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Le discours Divin et le discours scientifique humain (2/2)

Le discours Divin et le discours scientifique humain

La cohérence et l’unicité du discours Divin face à l’incohérence, la fragmentation et la non-robustesse du discours scientifique humain

  • Deuxième partie –

 

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  1. L’échec des tentatives modernes d’interprétation ou d’analyse « critique » du discours divin contenu dans le Coran

La cohérence, la robustesse et l’homogénéité du texte coranique est le hiatus sur lequel le cheval des orientalistes et des islamologues modernes branche en désarçonnant son cavalier.

Des penseurs modernes ont tenté de soumettre le texte coranique à une lecture critique en usant des systèmes philosophiques et sociaux de l’Occident. C’est le cas de Mohamed Arkoun, d’Amin al-Khûli, de Mohammad Khalafallâh et de Nasr Hamid Abu Zayd. Le premier s’est adonné à une lecture critique du Coran avec une liberté sans bornes et en usant du savoir occidental le plus controversé. Le second a analysé le texte coranique en le considérant comme un texte littéraire et les deux derniers ont approfondi cette lecture littéraire du Coran. On peut citer encore Fazlu al-Rahman : ce dernier a développé une lecture herméneutique du Coran. Mais ses réflexions ne sont pas aussi controversées que celles des autres auteurs.

Toutes les approches utilisées pour analyser le Coran sont illusoires parce que le Coran est autocentré sur une seule donnée : la révélation divine. Dès lors qu’une lecture moderne et humaine intervient, elle devient intrusive et artificielle. Les visées intéressées des hommes dans ce bas-monde comme le développement ou la modernisation ne justifient pas une telle violence philosophique et épistémologique.

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Nous allons nous attaquer d’abord à l’une des tentatives les plus élaborées d’une lecture du Coran qui est celle de Mohamed Arkoun. Ce dernier s’est même érigé une approche structurée et complexe : l’Islamologie appliquée.

Il convient, de prime abord, de rappeler que l’Islamologie appliquée prétend assurer une relecture anthropo-historique de la religion, y compris du Coran en intégrant les interrogations scientifiques les plus récentes de la connaissance sociologique, linguistique et dialectique. Elle appelle à une réflexion sur la religion révélée conformément aux exigences de l’intelligence contemporaine. Un texte particulier de Mohamed Arkoun attire l’attention. Il a comme titre « Comment lire le Coran aujourd’hui1 ?».

Ce texte est intéressant parce qu’il contient les idées-forces de l’islamologie appliquée, des idées qui sont le résultat d’une influence profonde de la pensée occidentale : parler du Dieu révélé conformément aux exigences de la pensée humaine ; insérer le fait religieux dans l’épistémologie moderne ; soumettre le Coran à un examen critique s’inspirant des principes philosophiques, anthropologiques et sociologiques modernes ; reconnaitre dans le Coran, le langage de la structure « mythique2 ». En un mot, soumettre le texte coranique aux mêmes expériences théologiques et philosophiques vécues difficilement par le christianisme.

Mais ce programme intellectuel est critiquable suivant plusieurs ordres :

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Il y a, en premier lieu, l’ordre logique : les sciences, y compris les sciences sociales, ont pour fondements logiques, la rationalité et le réalisme. Comme le dit Gaston Bachelard, tout homme, dans son effort de culture scientifique, s’appuie sur deux métaphysiques : le rationalisme et le réalisme. Dans toute théorie, hypothèse ou conjecture, c’est soit l’une, soit l’autre. Le rationalisme est un vieil héritage qui n’a cessé de s’affermir, même en évoluant, pour devenir un fondement inébranlable de la méthode scientifique, tandis que le réalisme puise sa force, dans la nécessité d’une adaptation de notre pensée au monde extérieur.

Dès lors, toute tentative de greffer la culture scientifique moderne dans le corps du savoir sacrée renfermé dans la révélation est vouée à l’échec dans la mesure où cette culture sacrée repose sur des fondements que sont la croyance et la foi au-delà de la connaissance scientifique qui fait partie quelquefois de certains versets.

La rationalité est une condition essentielle à l’intelligibilité des phénomènes de nature physique, sociale ou culturelle. La civilisation occidentale n’a cessé de s’y accrocher et de s’y inspirer depuis Descartes. Elle est nécessaire à la structuration et à la mise en œuvre de la pensée objective. Or, le texte coranique ne tient que par la transcendance divine. Il n’a nul besoin des qualifications de la rationalité et du réalisme selon la pensée occidentale.

Mutadis Mutandis, les croyances, surtout celles qui se déploient dans la révélation coranique ne visent pas seulement une adaptation au monde extérieur, peuplé de percepts et de phénomènes (Natura Rerum) comme nous l’enseigne l’aristotélisme. Elles dévoilent aussi toute la plénitude de l’Invisible (al-Ghaîb) et de l’Autre vie (dâr alakhira) qui sont des objets de la foi.

L’Islamologie appliquée vise en vain à transformer ces objets de la foi en phénomènes scientifiques, sociologiques et psychologiques qui sont entendus comme des dérivés tardifs des phénomènes étudiés par la science de la nature (après tout, la sociologie et la psychologie ne sont que des réplications de la physique dans l’étude de la société, des comportements sociaux et de la psyché humaine en les transformant et en les matérialisant en objets scientifiques), ce qui explique son échec.

Convient-il de rappeler, dans ce sillage, que cette opposition d’ordre logique ne signifie pas que la révélation coranique n’ait pas de prise sur le réel. Mais ce réel n’est pas seulement empirique, il n’est pas seulement ce que vise la science.

Il n’est plus étudié depuis le renoncement à l’Ijtihad et l’apparition de ce qu’on pourrait appeler la « culture scientifique de résignation » d’obédience rationaliste qui est parvenue à mettre entre parenthèses la Bible et l’Ancien Testament au nom de la suprématie de la science et du monde matérialiste et a tenté de rééditer l’expérience avec le Coran.

Cette culture de résignation met dans l’embarras quiconque voudrait étudier les êtres et les phénomènes cités par la révélation coranique et la tradition islamique. Pour résister contre cette culture destructrice et stérile, les théologiens musulmans n’ont eu d’autre choix que de se replier et de s’isoler pour défendre l’authenticité de la foi et les sanctuaires sacrés de la religion que sont le système éthique, le droit islamique, le credo basé sur la communauté et le système de valeurs.

Autre fait important : c’est parce qu’ils ont adopté les expériences réussies de la technologie occidentale en les dépouillant des préjugés culturalistes occidentaux et en préservant leur culture religieuse et leur vision du monde que des pays comme la Chine, l’Inde et le Japon se sont lancés sur la fulgurante voie du développement et du progrès.

