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Confronté pour la première fois depuis 1973 à une véritable guerre, Israël appelle au secours son parrain américain

 

Passées les premières heures qui ont suivi l’attaque -surprise aérienne israélienne de grande envergure qui a semblé tétaniser le commandement iranien, l’Iran a riposté à l’agresseur avec les armes à sa disposition : les drones et les missiles balistiques. Au quatrième jour de la guerre ouverte entre les deux pays, quel bilan pouvons-nous tirer ?

  1. L’attaque aérienne -surprise de vendredi dernier menée au moyen de 200 avions de combat modernes de fabrication américaine (F-16, F-15 et F-35) a eu un impact militaire et psychologique considérable. Le commandement iranien a été décapité, des sites nucléaires et balistiques ont été touchés sans qu’on ne sache exactement la gravité des dégâts subis par l’Iran. Il n’a pas fallu plus de 18 heures au commandement iranien pour réagir, le temps de digérer le traumatisme subi, d’évaluer la situation des forces et de se réorganiser pour frapper. La riposte iranienne dans la nuit de vendredi au samedi a pris deux formes : une attaque au moyen d’une centaine de drones qui avait pour mission de détecter et d’évaluer les défenses aériennes de l’ennemi suivie de six salves de missiles balistiques que la défense aérienne israélienne qui se targue d’être parmi les plus puissantes au monde a été incapable d’intercepter et de détruire en totalité.

 

  1. La riposte iranienne qui a ciblé des objectifs stratégiques et militaires (dont trois bases aériennes d’où décollaient les avions qui bombardent Gaza depuis 20 mois) a démenti la propagande militaire israélienne qui a prétendu avoir neutralisé les capacités balistiques iraniennes lors de l’attaque-surprise de vendredi. Mieux, les raids aériens israéliens qui ont suivi la riposte iranienne ont rencontré une défense aérienne mieux préparée et mieux organisée que lors de la première attaque de vendredi. Ce qui prouve que les défenses aériennes iraniennes, même si elles ont été sérieusement touchées, n’ont pas été anéanties.

 

  1. Les attaques balistiques iraniennes sont montées crescendo durant les trois premiers jours du conflit armé. Elles se font plus précises et plus destructrices. Les forces iraniennes recourent à un mix entre missiles balistiques et missiles hypersoniques. Ces derniers, même en plus petit nombre, ont permis de toucher des objectifs stratégiques d’envergure (sièges des services de renseignement, centres de recherche militaire dont le célèbre centre Weizmann à Tel Aviv, bases aériennes, usines d’armement, raffinerie de Haifa ). Au quatrième jour du conflit, la situation apparaît comme suit : la supériorité aérienne absolue d’Israël est le seul avantage militaire qui permet encore à cet Etat de mener sa guerre d’agression contre la seule puissance de la région qui lui tient tête. L’embargo occidental et l’inconséquence dramatique de l’allié russe ont empêché jusqu’ici l’Iran de reconstruire une force aérienne digne de ses ambitions. Les pressions occidentales et israéliennes ont à chaque fois saboté les négociations russo-iraniennes en vue de se doter des avions de combat Sukhoi 35 qui auraient pu permettre à l’Iran de mieux défendre son espace aérien.

 

  1. Cependant, la supériorité aérienne absolue d’Israël ne lui permet pas de mettre KO l’Iran. Ce dernier a cherché à compenser la faiblesse de sa force aérienne en développant de manière autonome une industrie de défense locale basée sur deux vecteurs stratégiques : les drones d’attaque et les missiles balistiques dont des missiles hypersoniques comme le missile Khaybar (vitesse de Mach 9) et le missile Imad (vitesse de Mach 11) et le missile Kassem (vitesse de Mach 12) difficiles à intercepter par les défenses aériennes israéliennes. A côté de ces deux vecteurs, l’Iran a également développé ses propres systèmes de défense aérienne lesquels, même s’ils ne peuvent pas encore -hélas- rivaliser avec les systèmes de défense aérienne russes (S-300 PMU2 et S-400) et chinois (HQ-9B), ont permis durant ces derniers jours à l’Iran de contrer les frappes israéliennes en plusieurs endroits stratégiques.

