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En ce moment de réflexion, choisissons la compassion

C’est enfin l’heure de l’Aïd-el-fitr, un moment de fête et de partage, après un long mois de jeûne et de réflexion.
Rappelons-le, l’un des principes centraux du Ramadan est de pratiquer l’aumône et de venir en aide à son prochain. Le moment parfait, selon moi, de choisir de faire une bonne action à chaque repas en optant pour des plats sans chair ni produits animaux.
La compassion est une valeur fondamentale commune à toutes les grandes religions et il n’est donc pas surprenant que le Coran proscrive la cruauté envers les animaux. C’est bien pour cela qu’aujourd’hui, de très nombreux musulmans décident de devenir végan, faisant même du Ramadan un « Veganadan » avec chaque jour un shour et un ftour sans souffrance animale.
Impossible de le nier aujourd’hui, les animaux élevés et tués pour finir dans nos assiettes souffrent de manière épouvantable. On ne leur accorde ni pitié, ni charité, ni une once de compassion. Ces animaux – des êtres sensibles, intelligents, qui comme nous tiennent à leur vie et entretiennent des liens forts avec leurs proches – sont dans la grande majorité des cas confinés à vie dans de petites cages ou des hangars insalubres où ils ne verront jamais la lumière du jour. Ils subissent des privations et des séparations déchirantes, avant de connaître une fin terrifiante à l’abattoir.
Quand on sait ce qu’endurent ces individus avant de finir dans nos assiettes, il est de notre devoir d’agir et de choisir de ne pas participer à ce calvaire. C’est ce que j’ai fait il y a 15 ans, et de vivre en sachant que je cause le moins de souffrances possibles aux êtres avec lesquels je partage la planète me donne un immense sentiment de fierté et d’apaisement.
La première communauté musulmane d’Arabie au VIIe siècle ne consommait presque pas de viande et Muhammad se serait nourri principalement de dattes et d’orge. Ali, le cousin du prophète, aurait déclaré : « Ne faites pas de votre estomac un cimetière d’animaux ».
On comprend ainsi qu’un mode de vie végan s’accorde parfaitement à la pratique de la religion musulmane. D’ailleurs, d’après la Vegan Muslim Initiative (VMI), fondée par deux musulmans végans du Canada et d’Australie: « Si les musulmans doivent être des contributeurs pertinents et positifs à l’avenir de notre planète, alors il doit y avoir un changement de paradigme majeur dans notre façon de considérer la nourriture. »
En effet, l’élevage est l’un des principaux émetteurs de gaz à effet de serre responsables du changement climatique, et est également très gourmand en eau et en terre agricole Les cultures de céréales pour nourrir les animaux dont la chair sera ensuite consommée est un gaspillage sans nom qui contribue à la déforestation ainsi qu’à la famine dans le monde chez les populations les plus vulnérables.
Notre époque porte tout particulièrement à la réflexion et au changement pour contribuer à un monde meilleur, car en plus des effets dévastateurs sur notre planète, la consommation de viande est à l’origine de la pandémie actuelle, qui a fortement impacté nos vies. Le COVID-19 aurait trouvé son origine dans un marché de viande, et quand on sait que le SRAS, la grippe aviaire, la maladie de la « vache folle » et bien d’autres épidémies sont également provenues de l’élevage ou de la consommation d’animaux, voilà une raison supplémentaire de se détourner de la chair animale et de ses dérivés.
Ainsi, adopter un mode de vie végan est la meilleure façon pour les musulmans de vivre en accord avec les préceptes de l’islam au sujet de l’éthique, de l’environnement et de la santé. Cette fête est l’occasion parfaite pour commencer. Heureusement, beaucoup de plats traditionnellement consommés lors de l’Aïd-el-Fitr ne contiennent pas de produits issus de l’exploitation animale et on peut se régaler de hariras, de falafels, de biryanis aux légumes, de galettes de pommes de terre aux épinards et au zaatar, de halwas et de seviyans sans produits laitiers, et de samosas et pakoras de légumes, entre autres.
Accordons-nous à nos convictions et aux principes fondateurs de ce moment sacré en choisissant, dès aujourd’hui, de contribuer à un monde meilleur.
 Mimi Bekhechi
Directrice des programmes internationaux de PETA

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