Malheureusement, c’est le contraire qui s’est réalisé dans les pays musulmans ou les avatars les plus douteux, les plus ésotériques et les moins efficaces de la philosophie et de la culture occidentales ont fait des ravages dans les milieux intellectuels musulmans. Les efforts de Mohamed Arkoun reflètent cette situation.

Ceci nous amène à parler de l’ordre de scientificité : dans sa relecture des textes sacrés, Mohamed Arkoun se dit préoccupé par la mise en place d’une méthode qui puisse libérer notre horizon intellectuel des vieux présupposés théologiques et philosophiques. Pour ce faire, il emprunte la voie suivie par la philosophie moderne, celle de Marx, de Nietzsche et de Freud3.

Ces trois philosophes ont assuré, selon lui, l’avènement de l’esprit objectif et le dépassement de la « conscience fausse » et prétendent ajouter au doute sur les choses, connue depuis Descartes et l’apparition du rationalisme, un doute sur la conscience4. C’est grâce à cette dernière qu’Arkoun se livre à une critique de l’Islamologie traditionnelle. « Ils reprennent, chacun dans un registre différent, le problème du doute cartésien […] Après le doute sur la chose, nous sommes entrés dans le doute sur la conscience5 » disait-il.

Ce processus intellectuel se heurte inexorablement à plusieurs obstacles philosophiques : – la consécration du doute rationaliste cartésien sur les choses du monde physique n’est pas chose acquise et définitive pour qu’on puise bâtir, sur ses bases, une philosophie critique encore plus radicale ayant pour nouvel objet, la conscience. Les progrès scientifiques du XXe siècle ont consisté essentiellement en une remise en cause des principes cartésiens. La révision intellectuelle rendue possible grâce à la science moderne ne s’est pas limitée aux notions d’espace et de temps et à la physique de la matière et de l’énergie, elle a même bouleversé le cœur même de la raison : la logique.

Cette révolution n’a été rendue possible que grâce à une intellectualisation profonde de la connaissance, une intellectualisation spirituelle et non à un renoncement superficiel aux apparences de notre perception. Ce puissant élan de l’intelligence traduit une participation à l’être nouménal.

Pour en avoir une idée claire, il suffit de rappeler la controverse entre les deux esprits les plus vastes que l’Occident ait produits au cours du siècle dernier. Afin de combattre la nature probabiliste du monde subatomique, Albert Einstein disait à Niels Bohr, le père de la mécanique quantique, « Dieu ne joue pas aux dés ». Ce dernier lui rétorque « ce n’est pas à vous de montrer à Dieu ce qu’il doit faire. ».

Les difficultés intellectuelles engendrées par les concepts d’espace et de temps absolus ont amené Newton à insérer un chapitre spécial, le fameux General Scholium, à la fin de ses Principia qui est un document spirituel6.

Ce raccourci d’histoire scientifique nous rappelle que ce n’est pas par l’entremise d’une systématisation du doute cartésien que la connaissance a atteint l’horizon sublime que nous admirons aujourd’hui, mais plutôt grâce à une interrogation profonde et à des convictions spirituelles solides.

Cette réalité montre que la systématisation du doute cartésien n’aboutit à rien et voilà que Mohamed Arkoun l’utilise sans hésiter pour considérer que les exégèses traditionnelles appliquées au Coran n’ont fait qu’ériger une « conscience fausse » du vrai et du faux, de l’absolu et du relatif, du bien et du mal et pour reconnaitre dans le langage du Coran, un langage de structure mythique.

Tournons-nous maintenant vers cette notion d’esprit objectif. Marx, Nietzche et Freud qui ont inauguré la philosophie postmoderniste n’ont pas véritablement assuré l’avènement de l’esprit objectif. Ils ont simplement mis le feu dans la citadelle philosophique en faisant entrer l’Occident dans une crise philosophique, politique et psychologique profonde dont il n’est pas sorti vraiment victorieux.

Après avoir assuré l’avènement de la raison dialectique appliquée au rôle de l’économie dans l’histoire, Marx a plongé les sociétés occidentales dans une lutte implacable des classes qui s’est soldée par des reversements apocalyptiques des rapports de force, ce qui a amené au pouvoir des régimes sanguinaires et dictatoriaux.

Nietzche a introduit une sorte de réflexion métaphilosophique sur « l’au-delà du bien et du mal », sur « la volonté de puissance » et sur « l’antichristianisme ». Mais cette méta-philosophie a fourni des prétextes et une légitimité intellectuelle au mouvement Nazi et à l’athéisme radical, même si ces conséquences ont été produites de manière indirecte.

Le Surhomme (Übermensch) de Nietzsche devait remplacer l’homme faible crée par la culture judéo-chrétienne et consacrer le triomphe de la seule chose créative et noble qui n’est plus pour Nietzsche, le bien ou le mal, mais la « volonté de puissance ».

Quant à Freud, il a révélé l’existence de ce vaste monde qu’est l’inconscient. Mais après avoir fourni une explication profonde des relations entre l’inconscient et le conscient, il a fini par verser dans une culpabilisation outrancière de l’homme en lui attribuant une pulsion de mort.

Cette évolution inquiétante a amené certains philosophes à qualifier ces exégèses interprétatives de l’économie, de l’éthique et de la psyché de pseudo-scientifiques, voire de non scientifiques. Karl Popper trace une ligne de démarcation nette entre les sciences et les pseudosciences en utilisant le critère de réfutabilité : ne sont scientifiques que les théories réfutables et « falsifiables». L’inconscient, la volonté de puissance et la lutte des classes sont des concepts difficiles à réfuter. De ce fait, elles ne peuvent pas être qualifiées, selon cet auteur, de scientifiques. Il est vrai que ces trois « maîtres du soupçon radical » ont crée un hiatus entre l’idéal de scientificité et la philosophie occidentale.

Il faudrait donc s’interroger sur le bien fondé d’une relecture des textes sacrés de l’Islam sur la base de ces philosophies effrayantes de la « rupture » et du « soupçon » qui se sont déployées dans des contextes intellectuels spécifiques à l’Occident et qui sont étrangères et inapplicables à une critique de l’Islamologie traditionnelle.

Dans sa lecture linguistique du Coran, Mohamed Arkoun décèle une structure langagière symbolique. C’est le corollaire du langage mythique. «Il faut en finir avec la dérision du « paradis d’Allah peuplé de houris lascives et où coulent les rivières de vin, de miel », etc. ; la traduction aggrave ici les dangers d’une évocation qui recourt à des images concrètes. Celles-ci ne prennent toute leur force et leurs valeurs suggestives que si on les rattache aux structures de l’imagination poétique chez les bédouins…7 ».

Même si Arkoun tergiverse sur le but de son analyse, il n’en demeure pas moins nécessaire de rappeler qu’aucun Musulman n’est prêt à renoncer aux évocations du Paradis et de l’Enfer comme images concrètes et réalités physiques de l’au-delà sous le prétexte qu’il est simplement extasié par leur symbolisme.

