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Leïla Slimani, Le pays des autres : Le perpétuel écueil des regards lointains…

« Puisqu’il y a des riches et des pauvres, des puissants et des sujets, des maîtres et des serviteurs, des césars qui ordonnent le combat et des gladiateurs qui vont mourir, les gens avisés n’ont qu’à se mettre du côté des riches et des maîtres, à se faire les courtisans des césars. »

Elysée Reclus, in Daniel Guérin, anarchisme, éd. Folio, essais.

« Charmant type de race blanche au nez droit, aux lèvres fines, qui l’emporte aujourd’hui sur toutes les autres par le nombre comme pour la valeur intellectuelle de ses représentants. »

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Encyclopédie par l’image, ‘’Les races humaines’’ (description d’une femme de type européen enseignée aux élèves de l’Empire français). Le dernier livre de Leïla Slimani, premier d’une trilogie, rencontre un succès mitigé. D’aucuns trouvant une certaine dureté et un style suranné avec des dialogues prévisibles et auxquels on n’accroche pas1. Alors que d’autres y voient un nouveau souffle, un conte moderne ou la promesse d’une saga s’inscrivant dans les séries à la mode telles que L’amie prodigieuse d’Elena Ferrante. « Netflilixcation » ou format des séries oblige, même Virginie Despentes avec son Vernon Subutex n’y a pas échappé2. Mais ce livre en définitive, ne traduit-il pas le tiraillement qu’a l’auteure entre le Maroc et la France, tradition et modernité, ou plus encore le mépris de classes sociales ? Ou ne serait-ce qu’un malentendu ?

Résumé du premier tome :

En 1944, Mathilde, une jeune Alsacienne, s’éprend d’Amine Belhaj, un Marocain combattant dans l’armée française. Après la Libération, elle quitte son pays pour suivre au Maroc celui qui va devenir son mari. Le couple s’installe à Meknès, ville de garnison et de colons, où le système de ségrégation coloniale s’applique avec rigueur. Amine récupère ses terres, rocailleuses ingrates et commence alors une période très dure pour la famille. Mathilde accouche de deux enfants : Aïcha et Sélim. Au prix de nombreux sacrifices et vexations, Amine parvient à organiser son domaine, en s’alliant avec un médecin hongrois, Dragan Palosi, qui va devenir un ami très proche.

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Mathilde se sent étouffée par le climat rigoriste du Maroc, par sa solitude à la ferme, par la méfiance qu’elle inspire en tant qu’étrangère et par le manque d’argent. Les relations entre les colons et les indigènes sont très tendues, et Amine se trouve pris entre deux feux : marié à une Française, propriétaire terrien employant des ouvriers marocains. Il est assimilé aux colons par les autochtones, et méprisé et humilié par les Français parce qu’il est marocain. Il est fier de sa femme, de son courage, de sa beauté particulière, de son fort tempérament, mais il en a honte aussi car elle ne fait pas preuve de la modestie ni de la soumission convenables. Aïcha grandit dans ce climat de violence, suivant l’éducation que lui prodiguent les Soeurs à Meknès, où elle fréquente des fillettes françaises issues de familles riches qui l’humilient. Selma, la soeur d’Amine, nourrit des rêves de liberté sans cesse brimés par les hommes qui l’entourent. Alors qu’Amine commence à récolter les fruits de son travail harassant, des émeutes éclatent, les plantations sont incendiées : le roman se clôt sur des scènes de violence inaugurant l’accès du pays à l’indépendance en 1956.

Nous ne nous attarderons pas davantage sur la forme, mais plutôt sur le fond. Leïla Slimani par ce regard extérieur, ce regard étranger et lointain, nous montre dès les premières lignes la vision qu’a un certain Occident3 au travers du regard de son héroïne Mathilde. Ou plutôt le regard implacable, froid, avec du recul, de la native de Meknès qu’est Leïla Slimani. Peut-être le même souvenir, la même distance inculquée pour ne pas se laisser importuner par ces vilains garnements ou canailles des classes populaires qu’il m’est arrivé de côtoyer, mélange de crainte et de fascination face à une certaine vulgarité et vice des jeunes garçons des bas-fonds de Meknès4.

Impressionnant ce passage où Mathilde doit faire preuve d’imagination dès le premier chapitre, lorsqu’elle envoie des courriers à sa famille restée en France, en s’inspirant des écrits de Pierre Loti, Guy de Maupassant, et tant d’autres, pour magnifier sa triste et misérable vie, face à une sorte de « mutisme culturel » de son propre mari qu’elle ne reconnait plus, du moins la perception qu’elle en a, dans ce pays des autres. Peut-être ne l’a-t-elle jamais connu5 ? Pourtant touchante cette scène, un peu plus loin, lorsque le mari vole un sapin chez un voisin colon et le mépris qu’il essuie chez le vendeur en achetant le costume de père Noël pour essayer de restituer un peu l’esprit de cette fête et un peu de l’Alsace si chère à sa femme, si triste et souffrant du mal du pays. Et ironie du sort, en lisant ces lignes, comment ne pas avoir une pensée sur ce même Maroc qui après les indépendances a gardé les jours fériés en concordance avec les fêtes chrétiennes, afin que les fonctionnaires et les résidents français et les touristes puissent fêter Pâques ou Noël ? Ou encore les écoles bourgeoises françaises de Hamria6 parmi les plus réputées de la ville et ayant leurs vacances scolaires au rythme du calendrier scolaire de la métropole, pour ceux qui ont la chance de faire les allers retours Casablanca-Paris. Et ce rapport si particulier avec des panneaux de circulation écrits dans les deux langues en arabe et en français. Et ces pubs avec ses « Mathilde » marocaines aux cheveux doux et soyeux. Et la francophonie avec tous ces professeurs, ces écrivains amoureux de la langue française. Alors qu’en France, de nos jours encore, malgré la proposition avortée lors de la Commission Stasi7 de faire un jour férié pour l’Aïd et Kippour, ou encore l’utilisation de l’arabe à l’école comme relevant d’un outrage, symbole de la langue des terroristes d’un certain archaïsme8. Comme ces descriptions de sang le jour de l’Aid, et ces têtes de moutons accrochées sur des pics comme rappelant de façon insidieuse et sournoise les victimes décapitées de Daesh9. Antithèse du Désir d’islam de Martine Gozlan.

Ce regard lointain n’est pas sans rappeler l’analyse qu’en a faite Edward Saïd avec son fameux essai sur l’Orientalisme10. Et de nous interroger sur La double absence comme le titre d’un livre d’Abdelmalek Sayad11, voire la triple fracture de l’exil, culturelle sociale et économique, que n’interroge pas le livre ou du moins entre les lignes : d’un monde moderne (Alsace, Mulhouse), pour se retrouver dans une ferme à Meknès, d’un monde cultivé lettré vers une société pauvre et illettrée, d’un régime d’Hommes libres voire libérés à celui d’Indigènes soumis à un statut traditionnel et encore sous les vicissitudes du Protectorat. Contrairement à la fascination qu’avaient ces hommes de Lettres du XVIIIème siècle avides d’un Orient mystérieux et exotique, elle ne voit qu’un monde étranger et étrange, presque barbare. Mais n’oublions pas que c’est le regard d’une femme venant d’un pays riche et colonisateur, ou plutôt de l’ancienne jeune élève de Meknès et étudiante de Rabat (l’auteure) qui apporte une vision critique, radicale, sur ce qui est perçu comme normal dans le cadre d’une société patriarcale12 où le monarque se fait encore appelé Amir Al Mouminine13, et fondée sur une vision du quand dira-t-on ou « Dieu Social »14. Il y a un peu d’absurdité, beaucoup d’incompréhension beaucoup de violence comme dans L’Etranger de Camus, parce qu’on ne sait pas d’où l’auteure parle. Alors que Kamel Daoud avait su imaginer l’envers du récit dans Meursault contre-enquête15, pour donner la réplique et comprendre enfin qui était cet arabe anonyme mort sur la plage16. Et enfin avoir sa version des faits, façon William Faulkner17. Cela relève du même procédé de la nouvelle historiographie18.

