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Les petits boulots ne sont pas faits pour les jeunes saoudiens

Il se rêvent un destin doré en cols blancs, préférant gravir les échelons dans le confort de la sphère publique que s’aventurer dans le secteur privé dont ils craignent l’instabilité, les jeunes saoudiens n’ont manifestement ni l’âme de cols bleus, ni la fibre entrepreneuriale, comme l’a mis en lumière l’émission de télévision « Jobs on Air » diffusée sur la chaîne Al Danah. Une émission qui, pour être très suivie, n’en échoue pas moins à pourvoir les centaines de petits boulots proposés à l’antenne, tous les mardis.

Des offres d’emplois restant désespérément vacantes car jugées dévalorisantes par la plupart des jeunes hommes à qui elles s’adressent, et déshonorantes par leur famille qui les balaie d’un revers de main, ainsi que l’a observé, au fil des semaines, Mohsin Shaikh Al-Hassan, l’animateur de ce programme télévisuel dont la cote de popularité sur la courbe ascendante n’est pas à l’aune de son taux de réussite en matière d’employabilité. Un paradoxe pour le moins saisissant…

Celui-ci a dû se rendre à l’évidence : la nouvelle génération qui arrive sur le marché de l’emploi en Arabie saoudite rejette systématiquement les jobs subalternes sous la double pression sociale et familiale, redoutant de ne pas trouver l’âme soeur si la carrière qui l'attend ne s’annonce pas brillante et toute tracée, sous les ors de la monarchie et dans les allées du pouvoir plutôt que sur le terrain hasardeux et mouvant de la création d’entreprise.

"C’est culturel, les jeunes hommes saoudiens préfèrent travailler dans le gouvernement plutôt que dans le secteur privé. Ils ont peur d’être rejetés par la gent féminine et donc de ne pas trouver d’épouse si leur emploi est peu gratifiant et ne présente aucune perspective d’avenir dont leur future femme pourrait être fière", a précisé Mohsin Shaikh Al-Hassan, en se désolant de cet état de fait.

"Si seulement les jeunes Saoudiens acceptaient les emplois offerts par notre programme et acceptaient de suivre une formation idoine, leur horizon professionnel en serait changé et s’annoncerait même plus radieux que dans d’autres pays voisins", a-t-il commenté, en citant avec enthousiasme la réussite qui a couronné le parcours de Saoudiens recrutés par les établissements bancaires locaux Saudi Aramco et Sabic, à l’issue d’une phase de formation particulièrement concluante.

Le problème se corse avec les Saoudiennes, comme l'a constaté, quelque peu fataliste, le présentateur de "Jobs on Air". En effet, dans un royaume rigoriste par excellence où la femme au volant n’est toujours pas en odeur de sainteté, et c’est un euphémisme, son accès au monde du travail relève d’une véritable gageure, rares étant celles qui se déshonoreraient et ruineraient leurs chances de sceller une belle union en acceptant, par exemple, un emploi de gérante ou de serveuse de restaurant.

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