Par ailleurs, la linguistique symbolique à laquelle notre philosophe s’attache tend précisément à priver les concepts de la révélation de leur universalisme. Le recours à des notions approximatives comme l’imagination bédouine tend précisément à réduire la portée des idées universelles contenues dans le Coran par une contextualisation historique et une délimitation de l’horizon temporel.

Dans son étude de la structure mythico-symbolique de la révélation, Arkoun commet souvent une confusion entre le christianisme et l’Islam. Lorsqu’il parle du symbolisme de la conscience de faute, du symbolisme eschatologique et du symbolisme de la vie et de la mort, il reprend les lignes directrices de la philosophie théologique appliquée à la Bible.

Après tout, le christianisme n’est que la synthèse entre le judaïsme, la philosophie grecque et la civilisation romaine, ce qui lui donne des caractéristiques épistémologiques propres faites de dialectique, d’analogie et de thèses et d’antithèses.

Rien de tel en Islam dont les textes fondateurs sont la révélation et la tradition prophétique qui sont caractérisés comme on l’a développé dans les pages précédentes par l’unicité du discours divin, lui-même homogène, cohérent et robuste.

Les influences aristotéliciennes de l’époque des Abbassides n’ont été que de courte durée et la réforme intellectuelle d’Al Ghazali leur a portée un coup fatal dès le haut Moyen Age. La falsafa d’obédience grecque n’a pas influencé la théologie et la tradition et elle est restée confinée dans un corpus bien identifié. Le mutazilisme qui a été confronté à la sacra doctrina défendue par les théologiens à travers la controverse du Coran crée n’a pas été, lui aussi, marqué par les dogmes connus chez le christianisme.

Par ailleurs, l’islamologie appliquée n’a pas à attribuer une nouvelle intelligibilité à l’interprétation du texte coranique dès lors que l’intelligibilité traditionnelle a été acquise conformément à l’unicité du discours divin. Ce n’est pas le cas du christianisme qui ne repose pas sur une telle unicité sacrée puisque il a été grandement influencé par la philosophie grecque et la civilisation romaine.

C’est là qu’Arkoun s’égare puisque il confond toujours entre le christianisme et l’Islam. L’Islam n’est pas marqué par des constructions du monde (Weltanschauungen) construites au fil des siècles à l’instar du christianisme (trinité, eucharistie, etc.). Il est le pur produit du Coran, parole divine par excellence qui a fixé une fois pour toutes les limites du discours divin.

Par conséquent, une « déconstruction » scientifique n’est pas de mise pour appréhender les niveaux de signification des processus historiques qui ont généré les dogmes religieux. Aucun « dépassement » de la théologie traditionnelle, réclamée dans la méthodologie arkounienne n’est possible en Islam.

De plus, Arkoun tente de remettre précisément en cause ce que nous réclamons : l’homogénéité, la robustesse et la cohérence du texte coranique. Ce penseur distingue plusieurs niveaux différents du Coran : la parole de Dieu ou livre céleste ; le discours coranique comme transmission orale au Prophète Muhammad (QSSL) et enfin le texte écrit, le mushaf8.

Cette différenciation est dangereuse par ce qu’elle est la porte d’entrée vers la multiplicité des filières de la révélation divine et vers le relativisme puisque cet auteur tente de diluer la référence transcendantale du discours divin.

Arkoun reprend le crédo des mutazilites pour créer un fossé très dangereux entre la parole de Dieu et le mushaf. Ce penseur tente de faire remonter la reconnaissance du mushaf aux hanbalites et aux ascharites9 en prétendant qu’il existe un décalage entre sa transmission orale et sa codification en un texte écrit10.

Cette question n’a aucun intérêt et nous pensons que la puissance divine est parfaitement capable de préserver et de garantir la véracité de la révélation et l’identité entre la Parole Divine descendue au Prophète Muhammad et le texte codifié et de maintenir l’homogénéité, la robustesse et la cohérence du discours divin qu’elles que soient ses formes (orales ou écrites) par delà les siècles.

Pourtant, il y a une différence entre ce que les Mutazilites ont professé et ce qu’Arkoun propose : tandis que les Mutazilites ont affirmé que le Coran n’est pas la Parole Divine mais un texte crée par Dieu, Arkoun reconnait l’existence de la Parole Divine mais comme un niveau différent du Coran aux côtés du texte codifié et du livre céleste. Ces deux positions sont intenables et nous les rejetons au nom de l’unicité du discours divin, de sa cohérence et de sa robustesse.

Le texte coranique codifié renferme la Parole Divine descendue au Prophète Muhammad (QSSL) sans aucune multiplicité, ni décalage et cette parole divine a été préservée chez ses compagnons, non comme « second récepteurs » comme le prétend Arkoun11, mais comme détenteurs de manuscrits portant les versets du Coran entendus de la bouche du Prophète qui a répété ce que l’ange Jibril lui a inculqué. Ces versets ont été ensuite rassemblés en un texte coranique unique et codifié. Il n’y a donc aucun niveau du Coran mais seulement un processus simple et centralisé de codification de la parole divine.

Arkoun poursuit sa quête relativiste en évoquant cette fois trois niveaux de significations de la religion : la religion-force qui traduit les réponses aux grandes interrogations (destinée humaine, vie et mort, etc.) ; la religion-forme qui tend à pervertir le message authentique de la religion-force à des fins temporelles et normatives et la religion individuelle qui reflète les impératifs et les croyances issues d’une vie intérieure.

Peu importe la réalité historique d’une telle différenciation. On peut seulement dire qu’il n’y a qu’une seule religion révélée au sein de l’Islam qui marque la relation entre les Musulmans constitués en une Nation (Oumma) et Dieu.

Au-delà de l’islamologie appliquée et de la vision relativiste de Mohamed Arkoun, ce dernier a appelé à la promotion de l’humanisme en Islam.

Mais l’humanisme occidental est profondément ancré dans la spécificité de la civilisation et de l’histoire de l’Occident. L’héritage historique de la renaissance auquel il appartient contient également des choses monstrueuses : un regain d’intérêt pour la sorcellerie, la magie et les démonologies. Les succès de librairie de l’époque n’ont pas été les œuvres de Copernic et de Galilée mais les Démonologies de Porta et Cardan.

Même les savants ont été contaminés par cette bacchanale ésotérique qui ne s’explique que par la destruction du théocentrisme et de l’aristotélisme qui ont policé, durant tout le Moyen Age, les sociétés européennes. Cette juxtaposition historique n’a pas été accidentelle : il y a quelque chose de commun entre l’ésotérisme et l’humanisme : une vision du monde où tout gravite autour de l’homme et rien que lui. Cette vision s’est perpétuée en Occident et elle est inapplicable à l’Islam. Ce dernier est étroitement lié à la transcendance divine. Son humanisme provient de l’unicité divine et non de la solitude humaine.

