in

Les Emirats arabes unis au chevet de Mossoul, à hauteur de 50 millions de dollars

Ravagée par l’Etat islamique, Mossoul, la deuxième cité phare d’Irak, est en passe de renaître de ses cendres grâce à la manne providentielle de plus de 50 millions de dollars que les Emirats arabes unis, par la voix de son émissaire Noura al-Kaabi, se sont engagés à verser à l’Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture.

Un partenariat qualifié « d’historique » a été en effet scellé, lundi dernier, lors d’une réunion au sommet qui s’est tenue dans l’enceinte du musée national de Bagdad, en présence de Noura Al Kaabi, ministre de la Culture des Emirats arabes unis, de Fayrad Rawanduzi, son homologue irakien, et de Louise Haxthausen, directrice de l’Unesco dans la capitale irakienne. Tous trois ont conjugué leurs efforts pour aller au chevet de Mossoul, devenu un champ de ruines, et notamment pour panser les plaies de sa mosquée en péril, ce sanctuaire d’une valeur patrimoniale inestimable, ainsi que de son minaret emblématique parti en fumée.

Fleuron de la civilisation irakienne depuis 1172, la mosquée Al-Nouri tient son nom de Nur Al-Din Mahmoud Zangi, l’unificateur de la Syrie qui régna également un temps sur Mossoul. Deux ans avant sa mort, il en fut le grand architecte et ordonna sa construction.

Ce lieu de culte chargé d’histoire, plus tristement connu comme l’endroit où, en juillet 2014, Abou Bakr Al-Baghadadi, le leader de l’Etat islamique, prononça son discours « d’investiture » en tant que « calife » autoproclamé, est très prisé pour le façonnage remarquable de son minaret penché qui n’est pas sans évoquer visuellement celui de la tour de Pise, au point d’être surnommé « la Tour de Pise irakienne ».

Flanquée de son minaret emblématique, haut de 45 mètres, imprimé sur les billets de 10.000 dinars irakiens, cette magnifique mosquée datant du 12ème siècle, qui n’est plus que l’ombre d’elle-même, fit retentir l’appel à la prière, au cœur de la vieille ville de Mossoul, pendant près de 900 ans.

A travers ce grand chantier de reconstruction qui devrait s’échelonner sur cinq ans, la ministre émiratie de la Culture, Noura Al Kaabi, aspire à « redonner de l’espoir aux jeunes irakiens ». « La civilisation plusieurs fois millénaire doit être préservée », a-t-elle insisté, avant d’appeler la communauté internationale à « s’unir pour protéger les sites patrimoniaux universels, en particulier ceux dans notre région arabe, théâtre de conflits, de guerres et du terrorisme».

Ce projet d’envergure sera supervisé par deux maîtres d’œuvre : Fayrad Rawanduzi, le ministre irakien de la Culture, et Louise Haxthausen, la responsable de l’UNESCO à Bagdad, qui souhaite ardemment faire « renaître Mossoul ». Ce « projet est ambitieux et hautement symbolique pour la résurrection de Moussoul et de l’Irak », a-t-elle proclamé.

La première année de réhabilitation de la vieille ville de Mossoul sera consacrée à la documentation et au déblayage du site par l’Unesco, qui établira dans un deuxième temps des plans de reconstruction. En plus de la reconstruction et restauration du minaret penché et de la mosquée Al-Nouri, l’Unesco prévoit également l’édification d’un mémorial et d’un musée.

6 commentaires

Laissez un commentaire
  1. les alliés de l’axe du mal Usa-Uk
    brigands et voyous de tout genre tel que ce pseudo état islamique

    Et ils sont où les gentils dans tout ça ? assad ?
    Tout le monde il est méchant et pas gentil… Merci pour cette très fine analyse géopolitique digne d’un enfant de cp…

  2. Très bien, il faut réparer les dégâts. Mossoul a été ravagé par une guerre entre musulmans qui ne s’aiment pas.

    Pourtant les principaux contributeurs aux crimes des islamistes ont été de riches particuliers des pays du Golfe, à la recherche d’un accès facile au paradis. De très bons musulmans parce qu’ils étaient riches.

    Et on suppose que dans cette région plus que trouble, les états n’étaient pas engagés dans l’hypocrisie…

    Mais qui le croirait ?

  3. Les envahisseurs US et leurs alliés étrangers et arabes sont les premiers responsables du drame, ce sont eux aussi qui ont introduit dans le pays Al Qaida d’où est sorti Daesh. Mais on doit reconnaître aussi que beaucoup de musulmans, sunnites, chiites, kurdes, se sont laissés allés aux manipulations claniques inventées par les occupants. Ils ont cédé aux provocations et se sont laissés dominés par leurs émotions ou leurs intérêts à court terme. Comme dans la Chine d’après la guerre coloniale de l’opium, il y a le cynisme des grandes puissances et il y a la malfaisance des seigneurs de la guerre. Tant qu’il n’y aura pas de parti prêt à imposer la cohésion en regroupant les éléments les plus conscients, les plus responsables, les plus incorruptibles, les plus prêts à l’abnégation, l’Irak, comme tous les pays arabes, seront traversés par des guerres intestines sans fin avec des petits chefs qui succéderont à des petits chefs pour le plus grand bénéfice du néocolonialisme. La destruction de Mossoul et de Raqqa ou, avant de Fallouja sont des drames commis par des musulmans inconscients de leurs obligations civiques et de leur devoir d’indépendance face à l’étranger.

  4. Oumma, faut-il rappeler que les premiers destructeurs sont les alliés de l’axe du mal Usa-Uk durant les deux guerres du golf mettant à la merci ce pays à la culture millénaire aux brigands et voyous de tout genre tel que ce pseudo état islamique

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

L’art palestinien ouvre son premier musée aux États-Unis

Fondements théoriques d’un calendrier musulman basé sur le calcul astronomique