Analysons aussi ce curieux détail qui fait penser que les terres de Meknès au-lendemain de la seconde guerre mondiale seraient seulement rocailleuses ou arides. N’oublions pas que c’est une région au climat tempéré et méditerranéen, certes pas celui de l’Alsace. Les témoignages de mes propres parents qui sont originaires de cette ville ne correspondent pas et sur les bases de mes propres souvenirs, à ce qui est décrit, sauf si je ne me base que sur mes souvenirs de vacances d’été. Car après tout, j’avais déjà une dizaine d’années à la naissance de Leïla Slimani, la région de Meknès est caractérisée par sa verdure au printemps, des terres de bonne qualité, des nappes phréatiques, et la proximité de l’Atlas, chaîne de montagne qui dès qu’on arrive à Agouraï ou à El Hajb fait ressentir la douceur du climat pré-montagnard. La même fraîcheur que celle du Massif Central de mon enfance. Mais peut-on se fier à une mémoire subjective et idéalisée19, ou à l’inverse noircie ? En effet, de formation moi-même d’historien et de géographe, je me suis référé aux indicateurs pluviométriques. Ils étaient déjà en dents de scie, mais le stress hydrique, plus accentué n’a marqué de son empreinte les paysages que relativement récemment, disons de façon significative à partir des années 80-90. Sûrement lié au réchauffement climatique. Et en 1945 il n’y avait pas encore au Maroc la généralisation des techniques de goutte-à-goutte et les puits avec moteurs électriques, et la mécanisation agricole (moissonneuses-batteuses, tracteurs…).

Toutefois, je comprends que cela fasse partie du jeu, du procédé littéraire, cette terre aride pour nous faire ressentir la détresse et l’esseulement que ressent Mathilde dans ce pays, inhospitalier, inconnu, et décidément étrange et étranger. Aridité des mots, des échanges, du langage, des émotions, des baisers, des rires en public d’une femme, et de cette culture qu’elle ne comprend pas. Mathilde qui n’ayant pas la chance d’avoir la même complicité avec son mari comme l’aurait Bob Harris rencontrant Charlotte dans ce Japon étrange et étranger dans Lost in Translation20. Autre contexte, autre milieu social, autre époque, et même habitus ou codes culturels. Etrange tout de même pour une Mathilde vivant en 194521, époque où les femmes en France n’ont pas le droit de vote et n’ont pas le droit d’avoir un compte en banque22, ne peut pas discerner les rapports de domination homme-femme, et avoir la même critique sur le rapport tradition-modernité, avec la même acuité et les mêmes lunettes qu’une Leïla Slimani engagée et qui vit en 2020.

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Mais ce qui est le plus intéressant, c’est le parcours personnel de Leïla Slimani, et l’inspiration de ce récit romancé qu’elle a dû puiser dans la figure de ces grands-parents du côté de sa mère : le grand-père algérien et la grand-mère alsacienne. Et l’auteure elle-même est fille d’un banquier et haut fonctionnaire marocain (Othman Slimani), ancien secrétaire d’Etat chargé des Affaires économiques de 1977 à 197923, et d’une mère Béatrice-Najat Dhobb Slimani, médecin ORL et première femme à intégrer une spécialité médicale au Maroc. Cela est peut-être aussi le signe d’un destin, s’inscrivant dans cette lignée de femmes pionnières et engagées24. A la suite de l’obtention de son baccalauréat, Leïla Slimani fera ses études sur Paris, obtiendra son diplôme en Sciences Politiques, puis fera une formation dans l’Audiovisuel pour intégrer l’Express, et devenir une plume du Magazine Jeune Afrique.

On connaît le succès qu’elle a eu avec Dans le jardin de l’Ogre et Chanson douce qui a été couronné d’un prix Goncourt. Et ces livres25 qui ont le mérite d’être salués et qui sont de véritables témoignages et enquêtes sociologiques, sur la volonté d’émancipation des femmes26, et le déphasage entre un discours normatif religieux (disons plutôt une norme sociale) face aux contraintes, contradictions et souffrances qu’elles rencontrent dans le réel. Homo-érotisme, séparation des sexes que l’on peut rencontrer dans certains mariages traditionnels ou terrasses de café, même si la mixité et la promiscuité se fait de plus en plus fréquente dans les grandes villes d’aujourd’hui et au contact des vacanciers et des touristes, sous le regard inquisiteur des tendances islamistes (PJD27). Des amoureux que l’on peut voir ça et là, se tenant par la main, les yeux pleins d’étoiles. Malgré les fractures sociales encore plus criantes du fait d’un régime ultra-libéral. Et la même violence que subissent les laissés pour compte de la mondialisation, en bas de l’échelle, sans éducation, illettrés28.

Certes, ce Maroc de 1945 que décrit Leïla Slimani n’est pas le Maroc d’aujourd’hui, ni même celui d’une réalité sociologique et historique objective et exhaustive de l’époque. Ce n’est certes pas le but d’un roman, à l’instar du chef d’œuvre Passé simple de Driss Chraïbi qui critique une certaine éducation rigoriste et dépassée. Ni même celui particulier du harem29 que décrivait Fatima Mernissi, différent de la réalité et de la liberté somme toute relative d’une bourgeoise des quartiers chics de Rabat ou de Casablanca, ou d’une bergère du haut Atlas ou des campagnes alentours. Autant de réalités et de parcours, que de possibilités de récits30.

Lorsque Leïla Slimani affirme dans les Inrocks31, qu’il manque de romans et une certaine littérature sur cette période coloniale, voire postcoloniale, surtout axée sur l’Algérie, c’est oublier tout l’apport des écrivains marocains32 dans ce domaine. Certes, beaucoup n’ont pas été traduits en français, mais ils sont nombreux en langue arabe, berbère, néerlandaise, à avoir traité de cette période33.

Il n’en demeure pas moins, qu’il est une vision romancée, subjective, celle de Mathilde, et celle de l’auteure quant aux récits de sa grand-mère, et aux difficultés d’adaptations, voire d’assimilation. Résonances avec une certaine jeunesse de France qui revendique une certaine écoute et reconnaissance34. Espérons que les prochains tomes, ne seront pas comme les fruits du « citrange », tentative de greffe d’un oranger et d’un citronnier du grand-père, immangeables et qui pensera, désabusé « qu’il en va de même des hommes comme de la botanique ». Avec cette citation d’Edouard Glissant en exergue du roman : « La damnation de ce mot : métissage, écrivons la en énorme sur la page », et ce sous-titre La guerre, la guerre, la guerre, que ne renieraient en rien certains adeptes du Grand Remplacement. Ambiguïté pour le moins troublante, qui donne ce ton violent comme assis entre deux chaises, entre deux mondes35, de façon inconfortable, dans un dialogue de sourds, qu’elle ne sait comment concilier. Espérons qu’elle n’y perdra pas une partie de son âme36 loin d’une certaine tradition, celle de Fatima Mernissi37 conciliant modernité et islam. Bien que Leïla Slimani fait partie elle-même de ces milliers de couples dits mixtes, qui font enrager un certain Eric Zemmour. Comment concilier et ne pas renier, dénigrer cette double identité ?