Nous ne pouvons explorer tous les travaux des penseurs modernes de l’Islam, ce qui dépasse l’espace de cet article. Disons seulement que tous ces penseurs ont travaillé selon une vision qui ressemble à celle développée par Arkoun et qui reprend les grandes lignes de sa pensée.

Les réflexions de Fazlur Rahman sont moins controversées que celles de Mohamed Arkoun. Mais lui aussi s’est retrouvé embourbé dans ces réflexions abyssales sur la transmission de la révélation de Dieu au Prophète en explorant la dimension psychologique et cognitive de cette transmission.

Toutefois, d’autres penseurs se sont vraiment égarés en voulant étudier le Coran en le plaçant dans un environnement culturel particulier.

L’exemple d’Amin al-Khûli est révélateur. Ce dernier met l’accent sur l’arabité du Coran en arguant que la compréhension de l’environnement arabe mais aussi de l’esprit et du style arabes est primordiale pour le comprendre12. Or, cette manière de voir est erronée. Un bon croyant qui lit une traduction du Coran dans une autre langue serait tout aussi bien ému qu’un autre croyant qui le lit en arabe. L’universalité du Coran transcende tout particularisme linguistique.

Cette façon de voir à ouvert la voie à une orientation des recherches sur la Coran qui tend à le considérer comme un « texte littéraire ».

C’est Muhammad Khalafallâh qui est allé loin dans cette voie. Il est allé jusqu’à identifier des versets coraniques du genre parabolique et des versets à base de légendes13. Un tel travail montre qu’une réflexion sur le Coran qui s’éloigne de la transcendance du discours divin et qui s’aventure dans les sentiers escarpés de l’entendement ou de la passion humaine en étudiant le texte coranique comme un « texte humain » est condamné à l’échec.

Je souhaite juste donner un exemple : lorsque cet auteur considère que le récit de la table servie descendue du Ciel à la demande de Jésus14 (QSSL) comme un récit parabolique15, il s’égare complètement parce que ce récit qui est entendue comme véridique est le plus beau et le plus émouvant de l’histoire du monothéisme16 et dont on ne trouve aucune référence dans le christianisme qui est pourtant la religion de Jésus, tant le dialogue entre Jésus (QSSL) et Dieu qui est rapporté dans la sourate « La Table » nous laisse voir toute la plénitude de la puissance et de la mansuétude divine, mais aussi la foi et de la croyance de Jésus.

Le point culminant de cette aventure est la réflexion de Nasr Hamid Abû Zayd qui a voulu consacrer l’identification du Coran comme un texte littéraire et contextuel. Avec cet auteur, on s’aventure dans les décalages illusoires entre la Parole Divines le texte coranique, ce qui montre que l’héritage mutazilite a été dévastateur pour les intellectuels musulmans.

Voici ce que Abû Zayd en dit « le contenu original de la Parole de Dieu dans son absoluité inconnue- je veux dire avant qu’il soit exprimé en arabe est divin et sacré, alors que son expression manifestée n’est ni sacrée ni divine. Que l’on suive la doctrine mou’tazilite de « création du Coran » ou que l’on préfère la doctrine ash’arite la conclusion est la même : le Coran que nous lisons et interprétons n’est en aucune façon à la Parole éternelle de Dieu17 »

Il est inutile de poursuivre cette exploration des travaux des penseurs modernes tant il est clair que l’enjeu du débat sur le Coran est la reconnaissance ou pas des caractéristiques énumérées au début de cet article (cohérence, robustesse, autosuffisance, unicité du divin, etc.), une démarche qui rompt avec ces recherches sur la déconstruction soi-disant scientifique du texte coranique et de la théologie.

Ceci nous amène à approfondir notre analyse de la manière suivante : les penseurs qui ont été cités ont choisi comme un champ d’étude, le texte coranique en utilisant les sciences de l’anthropologie (lorsqu’ils abordent l’environnement culturel en distinguant des structures mythiques ou symboliques dans le texte coranique), de la psychologie (en examinant le processus de transmission du Coran entre Dieu et le Prophète) et de la sociologie (comme le fait Arkoun en étudiant les différents niveaux du Coran et plus généralement les niveaux de signification du religieux).

Ces sciences sociales ont été édifiées sur le modèle de la théorie scientifique selon le processus suivant : la compréhension et l’explication du monde physique se font à travers l’élaboration d’une théorie (disons la théorie de la relativité générale ou de la mécanique quantique). De la même manière, ces sciences sociales visent à expliquer les objets du monde social ou de l’univers psychologique en élaborant des théories. Par exemple, Arkoun a sa propre théorie sur les niveaux ou les structures mythiques du Coran.

Ce que je vais montrer dans la troisième partie de cet article c’est le fait que la théorie scientifique qui a servi de modèle aux théories élaborées par les penseurs modernes de l’Islam n’est ni cohérente, ni robuste, ni unifiée. Je vais démontrer qu’une théorie scientifique est composée de propositions atomiques qui ne sont pas toutes vraies.

Certaines de ces propositions ne sont ni vraies, ni fausses (indécidables) et il y a même des propositions fausses. Une telle structure hétéroclite devrait empêcher de considérer le savoir scientifique comme cohérent et robuste. En revanche, le discours divin contenu dans le texte coranique est cohérent et robuste sans l’aide du savoir humain renfermé dans les sciences sociales.

1 La première version de ce texte a été publiée en 1970 en préface à la traduction du Coran par Albert Kasimirski et il a été intégré dans le livre de Mohamed Arkoun « Lectures du Coran » (Editions Sénia, Alger, 2016, p.67). Se sont les idées contenues dans ce livre (édition précitée) qui sera examiné dans les pages qui vont suivre.

2 Ibid., p.73.

3 Ibid., p.83.

4 Ibid.

5 Ibid., p.84.

6 Cette citation figure dans nos articles antérieurs. Nous allons ici rappeler quand même le contenu de la citation de Newton : « Le Dieu suprême est un Être éternel et infini, omnipotent et omniscient ; sa durée va de l’éternité à l’éternité ; sa présence de l’infini à l’infini ; il gouverne toutes choses et connaît toutes choses qui sont ou peuvent être créées. Il n’est pas l’éternité ou l’infinité, mais il est éternel et infini ; il n’est pas la durée ou l’espace, mais il dure et il est présent ; il dure pour toujours et il est présent partout et, du fait qu’il existe toujours et partout, il constitue la durée et l’espace. Dieu ne subit rien du mouvement des corps, les corps n’éprouvent aucune résistance de la part de l’omniprésence de Dieu ».

