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Le Coran et le cœur : vers une symbiose spirituelle

« Le Coran est beau en surface et immense en profondeur ; ses merveilles sont impérissables. On ne cesse d’y faire des découvertes ; les ténèbres ne peuvent être dissipées que par lui » (Ali qu’ALLAH l’agrée). Le coran est un message universel qui interagit avec la singularité de chaque être. Sa façon d’interpeller la conscience humaine envahit la profondeur de l’être.

En effet, le Coran s’adresse à chaque être selon ses besoins, ses faiblesses et ses blessures. Mais au final, le contact spirituel avec le Coran produit les mêmes effets indéniables : une empreinte spirituelle qui produit une tranquillité de l’esprit et un soulagement des soucis et procure à votre âme une sérénité indélébile. ALLAH Soit Il exalté dit « Ceux qui ont cru, et dont les cœurs se tranquillisent à l’évocation d’Allah. Certes, c’est par l’évocation d’Allah que les cœurs se tranquillisent. » (Tonnerre, v 28).

ALLAH Soit Il exalté a qualifié son livre de ‘Roh’ (l’âme) : « C’est ainsi que Nous t’avons révélé une âme [le Coran] par un effet de Notre ordre ». Peut-on imaginer la vie d’un corps sans le souffle d’âme ?! Non, car tout simplement, l’âme est l’essence de la vie ! De même, la vie spirituelle du cœur dépend d’un autre souffle de vie, mais cette fois-ci, c’est le souffle du coran. Le coran est l’oxygène du cœur et la nourriture céleste de l’âme.

Le récepteur (le cœur) est de même nature que l’émetteur (le Coran). Ils sont tous deux qualifiés de nature céleste « l’âme » ! En effet, le cœur demeure le récepteur principal du message divin, même si la raison participe au ravitaillement du cœur avec les ingrédients de la pensée lucide. ALLAH dit : « L’Esprit fidèle est descendu avec lui (le coran) sur ton cœur » . C’est dans cette perspective que le Coran suscite maintes fois l’intelligence du cœur tout d’abord dans le processus de méditation (Tadabûr), en disant : « Ne méditent-ils pas sur le Coran ? Où y a-t-il des cadenas sur leurs cœurs ? ». L’un des sages disait dans ce cadre : « La foi doit précéder l’intelligence pour que l’intelligence soit la récompense de la foi ».

Quand la terre est asséchée, elle dirige son regard vers le ciel, le visage fissuré, dans l’attente d’une goutte d’eau du ciel, qui pourrait assouvir sa soif. Au contact de la pluie, la terre respire à nouveau et s’embellit avec ses jardins ! Il en est de même du cœur au contact du Coran. Tourner son cœur vers le ciel en attendant la descente des gouttes douces de ses versets redonne de la vie ! Lorsque ses gouttes pénètrent votre cœur, elles irriguent votre conscience et embellissent la foi. C’est cette belle analogie que le coran nous invite à méditer dessus : ‘Le moment n’est-il pas venu pour ceux qui ont cru, que leurs cœurs s’humilient à l’évocation d’Allah et devant ce qui est descendu de la vérité [le Coran] ? Et de ne point être pareils à ceux qui ont reçu le Livre avant eux.

Ceux-ci trouvèrent le temps assez long et leurs cœurs s’endurcirent, et beaucoup d’entre eux sont pervers. Sachez qu’Allah redonne la vie à la terre une fois morte. Certes, Nous vous avons exposé les preuves clairement afin que vous raisonniez.’ (V 16 et 17, le fer). Au final, l’état d’un cœur qui ne respire pas avec l’oxygène du coran ressemble à l’état d’un poisson qui quitte sa source de vie : l’eau. La porte de méditation se ferme à un cœur distrait et une conscience insoucieuse. ALLAH dit : « En vérité, ce ne sont pas les yeux qui se trouvent atteints de cécité, mais ce sont les cœurs qui battent dans les poitrines qui s’aveuglent » .

