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Le triste record «Ramadanesque» d’Abu Dhabi

Dans les us et coutumes des pays du Golfe, le gaspillage alimentaire bat tristement tous les records pendant le mois sacré du Ramadan.  

Mohamed Aman, spécialiste de l’environnement à la «Commission Publique pour la Protection des Ressources Maritimes, de l’Environnement et de la Faune et Flore», s’est confié au Gulf Daily News sur les gabegies indescriptibles auxquelles se livrent les Musulmans dans les pays du Golfe. Les chiffres parlent d’eux-mêmes: «Les Musulmans pourraient jeter  plus de 40% de la nourriture quotidienne durant ce Ramadan», a déclaré ce dernier.

Le problème est-il d'ordre culturel, ou traduit-il l'absence de sensibilisation aux enjeux alimentaires ? M. Aman tente d’expliquer un phénomène en pleine ampleur, pourtant abhorré en Islam (des savants musulmans ayant critiqué l’augmentation du gaspillage alimentaire pendant le mois sacré, en qualifiant cette pratique de contraire à  l’esprit du jeûne), en rappelant certaines traditions immuables : «Les populations de cette partie du monde (le Moyen-Orient) ont tendance à exhiber l'abondance de plats concoctés  lors de l’iftar (repas de rupture du jeûne)», a-t-il souligné. «Il y a plus de 6 variétés de plats sur une table de l’iftar Bahreïnienne, ce qui signifie que plus de 3 seront jetés, soit plus de 40% de la nourriture gaspillée par jour», a-t-il précisé au journal Khaliji.  

Pour Majid Al Mansouri, le secrétaire général de l’Agence pour l’Environnement à Abu Dhabi, l'une des raisons majeures qui expliquent un tel gâchis est liée aux normes culturelles, car offrir de la nourriture en abondance aux invités est la marque de la «générosité» traditionnelle dont font preuve les Musulmans durant ce mois sacré.

L’année dernière, la BBC a rapporté que plus de 500 tonnes de nourriture ont été jetées pendant le Ramadan, et ce rien qu’à Abu Dhabi.

Dans de nombreux pays musulmans, plusieurs initiatives ont été mises en place afin de recueillir les restes de nourriture et les redistribuer aux pauvres. Dans les Emirats Arabes Unis par exemple, une association caritative Hefth Al Ne’ma,  qui agit depuis 2004, a noué un partenariat avec des palaces d’Abu Dhabi l’année dernière, en vue de redistribuer le surplus de nourriture. Le président et membre du comité de fondation d’Hefth Al Ne’ma a cependant insisté sur le fait que la nourriture collectée avait été soumise à des mesures d’hygiène et de sécurité avant d’être distribuée.

Parallèlement à ces initiatives à court terme, ces experts de l’environnement préconisent désormais d’agir sur le long terme : «Je pense que nous devons multiplier les campagnes de sensibilisation afin d'inculquer à nos concitoyens de bonnes méthodes alimentaires et les inciter à être plus raisonnables à l'approche du mois sacré» confiait M. Aman.

«Un moyen simple de réduire le gaspillage alimentaire est de cuisiner moins dans un premier temps, et de réfléchir à deux fois avant de remplir l’assiette d’un convive à partir du buffet de l’iftar», a suggéré pour sa part Al Mansouri.

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