Et l’on peut comprendre et soutenir son cri de « Intégristes, je vous hais !38 » au lendemain des attentats du 15 novembre. Mais il n’en demeure pas moins qu’il ne faille pas oublier qu’il y a toujours un déphasage entre le message originel et les interprétations, voire les dérives dogmatiques qui en ont découlé, que ce soit pour les religions, les courants philosophiques, politiques, etc39, que ne peuvent comprendre hélas certains jeunes dits de « banlieues » ou issus de la diversité « en voie de radicalisation » qui cumulent tous les indicateurs d’échec scolaire, de pauvreté, de précarité, et de chômage. Et lorsqu’ajouter à cela une instrumentalisation médiatique et politique, il ne faudrait pas non plus souscrire au langage des pompiers pyromanes40 qui s’expriment en tant que pseudo-experts et autres prophètes de malheur ou de L’identité malheureuse, soufflant sur les braises.

Il est intéressant lorsque Valérie Trierweiller41 perçoit Leïla Slimani de par sa double culture dans le pays des autres, ni d’ici ni de là-bas, rappelant à cela la figure du paria que décrit Hannah Arendt42.

En effet, il ne faudrait pas tomber dans ce travers qu’a une autre chroniqueuse franco-marocaine, souvent hystérique sur les plateaux télés, même si on peut comprendre la colère compréhensible suite à la mort tragique de son compagnon feu Charb43 suite aux attentats de Charlie. Zineb El Rhazoui a un peu le même parcours que Leïla Slimani, fille de cadre à Royal Air Maroc et fréquentant les lycées huppés de Casablanca, puis après le Bac des études à la Sorbonne. Nous ne tomberons pas dans cet anathème réducteur de Native Informant44 concept si cher aux Cultural Studies. Cependant, comment ne pas faire le lien avec le roman ?

Oui, il faut espérer que les deux prochains tomes seront encore plus captivants et donneront une dimension plus critique et sociologique telle qu’une Annie Erneaux dans La place, honteuse de sa condition de fille de petit épicier et tenancier d’un bar-tabac, ou d’une Elena Ferrante dans L’amie prodigieuse tiraillée entre son milieu sociale, fille de modeste famille, accédant aux sphères du savoir et de l’Université et de la bourgeoisie. Ce qui serait en soit bien plus enrichissant et toucherait plus de monde, plutôt que cette littérature de l’altérité radicale façon Albert Camus dans l’Etranger. Parce que reste toujours en suspens cette question : mais d’où parle l’auteure ?

On aimerait ressentir davantage ce tiraillement entre affection, douceur, culpabilité, et parfois cette dureté, voire honte avec leur culture d’origine, qu’éprouvent Elena Ferrante45, ou Albert Memmi46, ou John Fante47, ou Chaïm Polock48, entre la culture d’origine et la culture occidentale, voire une certaine classe sociale bourgeoise. Sentiment que chacun de nous a ressenti49. Fascination que l’on retrouve tout le long de A la recherche du temps perdu de Proust50. Et comment ne pas voir une résonance avec Amine Belhaj « assimilé aux colons par les autochtones, et méprisé et humilié par certains Français parce qu’il est marocain. Pourtant fier de sa femme, de son courage, de sa beauté particulière, de son fort tempérament, mais il en a honte aussi car elle ne fait pas preuve de la modestie ni de la soumission convenables ». Et la fameuse dialectique zemmourienne de collabos et de résistants. Tout comme Zineb El Rhazoui et Leïla Slimani assimilées par certains à des « vendues » de la classe bourgeoise des salons parisiens, mais que d’aucuns fiers de ce qu’elles disent tout haut alors que d’autres le pensent tout bas51. Critique s’il en est, mais n’oublions pas que les déterminants sociaux et économiques sont bien plus importants, et le fond du problème, car après tout, les revendications des « printemps arabes » ne portaient pas sur des considérations religieuses, mais sur des appels à la démocratie, à la justice sociale, aux droits de l’Homme, de la femme, etc. Tout comme les émeutes de 2005, elles n’étaient pas le fait d’islamistes. Et pourtant la gestion politique de ces émeutes avait été désastreuse, du bricolage52. Et on voit où l’on en est aujourd’hui encore.

L’émancipation des femmes et celle des minorités laissées à la marge, ne se fera que lorsqu’il y aura un dialogue intelligible et respectueux des uns et des autres53. Non plus les uns contre les autres54. Dans ce climat nauséabond qui ne voit plus les banlieues et ses jeunes, dont je suis issu, comme des enfants de la République mais comme issus des Territoires Perdus de la République55. Il faudra être très prudent car certes le diable se cache dans les détails56, et ce glissement politique inconscient, de stigmatisation et d’instrumentalisation, en fait partie57. Et ne pas tomber dans le travers, hélas à l’opposé d’une vision de gauche droit-de-l’hommiste et progressiste, mais celle de mouvements ultralibéraux et réactionnaires, voire néoconservateurs58, avec lequel le pouvoir joue en instrumentalisant la fibre populiste59 et les communautarismes.

Sûrement le vent du changement viendra avec une relecture critique de l’Histoire et des pratiques traditionnelles qui ont perdu toute intelligibilité60 dans des sociétés en voie d’occidentalisation et de modernité61. Il faudrait voir une troisième voie62. Celle qui concilie le Nord et le Sud, Orient et Occident, dans une mondialisation apaisée, où les enjeux avant d’être identitaires ou communautaires, à tout le moins, instrumentalisés par le politique63, seraient avant tout centrés sur la dénonciation de la corruption des élites et des dérives financières64, sur les problèmes de justice sociale et de partage des richesses, sur l’écologie, et bien d’autres sujets qui nous unissent plutôt que de nous diviser.

C’est pour cela que, Leïla Slimani tout en dénonçant les islamistes, voire la culture maghrébine qui est somme toute critiquable comme n’importe quelle culture, à partir des salons parisiens devrait faire aussi preuve de courage, pour ne pas être dans cette position schizophrénique, et de dénoncer aussi ceux qui financent les régimes arabes et qui entretiennent une relation politique incestueuse avec les pires théocraties65.

Parce que reste toujours en suspens cette question : mais d’où parle l’auteure ? Sortir de ce complexe lié à ses origines et à sa classe sociale que James Baldwin qualifiait de nègre de maison versus le nègre des champs. Ou alors, n’est-ce que la vision et le discours d’une caste privilégiée, celle des winners de la mondialisation, échos de la bonne conscience des salons parisiens, réflexes inconscients et héritages d’une Mission Civilisatrice éculée déguisée en Guerre contre le terrorisme ? Guerre des riches contre les pauvres66. Pour qu’il y ait une réussite totale, il faudrait la même distance d’écriture, et la même compassion pour le peuple, et la même critique incisive de la bureaucratie ou du pouvoir qu’ont Zola67, Tolstoï ou Dostoïevski68, ou encore Naguib Mahfouz et Tahar Ben Jelloun69. Rompre avec ces regards lointains et cette distanciation qui en dit plus sur l’auteure, et impacte sur la crédibilité ou non de ses personnages. Et enfin surtout, au lieu de La guerre, La guerre, La guerre, y mettre surtout de l’espoir, ou du moins un peu plus d’Amour70. Et être dans un rapport de diversité, de richesse, tout en subtilité, plutôt que de guerre des sexes, et d’altérité radicale qui hélas est très à la mode en ce moment, dans un climat de fracture sociale entre les riches et les pauvres71.

