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Les 10 jours d’« interrogatoire » subis par l’universitaire Franco-Palestinien aux mains des Israéliens

L’universitaire Franco-Palestinien, Raed Abubadawia, qui vient d’être libéré grâce à la mobilisation de l’opinion publique en France, a subi des traitements cruels et dégradants aux mains de ses tortionnaires israéliens. Que compte faire le gouvernement français ?

Arrêté le 21 septembre à 1 h du matin, à son domicile de Naplouse, Raed a été emmené, ligoté, sans connaître le motif de son arrestation, au centre d’interrogatoire israélien Petah Tikva, près de Tel Aviv, le principal centre d’interrogatoires des services secrets israéliens « SHABAK », dont la réputation n’est plus à faire.

Nasrine, son ex-épouse qui vit en France et a recueilli son témoignage, raconte :

"Dès le premier jour, il s'est vu infliger un interrogatoire de 7h du matin à 11h du soir, assis sur une chaise dure métallique, les pieds liés et les mains ligotées dans le dos. Un interrogatoire intensif, alternant des périodes où on le laissait seul pendant 1h sans explication puis à nouveau interrogatoire, où on lui a mis la climatisation froide à fond, avant de subir un nouvel interrogatoire… Il n’a pas été privé de nourriture, ayant 3 fois à manger par jour.

Lors des interrogatoires, les inspecteurs venaient parfois à 3 ou 4 personnes, et se mettaient à hurler tout près de son visage tous en même temps pour qu’il avoue des choses fausses.

Très rapidement, Raed s’est rendu compte que cela partait dans tous les sens et n’en avait aucun, les questions fusant sur ses étudiants, ses lectures, ses conférences, la provenance de son argent, ses discours, ses ateliers etc… ils cherchaient apparemment quelque chose à lui reprocher sans savoir de quoi ils pouvaient bien l’accuser.

Raed n’a pas cessé de nier les accusations proférées à son encontre, toutes mensongères bien entendu.

Les 6 jours suivants, il a été maintenu en isolement dans une pièce de 1m50 sur 1m50, sans eau ni toilettes, avec une forte lumière allumée 24h/24.

Pour se rendre aux toilettes par exemple, il devait frapper à la porte et attendre très longtemps qu’on vienne le voir. Il pouvait s’allonger uniquement en se recroquevillant. Pendant toute cette période, les interrogatoires se sont poursuivis dans la position citée plus haut, de 6 h du matin à 23h.

Après 10 jours de détention, Raed est resté silencieux.Il n’avait rien à dire. Voyant qu’ils n’arrivaient pas à en savoir davantage, les services secrets israéliens ont décidé de l’envoyer en centre de « détention administrative ». Ils le menaçaient de cela.

Le 12ème jour de détention, il a cessé d’être en isolement et s’est retrouvé dans une cellule plus grande avec un autre prisonnier. Le 14ème jour de détention, il a été déplacé dans une grande cellule avec 2 autres personnes.

Au total, il a fait 17 jours de détention, dont 10 jours d’interrogatoires intensifs très difficiles.

Lors des interrogatoires, on lui a demandé s’il connaissait quelqu’un au consulat de France car le centre de Petah Tikva avait reçu des appels du Consul, suite à ma demande et celle de Majd, sa femme en Palestine.

Les Israéliens ont raconté au consul de France de Tel Aviv (qui l’a rapporté plus tard à Raed) que l’un des étudiants de Raed faisait partie du Hamas et qu’ils voulaient comprendre quel genre d’enseignement Raed dispensait à l’université de Naplouse, en Palestine.

La mobilisation et le soutien apporté par tous pour sa libération n’auront pas été en vain. Raed Abubadawia a pu échapper à temps à la terrible perspective d’une détention arbitraire administrative dans les geôles israéliennes, comme c'est le cas de centaines, voire actuellement de plus d’un millier de Palestiniens incarcérés sans charges et pour des durées illimitées."

CAPJPO-EuroPalestine

  

 

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