7 Ibid., p.80.

8 Rachid Benzine Les nouveaux penseurs de l’Islam, Albin Michel, 2008, p.107.

9 Ibid.

10 Ibid.

11 Ibid.

12 Ibid., p.159.

13 Ibid., p.168.

14 Coran, Sourate 5, 112-115.

15 Op.cit. Benzine, p.168.

16 La sourate La Table est la sourate préférée du Prophète Muhammad (QSSL).

17 Nasr Hamid Abû Zayd Mafhûm al-Nass : Dirâsa fi Ulûm al-Qur’ân », le Caire, 1993.

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16 commentaires

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  1. Commençons par définir le concept de croyance: Estimer exact une supposition non démontrée. Par exemple, on suppose que l’Archange Gabriel a dicté un texte au Prophète Mohamed.
    – Il existe aussi des croyances scientifiques, dont le point commun avec la croyance religieuse est l’absence d’éléments de preuves. La théorie des cordes en est un exemple attristant.
    – Car le propre d’une théorie scientifique valable est sa réfutabilité. Exemple concret: L’hypothèse de l’antimatière à gravité négative (répulsive). L’immense mérite de cette théorie est qu’elle est vérifiable, donc infirmable. Car c’est paradoxalement la plus grande qualité de l’approche scientifique, que de se soumettre à la vérification. Ca implique aussi une évolution permanente de la connaissance, censurée par les faits, lesquels invalident souvent les hypothèses pourtant vraisemblables.
    – Exemple, la théorie de l’éther, au XIXème, invalidée par l’expérience de Mickelson et Morley. Pourtant, cette théorie expliquait presque tout, à commencer par la nature ondulatoire de la lumière, et la constance de sa vitesse, quelle que soit celle de l’émetteur. Ca nous confirme le fait que ce qui est vraisemblable n’est pas forcément exact.
    – Notons aussi le fait que les sciences n’ont pas la prétention de détenir une supposée vérité. Le juge de paix des théories scientifiques niche dans le réel. Applications opérationnelles, et prédictions vérifiables ou infirmables.
    – Enfin, les Livres saints ne produisent, ni applications concrètes fonctionnelles, ni prédictions vérifiables. Ils ne concurrencent donc pas les théories scientifiques. Et ils ne présentent un intérêt que, soit, pour ceux qui y croient, soit pour ceux qui étudient la mythologie. Cette dernière discipline constitue d’ailleurs une science. On parle bien sûr de l’analyse des croyances.

    • Votre commentaire semble s’appuyer, de prime abord, sur des concepts solides, mais il passe sous silence certains arguments:
      – Pour ce qui est de l’Archange Gabriel (que le salut de DIEU soit sur lui), il N’EST PAS SUPPOSE qu’il parlait au Prophète Mohamed (que le salut de DIEU soit sur lui). Il lui parlait EFFECTIVEMENT: Alors que des versets Coraniques sont révélés au Prophète, au milieu de ses compagnons, ceux-ci remarquèrent un changement dans la physionomie du Prophète, son visage devint rouge, il eût des tremblements (certains mécréants, témoins de la scène, l’accusèrent d’être un épileptique), son corps devint très lourd (témoignage de ABOU BAKR ESSEDIK que DIEU l’agrée).
      – Un jour, l’Archange Gabriel, sous la forme d’un Homme, questionna le Prophète, au milieu de certains de ses compagnons, sur la Foi, l’Islam, etc. A chaque fois que le prophète lui répondit, l’Archange rétorquait “tu as raison”. Ceci causa un étonnement chez ces compagnons du fait qu’il posait des questions dont il avait déjà les réponses: le Prophète leur expliqua par la suite qu’il s’agissait de l’Archange Gabriel. Notons que ceci ne pouvait être un scénario fabriqué entre le Prophète et ce questionneur. Autrement, le Prophète serait soumis, de la part de ce questionneur, à un chantage qui nuirait à la bonne continuité de sa mission !
      Par ailleurs, puisque nous sommes dans le contexte des propositions, voici ce que ça donne:
      P1: Mohamed dit que l’Archange Gabriel lui parlait
      P2: Une personne X doute (ne croit pas) en P1
      P3: les propositions P1 et P2 impliquent que pour X, Mohamed est peut-être (respectivement, certainement si X n’y croit pas) un menteur (HACHAHOU, que la paix de DIEU soit sur lui)
      Implication: P3 implique que, pour X, Mohamed n’est peut être pas un Prophète (respectivement, n’est certainement pas un Prophète) en tenant compte du fait qu’un Prophète NE MENT PAS (il lui est toutefois permis de le faire dans des cas précis: par exemple, le Prophète IBRAHIM que la Paix de DIEU soit sur lui, accusa la plus grande des idôles d’être celle avoir brisé une autre idôle. Au passage, ce Prophète ironisa, ici, sur la croyance de ces impies tout en secouant leurs consciences sur une telle idôlatrie).
      Avant de prouver, scientifiquement, que Mohamed (que la paix de DIEU soit sur lui) est un Prophète, montrons qu’il est IMPOSSIBLE POUR QUICONQUE de prouver l’INEXISTENCE de DIEU:
      Hypothèse:
      Supposons que DIEU existe et qu’il ne se soit pas manifesté (ni Livres, ni Prophètes, bref rien qui présagerait son existence).
      Les gens seraient alors tentés de dire que DIEU n’existe pas.
      Contradiction, car par hypothèse, DIEU existe.

      Pour ce qui est de montrer l’existence de DIEU et que Mohamed (que le salut de DIEU soit sur lui) est bien un Prophète, analysons quelques faits suivants:
      – Ô Mohamed, les montagnes te semblent immobiles, mais en fait elles se déplacent comme se déplacent les nuages -CORAN-: comment Mohamed pouvait-il le savoir ?
      – les Romains ont été vaincus (par les Perses) dans la plus basse terre, mais ils vaincront dans quelques années -CORAN-: Comment Mohamed pouvait-il savoir que cette victoire aura lieu ? comment saurait-il que le lieu où eût cette bataille (près de la mer morte) a la plus basse altitude du globe terrestre? (la science moderne le confirme). Étrange !
      Il existe plein de versets coraniques qui reflètent des miracles (scientifiques ou autres) , mais il n’est pas possible de les énumérer tous dans cet espace. Après ces passages Coraniques, passons maintenant à la Tradition Prophétique:

      – Ammar ibn Yasser (que DIEU l’agrée) sera assassiné: tels sont les dires du Prophète. Si ce compagnon était mort de mort naturelle (dans son lit par exemple), Mohamed ne deviendrait-il pas la risée de tout le monde? S’il n’était pas réellement un Prophète pouvait-il avancer un tel présage ?
      – A l’inverse, pour son compagnon Abou Dher El Ghifari (que DIEU l’agrée), le Prophète dît: Il mourra tout seul et sera jugé tout seul. A l’heure où les batailles entre les Musulmans et les mécréants étaient nombreuses, si ce compagnon mourût, assassiné, dans l’une de ces batailles, qu’en serait-il de la crédibilité du Prophète ?
      – etc.
      Par conséquent, à partir de là, se dégagent clairement l’existence de DIEU ainsi que la réelle Prophétie de Mohamed (que le salut de DIEU soit sur lui).