Notre combat est le même, contre les rapports de domination quels qu’ils soient, contre l’injustice, mais là où il diffère c’est que je suis fils d’ouvrier des usines de la Loire, et de grands-parents paysans de Meknès, plutôt proche des gens d’en bas, de cette populace que certains politiques et engeances médiatiques des salons parisiens regardent avec condescendance et mépris. Ce que je dénonce c’est cette propension à plaire aux riches, à cette démocratie bourgeoise, et de maintenir ce regard lointain cette distance de classe qui est malheureusement toujours présente dans vos écrits.

Amine Ajar.

1 Arnaud Viviant, Le Nouveau Magazine littéraire, Slimani lance sa gamme, Avril 2020, N°28, p. 19.

2 Ibid.

3 Georges Corm, Orient-Occident, la fracture imaginaire, éd. La Découverte.

4 A l’instar des jeunes pauvres de Tanger, Lire Mohamed Choukri, Le pain nu, éd. Poche.

5 D’ailleurs pourquoi cette mémoire sélective et l’oubli sur les plateaux télés plus prompt à relayer l’idéologie du Grand Remplacement ou du choc des civilisations, faisant oublier les combats et les réformes depuis la Nahda ?

6 Quartier chic et bourgeois de Meknès.

7 Dites communément loi sur le voile islamique en 2004.

8 Amine Ajar, Allahou Akbar ! La langue arabe criminogène ?, in Oumma.com, 04/02/17.

9 Sous la dir. d’Eric Fottorino, Qui est Daech ? Comprendre le nouveau terrorisme, éd. L 1, Philippe Rey.

10 Edward Saïd, L’Orientalisme, éd. Seuil. Ou encore Pierre Conesa, Hollywar, Hollywood arme de propagande massive, éd. Robert Laffont.

11 Abdelmalek Sayad, La double absence, des illusions de l’émigré aux souffrances de l’immigré, éd. Points. Préface de Pierre Bourdieu.

12 Il ne faut pas oublier le maintien du statut de la femme arabe par les autorités coloniales, Daniel Rivet, Le Maghreb à l’épreuve de la colonisation, éd. Hachette-Littérature.

13 Amir Al Mouminine ou Prince des croyants.

14 Comment oublier l’agression qu’avait subie Loubna Abidar suite au film Much Loved, où elle interprétait le rôle d’une prostituée. Réalités qui auraient pu susciter le débat sur la misère économique et sociale, et sexuelle. Maroc que l’on sait être la deuxième destination du tourisme sexuel après la Thaïlande.

15 Kamel Daoud, Meursault contre-enquête, éd. Actes Sud.

16 Cf, Albert Camus, L’Etranger, Folio.

17 William Faulkner, Tandis que j’agonise, éd. Folio.

18 Gérard Noiriel, Sur « la crise » de l’histoire, éd. Folio.

19 Enzo Traverso, Le passé, modes d’emploi, histoire, mémoire, politique, éd. La Fabrique.

20 Film de Sofia Coppola, Lost in Translation, 2003. Avec Scarlett Johannson et Bill Muray.

21 Robert O. Paxton, La France de Vichy, éd. Points, Histoire.

22 Michelle Perrot, Les femmes ou les silences de l’Histoire, éd. Flammarion.

23 Lire l’article très intéressant de Valérie Trierweiller, sur le déclassement du père, de son emprisonnement, et du deuil familial, in Leïla Slimani : en équilibre entre deux mondes, Paris Match, 04/03/20.

24 Lire Leïla Tauil, Féminismes arabes : un siècle de combat, Les cas du Maroc et de la Tunisie, éd. L’Harmattan.

25 Leïla Slimani, Sexe et mensonges au Maroc, éd. Les Arènes.

26 Ibid.

27 PJD, Parti de la Justice et du Développement. Lire aussi le livre de Nasser Suleiman Gabryel, Sociologie politique du Maroc, La raison d’Etat constitutionnelle, éd. L’Harmattan.

28 Jean Zeigler, La haine de l’Occident, et aussi, L’Empire de la honte, éd. Poche. Pour comprendre les origines du ressentiment plus liés à des raisons économiques qu’identitaires.

29 Fatima Mernissi, Rêves de femmes : une enfance au harem, éd. Poche.

30 Tahar Ben Jelloun, Harouda, éd. Folio.

31 Nelly Kaprièlan, Leïla Slimani : ‘’Un écrivain vit dans le pays des autres’’, 25/02/20, in Le Inrockuptibles.

32 Salim Jay, Des écrivains marocains, éd. EDDIF,

33 Dominique Combe, Les littératures francophones, Questions, débats, polémiques, éd. PUF.

34 Tous les travaux sociologiques sur la banlieue, sur l’islam des banlieues, via Thomas Delthombe, Laurent Mucchielli, Vincent Geisser, Dounia Bouzar, etc.

35 Leïla Slimani, En équilibre entre deux mondes, Paris Match, Valérie Trierweiller, 04/03/20.

36 Leïla Slimani, « Chaque livre correspond à quelque chose que j’arrache de moi physiquement. Cette fois, j’offre une partie de mon âme. », in Paris Match, Valérie Trierweiller, O4/03/20.

37 Lire les excellents livres de Fatima Mernissi, Islam et démocratie, éd. Albin Michel ; ou encore, Le harem politique, Le prophète et les femmes, éd. Albin Michel.

38 Leïla Slimani, Intégristes je vous hais !, in Sous la dir. d’Eric Fottorino, Qui est Daesh ? Comprendre le nouveau terrorisme, éd. Le 1, éd. Philippe Rey.

39 Bakounine, Marx et le marxisme, éd. De Londres, Kindle.

40 Georges Corm, La Nouvelles Question d’Orient, éd. La Découverte.

41 Ibid, Paris Match.

42 Hannah Arendt, La tradition cachée, Le juif comme paria, éd. Payot.

43 Moi-même j’ai été effondré par ces attentats et aussi d’apprendre la mort de Cabu, qui a nourri toute mon enfance par ses illustrations au Club Dorothée, apportant cette touche d’humour et de satire de la société.

44 Native Informant, anglicisme signifiant littéralement informateur autochtone _ notion que les études post-coloniales studies ont forgé pour désigner les personnes de couleur qui, surcompensant un complexe d’infériorité à l’égard des blancs, imitent ces derniers pour leur plaire et être reconnus par eux.

45 Elena Ferrante, L’ami prodigieuse, éd. Folio.

46 Albert Memmi, Statue de sel, éd. Folio.

47 John Fante, Mandini, éd. 10/18.

48 Chaïm Pollock, L’élu, éd. 10/18. Lire aussi l’excellent livre de Yitzhak Laor, Le nouveau philosémitisme européen, éd. La Fabrique, sur le complexe de l’identité arabe juive face à l’imposition culturelle d’une vision sioniste mythifiée (Cf, Shlomo Sand).

49 Pierre Bourdieu en a fait son objet d’étude lui qui était fils de postier se retrouvant avec ces bourgeois des grandes écoles… Les héritiers, la distinction, le capital culturel, la violence symbolique, l’habitus, etc. autant de concepts pour comprendre et analyser les rapports de domination.

