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Les relations saoudo-israéliennes depuis la décennie 1980

Mourir pour les beaux yeux de la dynastie wahbabite?

Sur fond d’une pression subliminale américaine via la réactivation de la «Golden List» des philanthropes saoudiens du djihadisme planétaire, le roi Salmane projette de se tourner vers Moscou, à la mi mars, en visite officielle, à l’arrière plan d’une conjoncture périlleuse pour le trône wahhabite, sur fond d’une rupture avec l’Iran, d’un enlisement tragique au Yémen, de déconvenues politiques et militaires en Syrie, et, dernier et non le moindre, d’une rivalité interne entre son propre fils Mohammad Ben Salmane et le prince héritier en titre Mohammad Ben Nayef.

Survenant après deux visites infructueuses de son propre fils à Moscou, en 2015, porteur de mirifiques promesses de gigantesques contrats et de coopération dans le domaine énergétique et nucléaire, le roi Salmane va tenter, sinon d’infléchir la politique russe au Moyen-Orient, à tout le moins de solliciter l’aide du Kremlin pour une «sortie honorable» à sa politique calamiteuse tant au Yémen qu’en Syrie, alors que des informations persistantes dans la presse occidentale et arabe font état d’une possible «révolution de palais» en Arabie saoudite.

Brandissant la menace d’une intervention terrestre en Syrie, avec déploiement de forces aériennes à la base turque d’Incerlick, s’engageant par la voix de son ministre des Affaires étrangères Abdel Joubeir, le poulain du prince des ténèbres Bandar Ben Sultan, de mettre en échec la stratégie russe de maintenir à flot le président Bachar Al Assad, le roi Salmane risque de se heurter à l’intransigeance de Vladimir Poutine, qui parle de plus en plus ouvertement de «crimes de guerre» au Yémen dans une tentative de modérer les ardeurs belliqueuses du dynaste wahhabite.

Un an après le déclenchement de la guerre du Yémen, cinq ans après le déclenchement de la guerre de Syrie, le Royaume est conduit à constater que nul parmi ses alliés ne paraît disposer à s’engager dans une nouvelle aventure aux résultats aléatoires.

En déclinant tour à tour de prendre le commandement d’une coalition islamo-atlantiste en vue d’une offensive terrestre en Syrie, en lui refusant l’autorisation de livrer des missiles sol-air à l’opposition wahhabite, Barack Obama a signifier au gérontocrate atrabilaire, qui tient lieu de roi d’Arabie, son refus de voir des GI’s mourir pour les beaux yeux de la dynastie wahhabite, ses aigreurs et ses rancœurs.

En vue de prévenir une détérioration plus grave de l’image du royaume saoudien dans le monde, particulièrement aux États-Unis, le clan wahhabite a décidé de lancer un lobby pro-saoudien sur le modèle de son exemple israélien AIPAC, avec pour nom SAPRAC (comité des relations saoudo-américaines).

Son lancement devrait coïncider avec la visite programmée du roi Salmane à Moscou. L’Arabie Saoudite avait eu recours à ce procédé, en 2001, sous l’impulsion du prince Bandar Ben Sultan, l’ancien chef du djihadisme planétaire pro-saoudien, pour amortir le choc de l’implication de quatorze de ses nationaux dans le raid du 11 septembre 2001, contre les symboles de l’hyperpuissance américaine.

En 2001, les Saoudiens avaient réussi à conjurer le mauvais sort, grâce à l’amitié du clan George Bush jr avec l’industrie pétrolière saoudienne et leur opération de séduction avait détourné le feu américain sur l’Irak et par effet de boule à la création de Daech. Qu’en sera-t-il quinze après ?

Un an accession après son accession au pouvoir, retour sur la face cachée du Roi Salmane à travers les révélations du plus redouté censeur saoudien.

Salmane entretenant des contacts avec Israël depuis la décennie 1980

Sous la houlette de l’Arabie saoudite, les pays arabes ont pratiqué une normalisation rampante avec Israël concomitante de l’annexion rampante de la Palestine ; une normalisation rampante du côté arabe proportionnelle à la montée en puissance du mouvement du boycottage d’Israël sur le plan mondial.

