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Le quartier de la Goutte d’Or dans l’objectif du grand photographe britannique Martin Parr

Ses photos sont exposées à l’Institut des Cultures d’Islam jusqu’en juillet 2011

Tenaces, coriaces, d’autant plus qu’ils sont exaltés et ravivés comme rarement auparavant, les clichés sur l’islam résisteront-ils à l’épreuve d’autres clichés, plus artistiques, talentueux, et passionnés, qui ont zoomé sur la facette méconnue de la France métissée ?

Pris sur le vif dans l’objectif curieux, pittoresque et plein d’humanité du grand photographe britannique Martin Parr de la prestigieuse agence Magnum, le quartier parisien de la diversité par excellence, La Goutte d’Or, apparaît sous un jour nouveau, loin de toutes les attaques nationalistes et notamment frontistes qui l’ont pris pour cible, telle une parade visuelle contre les anathèmes politiciens.

L’œil neuf de Martin Parr découvrait pour la première fois cet arrondissement multicolore de la capitale, tout en s’imprégnant d’une réalité française en pleine dérive droitière, qui ne cesse de souffler sur les braises de la détestation de l’altérité et qui a consacré l’échec du multiculturalisme par la voix de Nicolas Sarkozy.

« De manière étonnante, c’est pendant la prière du vendredi où l’ambiance pour moi a été la plus détendue » a déclaré à la presse Martin Parr, ajoutant, « il y a au moins 2000 personnes dans la rue, j’ai pu photographier les gens sans qu’ils se sentent attaqués. Ce sont des scènes incroyables. Je n’avais jamais vu ça de ma vie. Au Royaume-Uni, cela n’arrive jamais car c’est beaucoup plus simple de construire des mosquées. C’est la grosse différence avec la France. »

Pour ahurissante qu’elle soit, cette immersion au cœur de la Goutte d’or a su inspirer ce véritable artiste du regard, qui a mis en scène des tranches de vie du quotidien en 35 photos piquantes et pleines de saveur, dans le cadre d’une exposition abritée à l’Institut des Cultures d’Islam jusqu’en juillet.

A défaut de les faire tomber, ces clichés photographiques-là devraient à tout le moins nuancer la noirceur de tous les clichés dangereusement instrumentalisés et banalisés.

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