50 Jean Recanati, Profils juifs de Proust, éd. Buchet/Chastel.

51 Zemmour, Riouffol, Millet.

52 Laurent Mucchielli, Quand les banlieues brûlent…, éd. La Découverte ; lire aussi, Sociologie de la délinquance, éd. Armand Colin.

53 Les émeutes de 2005 ont été une occasion manquée par les politiques, qui ont lancé un plan Marshall et mis à la tête l’ancienne présidente de Ni Putes Ni Soumises, l’ancienne secrétaire d’Etat Fadela Amara. Message ambiguë, ce que Nacira Guenif Souliamas analyse dans, « Des beurettes » aux descendantes d’immigrants Nord-Africains, éd. Grasset, Le Monde.

54 Christine Delphy, Un universalisme si particulier, Féminisme et exception française, éd. Syllepse ; et Félix Boggio Ewanjé-Epée, Stella Magliani-Belkacem, Les féministes blanches et l’Empire, éd. La Fabrique.

55 Réminiscence des quartiers arabes sous l’Algérie française.

56 Leïla Slimani, Le diable se cache dans les détails, éd. Le Un.

57 Lire l’analyse d’Emmanuel Todd, Sociologie d’une crise religieuse, qui est Charlie ?, éd. Points.

58 Juliette Lagrange, Les néoconservateurs, éd. AGORA.

59 Bertrand Badie, Dominique Vidal, Le retours des populismes, éd. La Découverte.

60 Malek Bennabi, Le problème des idées dans le monde musulman, éd. Al Bouraq.

61 Même si le terme de Modernité reste à définir d’un point de vue philosophique. Cf, Jürgen Habermas, La technique et la science comme « idéologie », éd. Gallimard ; ou encore, Le discours philosophique de la modernité, éd, Gallimard. Ou aussi Emmanuel Malolo Dissakè, Karl Popper, Langage falsificationnisme et science objective, éd. PUF.

62 Moulay Icham, sous la dir. Henry Laurens, Culture politique arabe, janvier 2020 11:00 12:30 Séminaire Amphithéâtre Marguerite de Navarre – Marcelin Berthelot, Collège de France.
Moulay Icham, lors d’une conférence au Collège de France, sous la direction d’Henry Laurens, Islam et politique, sur la question des printemps arabes et de la démocratisation, voire de la sécularisation, du droit des femmes, et d’une réforme de la charia afin de l’adapter aux exigences des sociétés modernes… propose une troisième voie alternative, qui est appuyée sur le modèle du pacte républicain comme ce qui avait été fait en Angleterre avec la monarchie parlementaire ou en Espagne après Franco. Ou en Algérie au sortir des années noires, ou encore à l’après Apartheid en Afrique du Sud avec Mandela. Analyses et perspectives de recherches très intéressantes en dépit de la vision des néoconservateurs américains qui ont basé leur politique sur la théorie du Choc des civilisations, et l’imposition aux « régimes amis arabes » de contracter des dettes (FMI), et de suivre des économies de rente, et réduisant toutes ces réalités et changements possibles à des questions purement religieuses, faisant l’impasse sur d’autres facteurs sociaux économiques, et surtout politiques.

63 Georges Corm, La Nouvelle Question d’Orient, éd. La Découverte.

64 Le média, Révélations d’un agent secret qui en sait beaucoup trop. https://www.youtube.com/watch?v=iLMs_EqUICs

65 Ibid.

66 Michel Pinçon & Monique Michèle Pinçon-Charlot, Sociologie de la bourgeoisie, éd. La Découverte. Et aussi, Sociologie de Paris, éd. La Découverte.

67 Zola et la série des romans sur la dynastie des Rougon-Macquart. Peinture de l’évolution de la société du XIXème siècle.

68 Tolstoï, Anna Karenine ; Ou Guerre et Paix, éd. Folio. Dostoïevski, Les frères Karamazov, ou Les démons, éd. Folio.

69 Naguib Mahfouz, La trilogie, Impasse des deux palais, Palais du désir, le jardin du passé, éd. Poche. Tahar Ben Jelloun, Amours sorcières, éd. Folio.

70 Amine Ajar, L’Orient et l’Occident : histoire d’un (non) dialogue amoureux ; ou encore, Le paradigme de l’Amour comme dévoilement, In Oumma.com.

71 Ibid, Michel Pinçon & Monique Michèle Pinçon-Charlot, Sociologie de la bourgeoisie, éd. La Découverte. Et aussi, Sociologie de Paris, éd. La Découverte.

31 commentaires

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  1. Le probléme que rencontre beaucoup de gens originaire du Maghreb, c’est leur crise identitaire, dont leila slimani, on dirai qu’on se sent obliger de choisir entre l’arabité, la langue francaise ou l’identité berbère.
    Je pense que pour trouver la paix nous devons accepter ou du moins reconnaitre toutes les composantes du Maghreb sans les opposer, reconnaitre que c est un territoire marqué depuis longtemps par les cultures berbères, se souvenir aussi qu’il a un passé gréco-latin, accepter que le l’élement arabo-musulman s’est lié à son histoire, que le turc et plus récemment le français aussi, s est imposé à son histoire. Chacun en fait ce qu’il veut, certains privilégient tels ou tels aspects de cet identité, mais il faut en tirer le meilleur et ne pas renier cet histoire.
    C est surprenant, ce rejet de l arabe ou du berbère ou du français.
    En Europe, le latin qui était la langue des romains s est imposé au reste de l Europe et personne n a rien à redire, il faut le rappeler.

    • j’aime beaucoup votre réponse, et j’y adhère en tant qu’européen mélanger et multi culturel. On peut tout a fait avoir plusieurs langue, se sentir appartenir à plusieurs culture, tout en se sentant fortement lié à un pays, une région et une ville. il est bien triste de voir une culture « chasser » l’autre, lorsque l’on peu le faire vivre sans problème.

      • Merci de votre réponse, je pense que tout le monde devrai renouer avec son identité complexe, accepter les peuples qui on migré durant l histoire même s ils ne font pas partie de la notre. Je pense que de nombreux problèmes perdurent a cause de cette amnésie.

  2. Le Français est parlé par obligation par beaucoup de Marocains parce qu’ils n’avaient pas d’autres choix pour étudier les sciences, comme d’autres pays ont choisi l’Anglais. Une élite bourgeoise au Maroc parle Français par choix et envoie ses enfants dans les lycées de la Mission Française. Et j »ai connu des familles marocaines au Maroc qui ne parlent que Français. Imaginer un instant des familles Français qui ne parlent que Anglais chez elles. Connaissez vous beaucoup de Français qui font l’effort de parler Arabe pour parler avec les Arabophones ? Et on traite les Arabes de gens obtus et intolérants.

    • lhousseine Touqui : Si l’ image de l’ Arabe, était aussi belle en France, que l’ image du Français l’est au Maroc, je pense que l’ arabe serait enseigné dans les écoles, si ce n’est pas le cas, a qui la faute ?

    • Vous parlez beaucoup de choix, alors que n’oubliez pas que si l’Egypte, l »Arabie Saoudite, le Qatar, l’Inde et bien d’autres plus d’affinités avec l’anglais c’est parce qu’ils étaient colonisés et sous mandat britannique, de même que le Maghreb, le Liban, la Syrie et l’Afrique centrale sous domination française. L’héritage et l’influence de l’anglais ou du français tiennent des déterminismes et contraintes politiques. Le choix pour cette nouvelle bourgeoisie mondialisée se fait certes aujourd’hui en faveur de l’anglais plutôt que du français pour des raisons d’ouvertures et de perspectives de travail, notamment à Dubaï ou à Londres ou à New-York.