      Pour terminer, vous citez l’exemple de la théorie des cordes (exemple attristant, vous dites). Pourquoi ? Einstein, qui est le précurseur de cette théorie, développa de manière RIGOUREUSE et FORMELLE cette théorie. Seulement, il n’avait pas les moyens technologiques (télescopes et autres instruments) pour la confirmer. Ceci étant, je vous informe que cette théorie vient d’être (il y’a quelques mois) CONFIRMÉE ! (consulter le site: https://www.futura-sciences.com)

    • Avant de prouver, scientifiquement, que Mohamed (que la paix de DIEU soit sur lui) est un Prophète, montrons qu’il est IMPOSSIBLE POUR QUICONQUE de prouver l’INEXISTENCE de DIEU:
      Hypothèse:
      Supposons que DIEU existe et qu’il ne se soit pas manifesté (ni Livres, ni Prophètes, bref rien qui présagerait son existence).
      Les gens seraient alors tentés de dire que DIEU n’existe pas.
      Contradiction, car par hypothèse, DIEU existe.

      Pour ce qui est de montrer l’existence de DIEU et que Mohamed (que le salut de DIEU soit sur lui) est bien un Prophète, analysons quelques faits suivants:
      – Ô Mohamed, les montagnes te semblent immobiles, mais en fait elles se déplacent comme se déplacent les nuages – sens d’un verset CORANIQUE-: comment Mohamed pouvait-il le savoir ?
      – les Romains ont été vaincus (par les Perses) dans la plus basse terre, mais ils vaincront dans quelques années -sens d’un verset CORANIQUE-: Comment Mohamed pouvait-il savoir que cette victoire aura lieu ? comment saurait-il que le lieu où eût cette bataille (près de la mer morte) a la plus basse altitude du globe terrestre? (la science moderne le confirme). Étrange !
      Il existe plein de versets coraniques qui reflètent des miracles (scientifiques ou autres), mais il n’est pas possible de les énumérer, tous, dans cet espace. Après ces passages Coraniques, passons maintenant à la Tradition Prophétique:
      – Ammar ibn Yasser (que DIEU l’agrée) sera assassiné: tels sont les dires du Prophète. Si ce compagnon était mort de mort naturelle (dans son lit par exemple), Mohamed ne deviendrait-il pas la risée de tout le monde? S’il n’était pas réellement un Prophète, pouvait-il avancer un tel présage ?
      – A l’inverse, pour son compagnon Abou Dher El Ghifari (que DIEU l’agrée), le Prophète dît: Il mourra tout seul et sera jugé tout seul. A l’heure où les batailles entre les Musulmans et les mécréants étaient nombreuses, si ce compagnon mourût, assassiné, dans l’une de ces batailles, qu’en serait-il de la crédibilité du Prophète ?
      – etc.
      Par conséquent, à partir de là, se dégagent clairement l’existence de DIEU ainsi que la réelle Prophétie de Mohamed (que le salut de DIEU soit sur lui).
      Comme l’Islam et toutes les religions monothéistes affirment que tout être humain est issu de ADAM (que le salut de DIEU soit sur lui), la théorie de DARWIN ne tient donc pas debout ! Ceci étant, sans recourir à la religion, les adeptes de cette théorie pourraient-ils nous expliquer pourquoi cette évolution n’a pas concerné TOUS les singes ? Vous me diriez que l’environnement adéquat n’a pas concerné TOUS les singes, je vous dirais c’est quoi EXACTEMENT cet environnement adéquat ? Par ailleurs, pourquoi cette évolution s’est-elle ARRÊTÉE à l’Homme ? Attention, ne me dites pas que l’Homme acquiert, avec le temps, de plus en plus de connaissances. NON ! Ici, on parle d’évolution BIOLOGIQUE !

      Pour terminer, vous citez l’exemple de la théorie des cordes (exemple attristant, vous dites). Pourquoi ? Einstein, qui est le précurseur de cette théorie, développa de manière RIGOUREUSE et FORMELLE cette théorie. Seulement, il n’avait pas les moyens technologiques (télescopes et autres instruments) pour la confirmer. Ceci étant, je vous informe que cette théorie vient d’être (il y’a quelques mois) CONFIRMÉE ! (consulter le site: https://www.futura-sciences.com)

  2. Je ne comprends rien à ce galimatias et encore moins ses objectifs ; la science se trompe et pas le discours coranique ? À quoi cela est-il utile ? Une autre confrontation ?
    Entre les scientifiques athées (précipitamment… comme le fut Stephen Hawking, selon l’auteur-même du texte) et les autres ?

    Les scientifiques -mathématiciens, biologistes, anthropologues…etc.- n’ont-ils pas les moyens intellectuels et autres pour se faire eux-mêmes une idée de la question ?
    Les non-scientifiques ont-ils besoin -s’il est intelligible- d’un tel discours ?

    Pourtant le coran (texte de référence de l’auteur) dit bien dans la sourate 109 :”vous avez votre religion et j’ai la mienne” et ”vous n’adorez pas ce que j’adore et je n’adore pas ce que vous adorez”… ou encore dans la sourate 18 :” croit qui veut croire et ne croit pas qui ne le veut pas” ( mais dans la sourate 81 annonce :”vous ne pouvez vouloir, que si Allah veut”… pour la polémique), tout cela acceptant et séparant les uns des autres, sans conflit aucun. Alors pourquoi ce texte (étude ?) ?

    N’est-pas plus simple d’interroger l’histoire sur des milliers d’années, ou même plus, et de faire le constat de la contribution des sciences et de celle des religions au développement humain… ou, à contrario, à sa régression ?

    Quel a été, à l’être humain, l’apport de la religion et celui de la science ?
    Le reste est au mieux inutile, au pire néfaste.
    Le reste est

    • Bonjour Tahar,
      Justement, quand on interroge l’histoire des sciences, on s’aperçoit que la science a émergé de la religion.
      Il est difficile de nier leur imbrication pendant très longtemps et ceci jusqu’à nos jours. Ce que l’auteur dit, je ne sais pas si vous avez lu ses précédents articles, est que la confusion entre technique (qui n’a pas besoin de métaphysique) et science (dont les théories n’expliquent pas le réel et où la métaphysique reste un champ de prospection essentielle pour la réflexion) vous fait justement croire à tort qu’il y a confrontation ou opposition ou je ne sais quoi.
      Si par exemple, le christianisme à cause d’un clergé obtu a freiné la science, les chrétiens y ont contribué et pas des moindre : Plank (croyant), Bohr (croyant), Newton (croyant) etc. Quand vous les lisez, ils n’avaient aucun problème à parler de Dieu dans leur réflexion métaphysique et celle de leurs théories. Pourquoi cette gène de nos jours sinon que cela indique une main mise intolérante inutile des athées sur les sciences sans pour autant purifier la science de croyances (chose impossible) en imposant des croyances scientistes athées.