L’Iran a servi de prétexte à la normalisation de facto entre Israël et les pétro-monarchies du Golfe en ce que la connivence, d’abord souterraine, désormais publique, a préexisté au rapprochement entre les États-Unis et son ancien super-gendarme du Golfe du temps de l’Iran impériale de la dynastie Pahlévi.

Telle est en substance la principale conclusion des nouvelles révélations de Moujtahed, le gazouilleur le plus redouté du royaume saoudien pour la fiabilité et la corrosivité de ses informations.

Le verbatim de Moujtahed 

«Salmane a eu des contacts avec les sionistes dès la décennie 1980. Il a été le précurseur en ce domaine au sein de la famille royale saoudienne. Le gouverneur de Riyad avait des contacts réguliers à l’époque par l’entremise de ses protégés, Ousmane Al Omeir et Abdel Rahmane Ar Rached, les deux premiers rédacteurs en chef de son journal amiral «Al Charq Al Awsat».

Les contacts se déroulaient au Maroc en ce que le royaume chérifien et son pendant au Machreq, le royaume hachémite de Jordanie sont les traditionnels partenaires historiques de la diplomatie souterraine israélo-monarchique.

Rappel des précédentes révélations de Moujtahed

L’identité de ce mystérieux justicier intrigue, mais AL Rai Al Yom, le journal de l’influent éditorialiste arabe, Abdel Bari Atwane, a avancé le nom du Dr Saad Al Faqih, Président du «Mouvement Islamique pour la Réforme». Ancien professeur de chirurgie à la Faculté de médecine de l’Université du roi Saoud à Ryad et consultant chirurgical à l’hôpital du Roi Khaled, dans la décennie 1990, il vit en exil à Londres et dispose d’un compte twitter crédité de 1,6 millions de followers.

«Salmane n’agissait pas tant en sa qualité de représentant du clan Saoud, mais agissait pour son propre compte, afin de convaincre les Américains de renforcer sa position au sein de la famille royale, dans le cadre de la lutte d’influence permanente entre le diverses factions wahhabites.

«En contrepartie, Salmane s’était engagé que son groupe de presse s’emploie à favoriser une normalisation culturelle, intellectuelle et pédagogique entre l’Arabie saoudite et Israël.

«Salmane a honoré ses engagements : Al Charq Al Awsat a bien réussi dans sa mission de sionisation de la culture en ce que ce groupe de presse a constitué le vivier le plus dangereux de personnalités les plus menaçantes pour la culture arabe et musulmane.

Moujtahed fait observer que sa garde rapprochée a fait office de task force pour la protection de Salmane et sa promotion médiatique tant sur le plan interne saoudien que pour sa visibilité sur le plan de la diffusion satellitaire. «L’insolite dans cette affaire est que la normalisation ne résulte pas d’une volonté délibérée de Salmane, en ce que son état mental (Alzheimer) ne l’autorise pas de telles audaces, mais résulte de son propre entourage, en la personne des deux Mohammad : son fils, Mohammad Ben Salmane, vice- prince héritier et ministre de la Défense et Mohammad Ben Nayef, son neveu, prince héritier et ministre de l’Intérieur.

Moujtahed met l’accent sur la rencontre, début avril 2015, entre Dore Gold, le nouveau directeur général du ministère israélien des Affaires étrangères et ancien ambassadeur israélien à l’ONU, et le général saoudien Anwar Eshké, à Washington, en compagnie du publiciste saoudien Daham Al Anzi, «lequel a émis le souhait de l’installation d’une ambassade israélienne à Riyad, terme ultime de la normalisation entre les deux pays».

La nomination d’Adel Al Jobeir, ancien ambassadeur saoudien à Washington, au poste de ministre des Affaires étrangères, de même que celle d’Adel Al Tarifi, au poste de ministre de l’information, constituent «une traduction concrète et manifeste du processus de normalisation», conclut Moujtahed.