  3. Bonjour,
    Laila Slimani prone le multi-culturalisme au Maroc et dit dans une interview à France culture que l’Arabe n’est pas notre langue (au Maroc).Je pourrai retrouver cette interview et vous l’envoyer. Elle dit aussi que la Maroc est un pays francophone. Tiens, tiens….l’Arabe qui est parlée au Maroc (et Afrique du Nord) depuis plus de 1400 ans n’est plus notre langue, alors que le Français doit l’être, langue imposée par la colonisation en moins de 50 ans au Maroc . Est ce que la France est un pays de multiculturalisme ? Est ce qu’on trouve une seule enseigne de magasin en France écrite dans une langue étrangère, autre que le Français? contrairement au Maghreb où c’est la norme. Est ce Laila Slimani a dit un mot pour défendre l’enseignement de l’Arabe en France, alors qu’il y a plusieurs millions d’arabophones en France. Pour elle, la langue Arabe s’est imposée de manière « illégale » au Maroc. Et que fait le Français dans des territoires lointains comme les Antilles et la Réunion. Pourquoi elle ne dénonce la langue Anglaise et Espagnole qui ont tué les langues ancéstrales des indiens ? Beaucoup à dire…

    • lhousseine Touqui : Si vous voulez vraiment être honnête, l’ apparition de l’ arabe, au Maghreb, fait suite a une colonisation Ottomane, donc, elle a raison. Par ailleurs, force de reconnaître, que colonisation, pour colonisation, que dans certains pays du Maghreb, comme le Maroc, la colonisation Française, ayant durée dix fois moins longtemps, que celle Ottoman, a pourtant, eu plus d’ impact culturel, ce que vous déplorez, mais c’est un fait !
      Maintenant, pour voir des enseignes étrangères, allez un peu traîner, du coté du 13 ième, vous avez des rues Asiatiques, ou vous ne trouverez pas un mot de Français, et si vous vous baladez dans toutes les villes de France,vous y verrez des enseignes de kebabs, avec le lettrage Arabe, qu’elle preuve de multiculturalisme, voulez vous , que ‘on nomme un imam, comme président de la république !
      Et, d’ autres part, vous avez raison, quand vous dites, que le Français, l’ Anglais, et l’ Espagnol, ont tués, mais ne soyez pas naïf, vous savez bien, que l’ Arabe aussi, a tué, on ne colonise pas sans faire de victime, l’ expansion de l’ islam, c’est faite avec l’épée, et continue, encore aujourd’hui, en Afrique, a coup de kalachnikov. Comme vous dites, beaucoup a dire !

      •  » l’ apparition de l’ arabe, au Maghreb, fait suite a une colonisation Ottomane,  »
        Ma pauvre cheyenne , je te preterai bien le livre d’histoire de ma fille mais on est en confinement, cependant je peux te conseiller l illustre historien de oumma, j’ai nommé kalim..

          • t’a Rachid zani qui va finir par être déshydrater à force de pleurnicher, ou complètement dépressif a force de ne voir que le verre à moitié vide…
            Bon, merci quand m^me Djeser pour « l’illustre historien », en ces temps pas toujours facile, l’humour reste une armes redoutable.
            ps: l’arabe est bien antérieur à la colonisation ottomane

          • Merci dubitatif, de confirmer la correction, on va pas non plus accuser les turcs d’intelligence avec l ennemi ! déjà qu avec l arabe et le français on ne s en sort pas..

  4. Ce n’est pas un ecrivain, c’est un modele qu’on veut imposer aux jeunes filles musulmanesn une sorte d’influenceuse. Abondan de sa culturen, de sa religion. Adoption des valeurs consuméristes occidentale et celles vehiculéee par la mode, absence de pudeur , devoiement de la notion de liberté, ignorance de nos determinisme, promotion de l’individualisme à outrance.

    • Ramdane : Arrêtez, de vouloir imposer une certaine vision du monde, et laissez vos jeunes vivre comme ils l’ entendent, la seule chose que vous allez réussir a faire, c’est que vos jeunes vont s’ éloigner des mosquées, tout comme ça été le cas pour les autres religions. La mondialisation s’ introduit partout, et personne, ne l’ arrêtera, la preuve, les pauvres Palestiniens, avec quoi, ils filment les agressions Israéliennes, avec des  » I phone « , il suffit de voir dans nos rue, la femme voilée, ressemble plus a une photo de mode haute couture, que d’ une vierge, c’est comme ça que les choses avance, qu’on le veuille ou pas, nous sommes pris dans une spirale, que nous ne maîtrisons pas. Alors, plutôt que vous battre avec votre archaïsme moyenâgeux, apprenez, a développer le spirituel, en laissant, le coté charia , est vous verrez que vos jeunes se rapprocheront de vous . Il est quand incroyable, qu’une religion dite révélée, ne soit pas plus intelligente que ses ancêtres, vos savants, n’ont tirés aucune leçons du passé, je trouve ça étrange !

    • C’est aussi mon ressenti, n’ayons pas de haine mais il faut reconnaitre que le media français cherche à imposer ces valeurs au monde musulman, c est de bonne guerre, chinois, usa, russe, occident, islam, évangélique, sionisme, tout le monde fait cela

  5. A spera,
    Quel racisme, vous croyez que la culture est l’apanage de la seule France. Le monde Arabe est riche en littérature, en poesie et en spiritualité. Les autres langues ont aussi leur beauté leur genie, heuresement il n’ a pas que le français (qui d’ailleurs a emprunté beaucoup à l’arabe sur le plan scientifiqe et m^me juridique)

  6. Salam, et non, Leïla Slimani n’est pas Rosa Luxembourg, cette héroïne communiste militante Allemande qui a payé son engagement. La lutte des classes chez Leïla Slimani c’est du pipo, c’est un jeu bourgeois malsain. Fut-elle en rien soucieuse de lutte des classes elle n’eut pas gagné sa résidence secondaire mais au contraire partagé le sort des Parisiens y compris ceux qu’elle n’aime pas et qui endurent le confinement dans des conditions moins idylliques et poétiques. Pauvre confinée, dérisoire confinée qui se met en scène comme toute personne chétive qui rêve d’un grand statut littéraire sans en avoir les moyens du talent inspiré.
    Son journal de confinement est un conte cruel, lisez plutôt, ça va j’espère rabattre le caquet de ceux qui essaieraient de la défendre ou de la promouvoir. Mais en plus si elle prétend tant et tant souffrir et être sidérée du confinement pourtant idyllique, alors capable d’emphase creuse, le reste du récit de sa vie n’est pas vrai récit de malheur ou de lutte mais un semblant de récit, elle n’écrit pas sa vie en lettres de sang mais d’encre qui sèchera vite, écrivaine très convenue, conformisme de gauche molle qui a lu les territoires perdus et donc de droite dure travestie sous forme de gauch. Voici, c’est accablant.
    https://diacritik.com/2020/03/19/le-journal-de-confinement-de-leila-slimani-est-un-conte-cruel/
    Croissant de lune.

