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Les deux leaders de l’extrême-droite britannique démissionnent

En juin dernier, quelques jours après le meurtre du soldat Lee Rigby, il laissait exploser sa fureur islamophobe à tous les micros qui se tendaient vers lui comme autant de bâtons pour se faire battre, Tommy Robinson, le leader tonitruant de l’EDL, l’extrême-droite britannique, défiguré par la haine, appelait à faire barrage à la « charia, à la viande halal, à l’édification de mosquées ». Une heure de gloire médiatique qui provoqua un tollé Outre-Manche, la BBC étant vertement critiquée pour lui avoir offert une tribune inespérée.

Quatre mois plus tard, coup de théâtre dans la fachosphère de Sa Gracieuse Majesté : les néo-fascistes en chef de l’EDL, Tommy Robinson et son comparse Kevin Carroll ont rendu le tablier, affirmant être débordés par des trublions incontrôlables, des crânes rasés encore plus extrémistes que les deux leaders eux-mêmes, qui mettent en ébullition les rangs déjà survoltés du mouvement.

Si le ton de sa récente conférence de presse n’avait plus les mêmes accents guerriers qui avaient fait monter les décibels au début de l’été, Tommy Robinson, qui jure ses grands dieux avoir "lutté pendant quatre ans pour maintenir les racistes, nazis et les extrémistes hors de ce mouvement", a-t-il changé pour autant et pour quelles raisons profondes ou obscures ?

Serait-il à ce point en quête d’une nouvelle respectabilité pour avoir choisi de pondérer son discours ? Toujours est-il que le néo-fasciste du mois de juin qui haranguait ses hordes d’ultras en martelant "nos filles sont violées par les musulmans dans chaque ville du pays et maintenant ils coupent la tête de nos soldats. C’est ça l’islam", opère une volte-face à 180 degrés qui laisse perplexe : "Je ne déteste pas les musulmans", répète-t-il désormais à l’envi, en affirmant ne pas être hostile à la construction de mosquées, aussi longtemps que leur gestion est réglementée.

Prétendant ne combattre que l’islam radical et non l’islam en général, Tommy Robinson va même jusqu’à faire amende honorable : "si les femmes musulmanes ou tout musulman ont été effrayés par nos propos, c’est ma seule faute, et je tiens à m’en excuser". Un mea culpa stupéfiant qui  fait endosser à une minorité d’activistes la dérive violente de l’EDL, l’ex-« führer » d’une poignée de furieux ne voulant plus jouer le rôle du méchant : "Je veux utiliser cette voix d'une manière positive, et non pas d'une manière qui établit une discrimination contre les musulmans", assure-t-il, ajoutant : "J'ai lutté pour diriger cette organisation que j'ai fondée avec mon cousin Kevin [Carroll] en accueillant tout le monde".

Tout le monde, sauf les musulmans… Dans sa mue spectaculaire, Tommy Robinson, le nazillon repenti, enjolive un peu trop hâtivement la réalité pour broder une histoire où la morale est sauve ou plutôt tente de l'être. Un joli conte de l'ultra-nationalisme britannique que d'aucuns jugeront à dormir debout…

Tommy Robinson dans ses oeuvres en juin dernier

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