Ainsi donc, la jonction israélo-pétromonarchique s’est faite dès la décennie 1980, c’est à dire dès l’avènement de la révolution islamique en Iran, dans une manœuvre à double détente qui a eu pour effet de dégager Israël de toute menace militaire sur son front nord pendant toute une décennie, pendant que l’état Hébreu neutralisait la menace sur son front sud, via un traité de paix avec l’Égypte.

Sur le front Nord

Via l’Irak, d’une part, en commanditant une guerre contre l’Iran par Saddam Hussein interposé en vue de fixer sur le sol, une «révolution chiite», deux facteurs déstabilisateurs pour la survie dynastique de monarchies sunnites, héréditaires et rétrogrades.
Via l’Afghanistan, d’autre part, en déportant le principal champ de bataille à 5.000 km de la Palestine, y déroutant du même coup 50.000 arabes afghans dans un djihad contre l’Union soviétique, c’est à dire contre le principal fournisseur d’armes des pays du champ de bataille contre Israël (Égypte, Syrie, OLP, Irak, Algérie, Libye, Soudan et Somalie).

Via la Syrie, dans la décennie 2010, la dynastie wahhabite s’emploie à détourner la jeunesse saoudienne de l’attraction de Daech.
Ce faisant, la stratégie saoudienne a ainsi lâché la bride à Israël pour détruire la centrale nucléaire irakienne de Tammouz (1981), annexer le Golan et Jérusalem (1981), envahir le Liban (1982), faire des raids contre le QG tunisien de Yasser Arafat (1984) et assassiner deux de ses principaux adjoints (Abou Iyad et Abou Djihad).

Les pétromonarchies du Golfe, pour la survie de leur trône, ont ainsi donc fait le choix d’Israël contre l’Iran depuis belle lurette. L’alliance militaire de l’Arabie saoudite et du Qatar avec la Turquie, le meilleur allié d’Israël dans la zone, répond à cette préoccupation en ce qu’il constitue un contrepoids au désenchantement des États-Unis à l’égard de la psychorigidité dogmatique du Grand et du Petit wahhabite (Arabie Saoudite et Qatar), les principaux bailleurs de fonds du salafisme djihadiste.

La normalisation de facto entre les pétromonarchies du Golfe et Israël: une opération de blanchiment des turpitudes wahhabites

La visite spectaculaire de l’Émir du Qatar à Gaza, avec le consentement israélien, de même que le débauchage du chef politique du Hamas à Khaled Mechta de son alliance avec la Syrie et son installation à Doha, à 30 km de la base américaine d’Aydid, la plus importante base américaine du tiers-monde, en superposition avec les rencontres saoudo-israéliens de Turki Ben Faysal, -le parrain originel d’Oussama Ben Laden durant la guerre d’Afghanistan, dans la décennie 1980-, tant à Monaco, le 10 décembre 2013, avec son ancienne collègue du Mossad Tzipi Livni, qu’à Davos, en février 2014 avec Shimon Pérès, confirment une tendance lourde de la nouvelle orientation de la diplomatie pétro-monarchique : Le jeu à découvert sans faux fuyant, qui était auparavant la marque de fabrique traditionnelle de leur diplomatie.

L’Arabie saoudite a noué une coopération technologique avec la société Daront, une société High Tech installée dans la vile de Ramat-Gan, près de Tel Aviv, dont le centre de révision technique est basé dans la colonie de Ilaad. L’accord porte sur un programme informatique et la formation aux États-Unis du personnel saoudien à sa mise en œuvre.

Par ailleurs, le royaume a attribué à une société israélienne la responsabilité de la sécurité du pèlerinage à La Mecque et de l’aéroport de Dubaï, le lieu même du meurtre du dirigeant militaire du Hamas Al Madbouh répondent à cette logique et en constitue la traduction la plus concrète de cette tendance. La maison-mère G4S fournit non seulement des équipements de sécurité aux colons dans les territoires occupés palestiniens, mais participe aux interrogatoires musclés de détenus palestiniens dans plusieurs prisons israéliennes. Dans le monde arabe, elle emploierait 44 000 personnes dans 16 pays, notamment aux aéroports de Bagdad et de Dubaï.