  7. Amine, si vos parents étaient restés à Meknès vous seriez allé à l’école coranique ou publique enfin bien loin de Paul Valery, c’est l’école de la république française et certainement l’encouragement de vos parents qui vous ont permis d’accéder à un si beau langage et à l’ascension sociale qui en a découlé, pas de caste sociale dans l’éducation en France vous en êtes la preuve, il serait aussi juste de le reconnaître.

    • Qui vous dit que l’auteur de cet article n’est pas un de ces intellectuels précaires, et que s’il publie sur Oumma.com c’est parce qu’il est confronté au plafond de verre. Que ce soit dans l’édition, ou dans les autres médias et journaux… parce qu’ayant une vision plus proche de l »extrême gauche, voire anarchiste…
      L’école française est en principe égalitaire, mais au sein de nos ESPE et autres universités pour former les futurs enseignants, sachez qu’il y a un module spécial pour les établissements ou collèges en REP ou REP +, à savoir ceux dans les quartiers dits difficiles.
      Ne faites pas semblant d’ignorer qu’il y a des établissements privés, voire réputés, et qui ont un enseignement au combien plus poussé que ceux des zones aux populations d’origine étrangère et touchées par le chômage et la précarité.
      Excusez-moi, mais ce n’est pas tous les maghrébins qui après leur BAC ont la chance d’aller à Sciences Po ou à la Sorbonne, parce que papa était un ancien secrétaire d’Etat, ou cadre de la Royal Air Maroc.
      De plus, Leïla Slimani n’a jamais été confronté à la violence et au racisme qu’ont connu certains dans des établissements du Sud Est de la France, fief de l’extrême droite et des rapatriés d’Algérie. J’ai connu cela et l’ai vu de mes propres yeux.
      Maintenant vous dites qu’il n’y a pas de caste? Avec le gouvernement Macron et les écarts entre riches et pauvres, je me demande dans quel pays vous viviez?
      Et les bobos de la classe parisienne ne vivent pas comme la majorité des français dans des petits lotissements ou dans des HLM, et leurs gosses sont dans les meilleures écoles… et puis l’Éducation Nationale avec ses réformes a détruit tout le système d’une école pour tous, faisant un Bac à la carte et à plusieurs vitesses, selon quel établissement et de quel quartier huppé de Paris vous êtes issu vous n’avez pas les mêmes chances.
      Ce qui est regrettable chez Leïla Slimani, outre la haine partagé des intégristes, elle le dit elle même dans son article je hais les intégristes, qu’elle est parisienne et surtout qu’elle méprise et crache tout ce qui faisait sa culture auparavant. Faisant l’amalgame entre savoir, cultures, et dérives radicales… Comme si on amalgamait le savoir lié à la civilisation et à l’histoire du judaisme, ou encore les cultures dont le judaïsme a été imprégné et influenceur (comme la culture judéo arabe du Maghreb), et enfin la dimension politique actuelle du gouvernement Netanyahu dérivant vers une vision radicale d’extrême droite, alors qu’il est critiqué par les mouvements de gauche progressistes, ou post sionistes, et autres partisans de la paix… Son drame c’est qu’elle met à travers ses interventions et ses articles, et cela transpire dans son roman, toute une culture plus que millénaire selon sa vision subjective et conforme à la vision de certains cercles des salons parisiens. Qui sont dans cette propension à l’essentialisation, à la généralisation. Même si son enquête sociologique sur Sexe et mensonge au Maroc est pertinent. Mais de là à généraliser, c’est le reproche qu’on peut lui faire.

    • Ah, ah, ah, ah!!! Et la lutte des classes, Mai 68, l’élite politique traitant les français d’imbéciles au lendemain du référendum contre le traité européen, de gens sans dents, de fainéants, et plus récemment les gilets jaunes, ou encore les manifestants tabassés… ça ne vous dit rien??
      Vous ne voyez pas qu’il y a une caste politico financière?? Vous devriez lire les livres de Michel Pinçon et Monique Pinçon Charlot… ou encore le bilan que fait le prix Nobel de l’économieJoseph Stiglitz… ou encore Emmanuel Todd, Les luttes des classes au XXIème siècle, et après on en reparlera…

    • Pierre, vous avez raison je ne connais pas votre, pardon, la situation financière de l’auteur. Je sais juste qu’il sait réfléchir et exprimer brillamment ses idées ce qui en fait pour moi une personne de qualité même si par ailleurs il est au RSA. Un footballeur inculte et crétin (ils ne le sont pas tous et ce quelle que soit leur origine ) mais richichisme n’éveille chez moi aucun intérêt.
      Ma vision de l’ascension sociale n’est pas une définition qui intègre la réussite financière même si j’imagine bien que l’auteur verrait d’un bon oeil la reconnaissance matérielle et légitime de ses capacités, voilà, donc ma vision est que l’auteur a pu développer ses capacités et donc être en ascension sociale au regard de là d’où il vient. Mon grand père était mineur, a quitté l’école à 10 ans et croyez moi était extrêmement fier de mes études bien avant que je ne trouve un boulot. C’était comme un aboutissement incroyable et personnel lui qui lisait péniblement mais quotidiennement l’Huma.
      Pour ce qui est du niveau du bac maintenant, je suis entièrement d’accord avec vous. Vous y avez visiblement échappé, question de génération peut-être.
      En ce qui concerne les grandes écoles je vous rassure si tous les maghrebins n’y ont pas accès tous les français non plus. Les REP ont un quota à Sciences Po ce qui n’est pas le cas pour les enfants d’agriculteurs et autres mais comme ils la bouclaient pourquoi s’en occuper ? Et paf un beau jour les gilets jaunes.
      Oui dans ce domaine et bien d’autres il y a des castes. Je ne parlais que de l’école publique qui même imparfaite est malgré tout un système accessible à tous gratuitement avec des profs souvent admirables.
      Je ne discuterai pas du racisme que certains ont vécu à leur arrivée, on le sait . Le racisme est une plaie qui touche toutes les couleurs de peau, toutes les religions. Il faut aussi avancer sans haine et sans rancoeur qui sont des freins mais en restant lucide.
      Je vous souhaite de trouver un job dans l’Édition ou les médias mais ce n’est pas facile et pour personne.

      • bonjour,
        votre délicatesse vous honore spera,mais il y a une véritable dénégation de votre part sur la réalité de la société française et j’insiste sur le mot dénégation,certes beaucoup de gens souffrent dans nos campagnes ou ailleurs et ne font pas parti des » minorités visibles » mais c’est sans communes mesures à ce que vivent les français d’origines maghrébines ou africaines.nous vivons dans une société racialiseé ,les discriminations à l’emploi ,au logement ,a l’éducation les touchent en priorité,toutes les études les plus sérieuses sur le sujet le confirment.Beaucoup de gens comme vous veulent se donner bonne conscience et balayer d’un revers de main en disant de vielles antiennes « il ne faut pas se victimiser » , »celui qui veut , il peut…etc ,oui mais.Cette dénégation joue un rôle fondamental dans notre société,elle vous permet de conserver vos privilèges tout en culpabilisant les minorités qui sont réellement victimes de ce système .mais plus personne n’ai dupe et si l’on continue sur cette voie alors tout le monde sombrera.

        • Bof. Je constate aussi que beaucoup de mes potes (maghrébins comme moi) ont réussi les plus prestigieux concours (commissaire entre autres) ou dans la médecine. D’autres ont aussi intégré le domaine de la recherche. Bref, il y aura toujours ceux qui voient le verre à moitié vide. Les choses changent, le plafond de verre est vrai jusqu’à une certaine limite. Même si l’école de la République est loin d’être parfaite, elle donne néanmoins sa chance à n’importe qui. Dans l’absolu il faudrait comparer le système éducatif français avec ses voisins européens et plus encore à l’international. Il est loin d’être le plus inégalitaire en comparaison.