      Le Noble Coran, pour un musulman, arguments à l’appui difficilement contestables, n’a pas changé depuis ~15 siècles alors que la science a énormément changé dévoilant beaucoup plus de faux que de vrai. Cette constance démontre qu’en tout temps, le Noble Coran a été valable mais pas les théories scientifiques. Ainsi, il n’est pas illogique de penser que le texte possède une capacité transcendante. C’est également mon opinion sur la spiritualité coranique et il n’est pas étonnant que ce qui naît des musulmans en science transcende plusieurs disciplines sinon toute pour très longtemps : l’université a été une mosquée au départ et le premier docteur de l’histoire fut un arabomusulman imam et savant. De nos jours, c’est le modèle islamique université-docteur qui prédomine toujours. Tanscendant ainsi toutes les disciplines et tous les scientifiques de la planète.

      En substance, comme vous le notez si bien, croire ou ne pas croire est laissé au libre arbitre de l’humain doué de raison et de coeur. Il s’agit simplement d’accepter en retour qu’une théorie qui inclut Dieu n’est pas moins valable ni scientifique que celle qui ne l’inclut pas. Ceci bien évidemment dans le champ métaphysique et philosophique des théories scientifiques.

      Cordialement

      • @Kalim… bonjour, je ne comprends toujours pas ;
        vous écrivez : ”la science a émergé de la religion.” ??? Faudra l’expliciter, si pas le démontrer.

        vous écrivez :”Pourquoi cette gène de nos jours” quelle gêne ??? (il s’agit bien de cela et non de gène… génétique)

        Quant au reste je refuse d’entamer un débat sur la religion.

        • Vous ne connaissez donc pas l’histoire des sciences. Je m’arrêterai là également. Je comprends désormais que votre critique ne soit pas aussi pertinente qu’il le faudrait.

          • Kalim : Bravo, votre argumentaire mériterait une thèse !
            J’ aimerais pouvoir lire un développement des sciences, a la sauce Kalim !
            A moins que son intelligence soit si balaise, qu’elle ne puisse être vulgarisée, alors dans ce dernier cas, inutile, de venir faire le Kéké, dans les commentaires !

          • @cheyenne12,
            cela fait un petit moment que je le demande à Kalim,
            car :
            1-soit ce qu’il dit est vrai, et alors, il va révolutionner l’histoire et les sciences (honneur, invitation dans le monde entier…)
            2-soit ce qu’il dit ne repose sur rien, et il se contente élucubration sur des posts.(seul derrière un écran…)
            que chacun se fasse sa propre idées, personnellement je pense pour le choix 2. Mais si jamais, nous avions droit à une conférence, thèse ou autre manifestation pour exposer ses idées au grand jour, et faire face à des contradicteurs, je serai le premier à venir. Et si jamais, c’est lui qui avait raison, je ferai amende honorable. Bon je crois que je prend pas beaucoup de risque…
            cordialement

  3. Il y’a de la matière dans l’article de l’auteur, mais certains passages peuvent prêter à confusion:
    “Après tout, le christianisme n’est que la synthèse entre le judaïsme, la philosophie grecque et la civilisation romaine, ce qui lui donne des caractéristiques épistémologiques propres faites de dialectique, d’analogie et de thèses et d’antithèses.” Plus loin, il dit: “Ce n’est pas le cas du christianisme qui ne repose pas sur une telle unicité sacrée puisque il a été grandement influencé par la philosophie grecque et la civilisation romaine.” En substance, il dit “Rien de tel en Islam dont les textes fondateurs sont la révélation et la tradition prophétique qui sont caractérisés comme on l’a développé dans les pages précédentes par l’unicité du discours divin, lui-même homogène, cohérent et robuste.”
    En lisant de tels passages, on a l’impression que l’Islam est une religion de DIEU, mais pas le Christianisme (ou même le Judaïsme). De quel Christianisme (ou Judaïsme) parle l’auteur ? Celui de DIEU (qui ne peut être influencé par aucune philosophie ou autre civilisation – SOUBHANAHOU WA TAALA-) ou du “Christianisme” (“Judaïsme”) peaufiné par des humains pour l’ajuster à leurs intérêts ? Il faut préciser. Nous, les Musulmans, nous ne renions pas le vrai Christianisme, ni le vrai Judaïsme comme étant des religions de DIEU. Autrement, nous serions en contradiction avec nous-mêmes puisqu’elles émanent, toutes, avec l’Islam, du MÊME DIEU ! Evidemment, il y’a eu une succession de religions selon la complexification des sociétés et selon la Volonté de DIEU qui ont conduit les Musulmans à croire aux vraies religions antérieures à l’Islam, mais ce n’est malheureusement pas le cas pour d’autres “Croyants” (on croit en DIEU quand il s’agit de Jésus ou de Moise (que le salut de DIEU soit sur eux), mais on ne croit pas en Mohamed (que le salut de DIEU soit sur lui) en tant qu’envoyé du … MÊME DIEU !
    Ceci étant, pour le sujet en question, il faut faire la part des choses:
    – traduction littéraire du Coran vers une autre langue: dans ce cas, une personne CRÉDIBLE, maîtrisant parfaitement l’Arabe et l’autre langue, peut donner une traduction assez fidèle du Coran
    – interprétation de certains versets coraniques: dans ce cas, la maîtrise de la langue Arabe ne suffit pas.Il faut, en plus, disposer de connaissances en relation avec le(s) verset(s) concerné(s). Par exemple, comment peut nous interpréter, LE PLUS ÉRUDIT en langue Arabe, le verset Coranique suivant: … le jour où NOUS plierons le ciel comme NOUS plierions ESSIDJIL LIL KITAB. Pour un tel exemple, il faut maîtriser à la fois l’Arabe et l’astrophysique (ou association de savants de différentes disciplines) pour avoir une interprétation SCIENTIFIQUE assez fidèle.

    DIEU et son Prophète (que le salut de DIEU soit sur lui) sont plus savants.

    • Salam Omar,
      Justement c’est cette force transcendantale que tout musulman doit redécouvrir et renouer avec. Nous avons la capacité spirituelle à transcender toutes les religions et toutes les sciences. Car contrairement aux autres, nous ne sommes en lutte contre personne, en mode défense au pire et reconnaissons tout le monde. C’est un cadeau immense de Notre Seigneur, l’Unique.