Outre l’intérêt financier de ces contrats, la filiale saoudienne de la société israélienne Al Majal G4S peut disposer des relevés d’identité de millions de pèlerins musulmans, y compris leur photo et leurs empreintes digitales.

Pour ne pas être en reste, Abou Dhabi a confié la protection de ses champs pétrolifères à une firme israélienne dirigée par l’ancien député de gauche Yossi Sarid, alors que le site d’investigations Middle East Eye révélait l’existence de vols secrets réguliers entre Abu Dhabi et Tel Aviv en dépit de la prétendue interdiction faite aux citoyens israéliens d’entrer aux Émirats Arabes Unis.

La firme israélienne AGT a édifié un barrage électronique dans la région frontalière entre les Émirats Arabes Unis et le Sultanat d’Oman afin de prévenir les infiltrations hostiles.

Le barrage est en en fait un «mur intelligent» qui recèle des caméras pouvant enregistrer les traits de visage de ceux qui touchent le mur. Des données immédiatement transférées dans les fichiers des services de renseignements et de la police capables de déclencher une intervention des forces de sécurité».

«Le maître d’œuvre du projet est la firme AGT, dirigée par Mati Kochavi, un israélien installé aux États-Unis». Cf. Le business secret d’Israël dans le golfe Persique, Georges Malbrunot Le Figaro 26 juin 2010.

Sous couvert de guerre contre le terrorisme, l’Arabie saoudite a par ailleurs opéré un rapprochement tangible avec Israël, criminalisant la confrérie des Frères Musulmans, renouant avec Mahmoud Abbas et Khaled Mecha’al, chef politique du Hamas, dans une tentative de renflouement de la question palestinienne, la grande oubliée du «printemps arabe», en vue d’accompagner le règlement du conflit israélo-arabe selon un schéma américain conférant un statut minoré au futur Etat palestinien.

Au-delà des rivalités de voisinage et des conflits de préséance, la diabolisation des Frères Musulmans, la matrice originelle d’Al Qaida et de ses organisations dérivées, apparaît ainsi comme une grande opération de blanchissement des turpitudes saoudiennes et de dédouanement de la dynastie à son soutien à la nébuleuse du djihadisme erratique depuis son apparition dans la décennie 1980 lors de la guerre anti soviétique d’Afghanistan. Un parrainage qui a valu à l’Irak d’assumer, par substitution, la fonction de victime sacrificielle d’un jeu de billard à trois bandes, en 2003, en compensation au châtiment de l’Arabie saoudite pour sa responsabilité dans les attentats du 11 septembre 2001 contre les symboles de l’hyperpuissance américaine.

Le Gardien des lieux saints de l’Islam a certes financé la promotion de l’Islam à travers le monde, mais son prosélytisme religieux tous azimut s’est souvent confondu avec une instrumentalisation politique de la religion comme arme de combat contre les ennemis de l’Amérique, notamment l’athéisme communiste, au détriment des intérêts stratégiques du Monde arabe.

Le chef de file de l’Islam sunnite a porté le fer aux quatre coins de la planète pour le compte de son protecteur américain, mais le bailleur de fonds des équipées militaires américaines dans le tiers monde -de l’Afghanistan au Nicaragua, à l’Irak et à la Syrie- n’est jamais parvenu à libérer l’unique Haut Lieu Saint de l’islam sous occupation étrangère, la Mosquée d’Al Aqsa de Jérusalem. Au point que son leadership est désormais concurrencé par le nouveau venu sur la scène diplomatique régionale la Turquie et sa posture néo ottomane, de même que par Daech, l’État Islamique autoproclamé par le calife Ibrahim.

