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Le Parlement européen lève l’immunité de Marine Le Pen

On l’espérait, le Parlement européen l’a approuvé sans sourciller : Marine Le Pen ne pourra plus se protéger derrière le bouclier de son immunité parlementaire pour s’autoriser à calomnier l’islam en toute impunité, ainsi en ont décidé les élus européens, réunis ce jour en session plénière à Strasbourg, qui, comme un seul homme, ont mis fin à ce privilège.

Privée de sa précieuse protection qui lui a permis de se livrer à une analogie ignoble et indigne de son mandat d’euro-députée en comparant les prières de rue  à « l’Occupation nazie », la présidente du FN pourra désormais être poursuivie par la justice française pour ses propos qui ont trahi l’atavisme familial en matière de cynisme et de racisme, fissurant la belle vitrine de respectabilité cultivée essentiellement sur le dos des musulmans.

La meilleure défense c’est l’attaque, et là encore, Marine Le Pen, fulminante, perpétue la grande tradition dynastique, jouant sur tous les registres, à la fois du regain de combativité et de la victimisation outrancière, comme papa…  Cette décision "déshonore le Parlement européen", a-t-elle commenté sur BFMTV, renchérissant : "Je vais maintenant me défendre devant le tribunal et je suis absolument convaincue qu'il me donnera raison et protègera mon droit à dire aux Français la vérité sur la situation, notamment, des prières de rue, mais pas seulement".

Le FN serre les rangs et ne mâche pas ses mots, à l’image de Bruno Gollnisch, le négationniste dans l’âme, plus que jamais solidaire de sa présidente désavouée par ses pairs, d’autant plus que ce dernier s’est vu infliger la même sanction à deux reprises et pour les mêmes raisons. C’est d’une voix tonitruante que le provocateur-né a lancé, plein de morgue, sous les huées des députés : c’est le "Soviet suprême de l'Union soviétique".

Alors que Marine Le Pen ne cesse de prospérer sur le terreau fertile de la déliquescence de la classe politique française et de la désespérance sociale, nul doute qu’elle fourbira ses armes les plus acérées pour exploiter cette humiliation à l’approche des municipales de tous les enjeux et de tous les dangers…

Ses premières déclarations préfigurent le rôle qu’elle risque fort d’endosser : celui de martyr au nom de la sauvegarde de la préférence nationale en prenant les Français à témoin et les musulmans comme boucs émissaires tout désignés. 

Si l’on doit s’attendre à des lendemains nationalistes électrisants qui font craindre  une nouvelle flambée de violences islamophobes, il n'en demeure pas moins vrai que le Parlement européen s’est honoré en faisant tomber l'héritière de l'extrême droite en disgrâce.

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