 

  1. Pour évaluer le plus objectivement possible les résultats de la guerre, il faut revenir aux objectifs fixés initialement par celui qui a commencé cette guerre, à savoir Israël. Dès les premières heures qui ont suivi l’attaque, Netanyahou a affirmé que les deux objectifs d’Israël étaient 1) la destruction des capacités nucléaires iraniennes et 2) la destruction des capacités balistiques iraniennes. Au quatrième jour du conflit, force est de constater que ni le premier objectif ni le second n’ont été atteints. Dans l’incapacité de détruire le potentiel nucléaire iranien au moyen des avions et des bombes à sa disposition, le gouvernement israélien a expressément demandé l’entrée des Etats-Unis en guerre à ses côtés pour venir à bout des principaux sites nucléaires iraniens. C’est un aveu d’échec cinglant de la part d’un Etat qui se complait dans le massacre des femmes et des enfants à Gaza mais qui est incapable de faire face à lui tout seul à ce qu’il considère être une « menace existentielle ».

 

  1. Les Etats-Unis et la Grande-Bretagne participent activement aux côtés d’Israël dans l’interception des drones et des missiles iraniens dans les espaces aériens jordanien, irakien et syrien. La participation militaire directe des Américains et des Britanniques est restée jusqu’ici cantonnée à l’aspect défensif. Peut-elle se muer en participation offensive à partir des bases aériennes installées dans la région ? Ce n’est pas impossible et cette intervention sera plus que certaine si Israël est jugé en danger. Mais rien n’indique ni dans les intentions de l’Iran ni dans la succession des faits dans la région depuis un demi-siècle ni dans le rapport des forces entre les deux belligérants, qu’Israël est confronté à un quelconque danger existentiel.

 

  1. Les éléments qui se dégagent des quatre premiers jours du conflit montrent à l’évidence que si les Etats-Unis n’interviennent pas directement dans les opérations offensives contre l’Iran, les choses vont évoluer vers une fin de partie à l’issue de laquelle Israël n’aura pas gagné (ou tout au plus il aura gagné un retardement du programme nucléaire iranien de quelques années) et l’Iran n’aura pas perdu (tant que la république islamique d’Iran avec ses ambitions régionales restera debout).

 

  1. Le conflit actuel entre Israël et l’Iran aura un impact direct sur la cause palestinienne pour laquelle manifestent chaque semaine, depuis près de deux ans, des millions de personnes à travers le monde, en vain malheureusement. En effet, aucun discours, aucune résolution, aucune manifestation ne pourront faire reculer l’Etat militariste et fasciste d’Israël. Seule la force pourra arrêter la force. Si Israël ne sort pas vainqueur de ce conflit et si la République islamique d’Iran résiste, la cause palestinienne en sortira sans aucun doute plus forte et connaîtra de meilleures perspectives politiques et diplomatiques. C’est pourquoi les gens qui soutiennent (ou font semblant de soutenir) le peuple palestinien mais qui hésitent à soutenir l’Iran dans sa guerre défensive et dans son ambition de construire une puissance régionale alternative, quelles que soient par ailleurs leurs réserves idéologiques quant à la nature du régime iranien, sont des hypocrites (des Mounafikines).

 

  1. Avec ou sans intervention américaine directe, la République islamique d’Iran fait face aujourd’hui -quasiment seule- à l’Empire tentaculaire américain dont les liens organiques ave le sionisme (ce compris le sionisme chrétien) mérite une compréhension fine de la part de toutes les forces qui aspirent à s’en libérer. La guerre de l’Empire contre la République islamique d’Iran comme toutes les guerres de quatrième génération allie intervention militaire et tentatives de déstabilisation politique au moyen de la guerre idéologique et communicationnelle. Dans le monde arabe, l’Empire et ses valets n’hésitent pas à jouer la carte de la division confessionnelle (sunnites contre chiites) et de la division ethnique en plus du fonds de commerce éculé des droits de l’Homme et de la démocratie que l’Occident n’hésite pas à piétiner systématiquement quand ses intérêts sont en jeu. L’indépendance, la souveraineté nationale et le non-alignement quand ils sont assis sur une volonté de renaissance civilisationnelle authentique dans un monde livré aux rapaces occidentaux et à l’inconséquence de la Russie et de la Chine, sont désormais le seul critère qui devrait guider les peuples dans leur lutte pour l’émancipation.

 

  1. Quels que soient les résultats à court terme de ce conflit et même en cas d’intervention américaine directe dont personne ne peut imaginer les conséquences désastreuse sur la stabilité d’une région névralgique pour l’économie mondiale, les ambitions iraniennes en vue d’imposer rune nouvelle équation stratégique régionale par la consolidation de l’indépendance nationale, le développement scientifique et technologique, resteront inscrites dans la logique de l’histoire d’une région livrée depuis plus d’un siècle à la domination et à la prédation étrangère avec la complicité de régimes réactionnaires au service de l’Empire et dont les peuples épris de liberté et de dignité et qui aspirent au progrès social seront condamnés tôt ou tard à prendre le chemin de la lutte pour la libération nationale et sociale et la renaissance civilisationnelle.

 

 

 

 

 

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