Le protégé de l’Amérique, auteur de deux plans de paix pour le proche orient, n’a jamais réussi à faire entériner par son protecteur américain et son partenaire israélien les propositions visant à régler le conflit israélo palestinien, ni à prévenir l’annexion rampante de Jérusalem, ni la judaïsation de la 3e ville sainte de l’Islam, pas plus qu’il n’a pu éviter le basculement des grandes capitales arabes hors de la sphère sunnite, dans le giron adverse : Jérusalem sous occupation israélienne, Damas sous contrôle alaouite et Bagdad enfin sous partage kurdo Chiite.

Le plus riche pays arabe, membre de plein droit du G20, le directoire financier de la planète, a dilapidé une part de sa fortune à d’extravagantes réalisations de prestige et à la satisfaction d’invraisemblables caprices de prince, sans jamais songé à affecter sa puissance financière au redressement économique arabe ou au renforcement de son potentiel militaire, bridant au passage toute contestation, entraînant dans son sillage le monde arabe vers sa vassalisation à l’ordre américain.

Plus grave, allié inconditionnel et résolu des États-Unis, le bailleur de fonds de toutes ses équipées dans la zone, même au delà en Amérique latine et en Afrique, hors de la sphère de la sécurité nationale arabe, l’Arabie Saoudite aura été de surcroît la caution morale et politique du principal partenaire stratégique du principal ennemi des Arabes, Israël, le propagateur zélé d’une politique qui a abouti, paradoxalement, à la judaïsation rampante de la quasi totalité de l’ancien territoire de la Palestine du mandat britannique en contradiction avec les vœux d’un des plus éminents monarques saoudiens, le Roi Fayçal, assassiné en 1975, avant de réaliser son souhait de prier à la Mosquée libérée d’Al-Aqsa de Jérusalem.

Plus que tout autre, l’Arabie Saoudite aura illustré jusqu’à la caricature la réalité paralytique arabe dont elle assume une lourde part de responsabilité. Pays rigoriste, l’Arabie a fait du Coran, son arme absolue et du prosélytisme religieux son vecteur d’influence diplomatique, véritable rente de situation stérilisant tout débat interne, au point que le pays aura sombré pendant un demi-siècle dans le «degré zéro de la culture».

Dans une opération d’enfumage médiatique, sans doute l’une des plus vastes de l’histoire, le plus riche pays arabe, membre de plein droit du G20, le directoire financier de la planète, a ainsi donc dilapidé une part de sa fortune à d’extravagantes réalisations de prestige et à la satisfaction d’invraisemblables caprices de prince, sans jamais songé à affecter sa puissance financière au redressement économique arabe ou au renforcement de son potentiel militaire, bridant au passage toute contestation, entraînant dans son sillage le monde arabe vers sa vassalisation à l’ordre israélo-américain.

La dynastie wahhabite, détournant les Arabes et les Musulmans de leur principal champ de bataille, la Palestine, dans de furieux combats en Afghanistan, n’a jamais tiré un coup de feu contre Israël, au point que le meilleur allié arabe des États Unis apparaît, rétrospectivement, comme le principal bénéficiaire des coups de butoir israélien contre le noyau dur du monde arabe, et Israël, comme le meilleur allié objectif de la monarchie saoudienne.

Au vu de ce brouillage, pathétique paraît la destinée des «Arabes Afghans», paumés de l’Islam, et paumés du djihad, détournés de Palestine, qui se devait être le principal champ de bataille du Monde arabe, déroutés vers l’Afghanistan, soldats perdus d’une cause perdue.

Voilà qui pourrait expliquer l’absence de toute action hostile d’Al Qaida contre Israël, pas plus que de Da’ech d’ailleurs, l’autre excroissance monstrueuse de la pathologie wahhabite.http://www.renenaba.com/lettre-ouverte-aux-djihadistes-de-tous-les-pays

VERBATIM DE WIKILEAKS

Le verbatim de Wikileaks sur le rapprochement entre les pétromonarchies du Golfe et Israël. Sur les 500.000 câbles qu’il détient en réserve, Wikileaks a diffusé 61.291 câbles concernant aussi bien l’espionnage des présidents français que les câbles du ministère saoudien des Affaires étrangères. «Saudicables» confirme en termes explicites la connivence israélo-pétro-monarchique, dont voici le verbatim: «En 2009, un câble diplomatique du Département d’état américain donne un aperçu d’une alliance montante entre Israël et les pays arabes du Conseil de Coopération du Golfe (CCG).