      Par ailleurs, l’auteur ne fait que cibler ce qui est pour les chrétiens et les juifs sans entrer dans l’analyse et en prenant en compte leur croyance pour comprendre leur cheminement et leur pensée. A ce titre, l’inverse n’est jamais vrai car notre croyance n’est jamais prise en compte par eux. Ceci est une force pour nous quand cela est fait en connaissance de cause et en toute conscience de la Vérité.

      Salam

  4. Le Noble Coran a été révélé en une langue claire : l’arabe. Si effectivement, une traduction n’empêche pas à ce que Dieu puisse atteindre les coeurs, cette traduction se révélera toujours limitée pour ceux qui souhaitent étudier le Noble Coran. On ne peut pas apprécier entièrement la beauté de la révélation via les traductions, c’est faux d’affirmer le contraire. Même si encore une fois, je suis d’accord sur le fait que Dieu donne de Sa Science à qui Il veut.

    A Dieu appartient la puissance et pas à Marx ou je ne sais qui. Il s’agit bien évidemment de lire et comprendre ce qui se fait mais un effort de correction du faux doit toujours être entrepris. Je suis entièrement d’accord avec l’auteur sur ce sujet.
    Pour certains, la Chine, le Japon etc ont réussi là où les musulmans ont échoué. Mais si faire travailler son peuple comme des esclaves et les faire suicider en copulant avec des poupées est une réussite et bien soit. Et si l’échec des musulmans est un manque de puissance matérielle pour les prémunir de guerres injustes alors qu’ils réussissent très bien économiquement quand on ne les agresse pas et bien soit.

    Donc à la différence des fatalistes aveugles dès qu’on parle des musulmans, pour moi le monde musulman a réussi à ne pas succomber à l’imposture. C’est le seul qui résiste. Et je suis bien conscient que si ses ennemis annoncés n’étaient pas ravageurs et belliqueux, il s’en porterait beaucoup mieux. Le problème vient justement de ceux qui cherchent ailleurs des excuses bidons pour ne pas voir la réalité en face. Patience, cette puissance matérielle commence à émerger. Il suffit comme le font très bien les différents pays de résister à l’assaut ravageur de la plus grande escroquerie des deux derniers siècles.

    Rappelons que ce qui a détruit le monde musulman culturellement furent les campagnes impérialistes tantôt anglaises tantôt les autres qui consistèrent à détruire toutes les madrassas et assassiner tous les grands érudits (cf également l’Irak et la protection syrienne des universitaires de renom alors que les USA cherchaient à les assassiner). A Dieu appartient le renouveau.
    La connaissance appartient à Allah swt et Il la donne à qui Il veut. Le monde musulman est en train de s’éveiller, laissons lui le temps. La tâche est gigantesque.

    • “si faire travailler son peuple comme des esclaves et les faire suicider en copulant avec des poupées” , réduire deux civilisation millénaire à sa est proprement lamentable, raciste et méprisant, cela éclaire correctement le caractère de l’auteur.

      “ils réussissent très bien économiquement quand on ne les agresse pas” évidement c’est pas de ta faute, c’est les autres, ils sont tellement méchant…et faudrait pas assumer non plus.

      “pour moi le monde musulman a réussi à ne pas succomber à l’imposture. C’est le seul qui résiste.” c’est toujours facile d’écrire cela quand on vie en France…la soupe est bonne?

      “Patience, cette puissance matérielle commence à émerger”, on se demande bien ou, a part dans votre imagination fertile

      encore une fois, un post pour ne rien dire…

  5. « …C’est parce qu’ils ont adopté les expériences réussies de la technologie occidentale en les dépouillant des préjugés culturalistes occidentaux et en préservant leur culture religieuse et leur vision du monde que des pays comme la Chine, l’Inde et le Japon se sont lancés sur la fulgurante voie du développement et du progrès…. » Alors que serait la « fulgurante voie de développement » de la Chine si elle n’avait pas pris de recul avec elle-même et ses traditions, grâce au marxisme et à la synthèse Sun Tse-Confucius-Marx-Mao Zedong-Deng Xiaoping? Que serait celle du Japon s’il n’avait pas pris de recul avec lui-même en s’inspirant des modèles nationalistes européens puis libéraux européens et américains ? Que serait celle de l’Inde si elle n’avait pas pris du recul en s’inspirant du modèle social-libéral via la pensée de Gandhi puis celle du parti du Congrès ? Et au final, pourquoi les écoles islamiques de l’Inde sont elles plus créatives intellectuellement que celles du Pakistan ? Ne serait-ce pas parce que les premières ont introduit une dialectique créative entre sciences modernes et modernistes, savoir islamique accumulé mais souvent entré en stagnation et émulation avec les écoles indiennes …et hindouistes, capables de s’ouvrir sur l’Occident pour le compléter et le dépasser, ce qui ne s’est pas fait au Pakistan où l’on a continué à ânonner les « vérités immuables » d’avant la colonisation mais aussi d’après la décadence de l’ijtihad (lire Farid Esack par exemple). Affirmer que le marxisme débouche sur des régimes dictatoriaux et sanguinaires, c’est comme si un marxiste affirmait que l’islam débouche sur des régimes dictatoriaux et sanguinaires, saoudite, taliban, daechiste, al qaïdiste, ikhwanis, militaires, AKP, el Bechir, Yahya Khan, Suharto, Shah, etc. On ne peut pas réduire une dynamique historique à certains de ses effets « collatéraux » …en oubliant l’essentiel …la question étant du coup de savoir si, par exemple le wahhabisme n’est qu’un effet collatéral d’un mouvement créatif et dynamique, ou une perversion à la base. Et la dynamique scientifique « occidentale » n’est elle pas avant tout le résultat, peut-être réducteur c’est à voir, mais quand même le résultat de la dynamique islamique et donc post-coranique, de l’époque où les musulmans ne distinguaient pas science religieuse et science profane, et philosophie issue de la pensée antique de la croyance issue de la trajectoire prophétique ? Et n’a-t-on pas intérêt à dialoguer sur ces sujets avec tous les savants de toutes les religions et tous les savants de tous les doutes rationalistes prêts à en débattre dans un respect mutuel pour chercher ensemble la voie de la vérité, ici et maintenant, demain et pour toujours ? Arkoun n’est sans doute pas le summum intellectuel de la tentative de marier les démarches. …contradictoires ? Opposées ? Complémentaires ?

    • Bonjour,
      je présent que Kalim va vous expliquer que tout viens du monde arabo-musulman qui est toujours à la point de tout, et ce dans tout les domaine (même si lui perso vie en France….faut quand même pas exagérer, c’est pas si mal le confort)

  6. Le Coran appelle la Oumma à s’unir “comme les pierres taillées imbriquées les unes dans les autres”.
    Mais les “musulmans” font exactement le contraire !
    Un milliard et demi de “musulmans” dans le monde se font humilier par une poignée de sionistes qui profanent tous les jours leurs lieux saints en Palestine, entre autres !
    De quels musulmans parle-t-on ?

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