          • foulan : Merci, Foulan, je suis tout a fait d’ accord avec vous, il est certain, que tout n’est pas parfait, mais pour celui qui veut vraiment s’en donner la peine, les résultats seront là . Mais il faut reconnaître, que beaucoup, voudraient avoir, sans donner . C’est un peu comme l’ histoire des masques, les gens hurlent contre l’ état, qui ne fournie pas les masques, alors qu’ il n’y a rien de plus facile, que les faire soi même. Les gens critiquent l’état, mais sont en permanence en attente de ce dernier. Il ne savent pas se débrouiller par eux même !

        • N’utilisez pas l’exagération comme argument. « Société racialisée » ? C’est complètement faux, à croire que vous n’avez jamais vu ce qu’était une société racialisée…
          Et pour ne parler que de ce point, dire qu’il y a en France une discrimination à l’éducation est une totale contrevérité. L’école est gratuite jusqu’au brevet, et ensuite les frais de scolarité sont extrêmement faibles au lycée et en université, et les bourses, parfois importantes, sont accordées avec comme seul critère les revenus des parents. Tous les examens sont anonymes (sauf les quelques oraux). Il n’y a donc aucune raison qu’une communauté se dise discriminée dans l’éducation en tant que communauté.
          Cerise sur le gâteau, l’enseignement privé (pourtant payant) est très prisé par certaines communautés… sans critère de religion.

          •  » l’enseignement privé (pourtant payant) est très prisé par certaines communautés »
            C’est peut-être pour fuir les désordres occasionnés par d’autres membres agités de ces mêmes communautés qui sabotent l’enseignement public…
            Et qui après, bien sûr, se plaignent d’être discriminés.

      • Spera, cette école égalitaire dont vous parlez n’existe plus. Gratuite elle l’est encore dans le public, avec des moyens de plus en plus restreints. On compte les feuilles des imprimantes, la gestion nous donne au compte goutte ce qui pourrait nous permettre de travailler dans de meilleures conditions. Des classes surchargées en REP +… Oui c’est le quotidien difficile du professeur que je suis.
        Et ne faites pas semblant de ne pas comprendre ce qui se passe, privatisation, des hôpitaux, des autoroutes , des aéroports, concurrence des universités et des chercheurs, dans une logique de maximisation type privé ou politique néolibérale. Alors que vous parliez de gilets jaunes. Votre père était dans les mines et lisait l’Huma, et vous lisez quoi au juste aujourd’hui? Le Figaro ou encore les médias meanstream à la solde des pseudo experts et du gouvernement. Que vous le veuillez Leïla Slimani n’est pas Elena Ferrante, ni Tahar Ben Jelloun, ni Annie Erneaux, il y a comme une haine viscérale de ce qui constitue sa culture et sa religion d’origine… elle peut être critique, mais là ce n’est plus de la littérature au sens de Driss Chraïbi, mais plutôt Oriana Fallacci…

    • @ Spera, « Il serait aussi juste de le reconnaître » écrivez-vous en apostrophe à l’auteur. En fait vous suggériez par là que Leïla Slimani a raison d’avoir une haine inégalitaire et mal distribuée, c’est ça? Que donc elle a raison de haïr malgré tout une partie d’elle-même parce qu’il n’y avait pas en ce temps autant d’écoles et aussi accessibles, à cause suggérez-vous de cette culture et expérience à refouler. C’est elle qui refoule quelque chose mais ne fut pas ou peu refoulée vu son parcours, faut l’admettre, non? Et même elle a eu un parcours privilégié puisque si on admet, ce que je ne valide pas et en fait j’en sais rien, mais si on admet qu’au Maroc elle a bénéficié de scolarisation privilégiée, alors par égalitarisme elle devrait renoncer à tout ça et s’en aller vivre comme fellah, faire de l’agro-écologie dans l’Atlas, très égalitaire comme expérience, et là pas de chichi ni de caste qui tienne justement. Non, c’est pas ce que vous dites, vous répondez à l’auteur pour plaider la supériorité d’une expérience sur une autre, non pas la supériorité mesurée ou objectivé »e selon des crytères, mais la supériorité essentielle, et donc que Leïla Slimani est fondée à exprimer du suprématisme Occidentaliste, c’est ça ou c’est pas ça?
      Vous défendiez vous, les gilets jaunes au moins au début, pas sûr du tout que Leïla Slimani soit d’accord avec vous ça dérangeait la contemplation de son quotidien de bobo assumée. Enfin elle se ridiculise parce qu’elle en rajoute avec sa mise en scène sur réseaux sociaux montrant des photos d’intérieur familial de bonne citoyenne confinée, et je suis presque sûr que des lettres de confinées elle en a écrit des quantités, nouveauté littéraire qu’il paraît.
      Enfin, je vais vous dire moi ce que je ressens de votre réaction. Je ne crois pas que vous connaissez plus que ça la romancière, sauf le peu qu’on en connaît à travers des articles et des présentations de livre. Mais je doute qu’elle vous intéresse, elle casse pas vraiment des briques, fut-elle de grande valeur elle se théâtraliserait moins. Non, vous reprochez à l’auteur de l’article Amine son développement sur la romancière, donc au lieu de réfuter ce développement, vous reprocher à Amine venu du Maghreb de première ou deuxième génération la moindre critique du suprématisme Franco-Occidentaliste, vous suggérez en somme que si on est originaire de certains pays, on n’a pas droit d’émettre des critiques mais on devrait ne redoubler que de louanges quitte à déprécier et à fouler aux pieds l’expérience des pays d’où on tire ses racines. C’est ça ou c’est pas ça? En gros vous lui enjoignez de se taire, « que serais-tu si tes parents n’étaient pas venus en France »?…
      Vous êtes toujoursjauniste et pourquoi l’étiez-vous? Parce que au début c’était la France blanche de Jhoni, je me trompe? Eh bien la France à Johni est confinée et Leïla Slimani fait les louanges du confinement, moi je trouve qu’elle devrait y rester plus longtemps puisque ça lui plaît.
      Croissant de lune.

  8. Salam, merci de ce que vous m’apprenez l’auteur sur la romancière. Alors je me dis, de quoi se plaint-elle, a-t-elle manqué de quelque chose?
    Je suppose que le couple de ses grands-parents n’était pas mis à distance ni désaprouvé que d’un seul bord. Or, elle n’a pas la même haine bien distribuée si on veut bien croire qu’elle est écorchée vive.
    Macroniste de la première heure, elle se distingue à présent en postant sur les réseaux sociaux des photos de sa famille de bonne confinée, au point que des gens se moquent de cette insistance. Alors pourquoi le conformisme de Leïla Slimani? Parce qu’il y a du conformisme, du parti-pris. Elle aime qui, elle préfère aqui devrait-on se demander alors? Ah elle a imité le manifest pour l’avortement des années 1970, donc manifest pour l’avortement au Maroc mais à partir de France, dans la presse Française, dans les médias Français. Donc la ressemblance est trompeuse, puisque le manifest célèbre des années 70 concernant l’avortement en France se faisait en France et le débat se tenait en France. Est-ce qu’elle comprend la différence, ou pas?
    Croissant de lune.

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