Le câble cite Yacov Hadas, un officiel du ministère des Affaires étrangères israélien affirmant que «les Arabes du Golfe croient dans le rôle d’Israël à cause de la perception qu’ils ont des relations étroites entre Israël et les États-Unis», ajoutant que les pays du CCG «pensaient qu’Israël pouvait faire des miracles.» «Israël et les pétromonarchies avaient aussi un intérêt commun: Contrer l’influence croissante de l’Iran au Moyen-Orient», pouvait-on lire aussi. Dans la duplicité: «Ainsi, alors que les deux parties croisaient le fer en public, notamment lors de l’opération militaire israélienne «Plomb Durci» contre Gaza, qui avait fait 1.400 victimes dans l’enclave palestinienne, que l’Arabie saoudite avait condamné comme étant une «violente agression», les deux pays entretenaient en sourdine «d’excellentes relations» derrière des portes closes. Hadas aurait ajouté que les Arabes du Golfe n’étaient pas encore «prêts à faire en public ce qu’ils disaient en privé.»

«Six ans plus tard, les pétromonarchies paraissaient prêts à rendre public leur rapprochement avec Israël. Lors d’une réunion à Washington, au Conseil des Relations étrangères, commentée sur Bloomberg TV par Eli Lake, d’anciens officiels de haut rang saoudiens et israéliens ont non seulement partagé la scène mais ont révélé que les deux pays avaient eu toute une série de rencontres de haut niveau pour discuter de stratégies communes, concernant surtout la prédominance de l’Iran sur la région.

L’ancien général saoudien Anwar Eshké a ouvertement appelé à un changement de régime en Iran. De son côté, Dore Gold, ancien ambassadeur israélien à l’ONU, qui fut en son temps un farouche opposant à l’Arabie saoudite, a parlé de sa sensibilisation à ce pays au cours des dernières années et des possibilités d’aplanir les divergences résiduelles entre les deux pays.

Il a déclaré: «Le fait que nous soyons ensemble ici sur cette scène aujourd’hui ne signifie pas que nous avons résolu tout ce qui nous sépare depuis tant d’années mais nous espérons fermement y parvenir tout à fait dans les années à venir.»

Sous le double phénomène des printemps arabes et de l’influence montante de l’Iran, le rapprochement saoudo-israélien s’est accéléré. En 2014, le prince saoudien Turki Ben Faysal s’offrait le luxe, fait sans précédent, d’écrire un éditorial dans un grand journal israélien, appelant à la paix entre Israël et les monarchies du golfe, ainsi qu’au règlement du conflit israélo-palestinien. Le site d’investigations Middle East Eye a révélé l’existence de vols secrets réguliers entre Abu Dhabi et Tel Aviv en dépit de la prétendue interdiction faite aux citoyens israéliens d’entrer aux Émirats Arabes Unis.

Dans son livre publié en 2012, « Acter thé Cheikhs: Thea Coing Collapse off thé Golf Monarchies », Chris Davidson, professeur à l’université de Durham, écrit que les pays du Golfe continueront à rechercher le soutien d’Israël à cause des pessions extérieures grandissantes qui se font sentir suite aux soulèvements régionaux. Même s’il dit que les pays du CCG sont constitués de «populations nationales pour la plupart anti-israéliennes et pro-palestiniennes hyper sensibles sur les sujets du Sionisme et d’Israël», le livre montre une coordination clandestine croissante sur les plans économique et politique entre les dirigeants des pays du CCG et leurs homologues israéliens au cours de ces dernières années.

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