les coudes au nom de notre communauté, et à rejeter la normalisation de la violation continue de nos droits fondamentaux", pouvait-on lire dans le communiqué officiel du Comité anti-discrimination américano-arabe (ADC), cité par le Washington Post.

Retentissante, cette clameur de protestation n’a cessé de s’intensifier au sein de la communauté musulmane, gagnant tout le pays et prenant la forme d’une pétition très largement diffusée, qui a, elle aussi, incité à bouder massivement l’Iftar présidentiel. "Nous sommes un groupe de chercheurs, d'avocats, de militants et d'organisateurs communautaires, et nous sommes tous scandalisés et profondément préoccupés par la violence que les Etats-Unis, qui prétendent être une démocratie, s’autorisent à infliger à la communauté musulmane sous couvert de sécurité nationale. Nous sommes scandalisés de voir que tant de personnes, dont le seul crime est d’être musulman, ont souffert du profilage, de la détention, de la torture et ont été même assassinées", stipulait la pétition qui a sensibilisé des centaines de signataires.

Alors que Barack Obama présidait le grand dîner de l’Iftar en ignorant souverainement la levée de boucliers qui résonnait aux marches de son palais, maniant la langue de bois avec un art consommé, son allocution parfaitement calibrée pour la circonstance n’a rassuré personne, notamment quand il a lancé sur un ton très ferme : "Maintenant, je vais dire très clairement, aucun pays ne peut accepter que des roquettes soient tirées au hasard sur les citoyens. Nous avons été très clairs sur le fait qu’Israël a le droit de se défendre contre des attaques du Hamas que je considère inexcusables."

Il a eu beau contrebalancer son propos pour donner l’illusion d’être équitable, les mots soupesés qui ont suivi "Notre objectif a été et continue d'être la paix et la sécurité pour les Israéliens et les Palestiniens", n’ont nullement apaisé les tensions à leur paroxysme, nombreux étant les musulmans qui réalisent amèrement que le mandat de l'homme du renouveau se sera très vite inscrit dans la politique du changement dans la continuité, sur les traces de son prédécesseur de sinistre mémoire, George W. Bush.

 

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