Dés que le cœur se déconnecte du Coran, il perd de sa sensibilité spirituelle et il pourrait même dépasser le durcissement de la pierre solide. Qu’ALLAH nous en préserve ! Même si une goûte d’eau pourrait même pénétrer dans les profondeurs des roches. : « Puis, et en dépit de tout cela, vos cœurs se sont endurcis ; ils sont devenus comme des pierres ou même plus durs encore ; car il y a des pierres d’où jaillissent les ruisseaux, d’autres se fendent pour qu’en surgisse l’eau, d’autres s’affaissent par crainte d’Allah. Et Allah n’est certainement jamais inattentif à ce que vous faites » (La vache, 74.)

Une montagne avec sa grandeur et sa force se pulvérise à la rencontre du coran ? ! ALLAH dit : « Si Nous avions fait descendre ce Coran sur une montagne, tu l’aurais vu s’humilier et se fendre par crainte d’Allah. Et ces paraboles Nous les citons aux gens afin qu’ils réfléchissent. » (Exode, 21). Comment le cœur dans sa fragilité humaine est-il capable de supporter la lourdeur d’une telle parole ? !

Un cœur qui n’est pas réactif à l’appel coranique est un cœur qui se laisse embarquer dans la passion et s’autodétruit spirituellement. ALLAH nous parle de ce processus d’autodestruction spirituelle : « Et n’obéis pas à celui dont Nous avons rendu le cœur inattentif à Notre Rappel, qui poursuit sa passion et dont le comportement est outrancier » (Caverne, V28).

Or, un contact réussi avec le coran est tributaire d’un échange dynamique et une disponibilité accrue. En effet, échanger efficacement avec le coran, c’est le sollicitez sincèrement et l’interrogez utilement. Ali Ibn Abu Taleb qu’ALLAH l’agrée, a-t-il dit en ce sens : « Ceci est le Coran : Faites le parler » . Si le texte est muet et immuable, votre réalité est plutôt parlante et changeante.

Chacun détient à lui seul la bonne clé pour déverrouiller sa conscience et interroger son être au cours de l’échange avec le texte coranique. ALLAH dit « Mais l’homme sera un témoin perspicace contre lui-même, quand même il présenterait ses excuses » (V14, 15, S75) et il dit « ‘[…] Il y a certes, en cela, un rappel pour quiconque a un cœur, prête l’oreille tout en étant témoin » . Être témoin, c’est être présent et observer ! Une écoute attentive de l’oreille mariée avec une attention soutenue du cœur permet une bonne résonnance avec l’esprit du Coran.

Vivre intensément la rencontre avec le Coran consiste à s’asseoir humblement devant lui, tel un patient devant son médecin, dans une relation de confiance ! Prendre le recul nécessaire pour lui communiquer vos peurs, et lui annoncer vos faiblesses !

Au cours de cette thérapie spirituelle, le coran scanne vos défauts, remédie à vos soucis et déniche vos besoins. Une voix qui vous parle individuellement avec la symbolique qu’elle représente suscite un sentiment mêlé de privilège inestimable et de responsabilité énorme. Une voix qui vous fait naviguer dans l’océan coranique au cours d’un voyage solitaire, qui transcende le temps et traverse l’espace !

ALLAH dit : « Certes, c’est toi qui réceptionneras le Coran, de la part d’un Sage, d’un Savant ». Réceptionner le coran, consiste à se mettre dans des conditions optimales de vigilance pour recevoir un objet tellement précieux du ciel ! Le Prophète que la prière et le salut soient sur lui disait à juste titre  :« Lisez le Coran tant que vos cœurs sont rassemblés autour de lui. » Donc l’échange réel avec le Coran aboutit à une symbiose entre le cœur et celui-ci. Oublier qu’ALLAH vous parle au moment de sa lecture, c’est engager un dialogue sourd et entamer une communication muette avec le coran.

Un cœur empreint de ce ressenti fort qu’ALLAH lui parle à travers sa parole ne peut que verser des larmes d’euphorie en tournant son visage vers le Transcendant : « Et récite le Coran, lentement et clairement. Nous allons te révéler une parole lourde. En vérité, la prière de la nuit laisse une profonde empreinte et permet une plus grande concentration » (L’Enveloppé 73/1-7).

C’est une “parole lourde” selon l’expression coranique ! C’est pourquoi, au début de la révélation, le Prophète et ses compagnons se préparaient spirituellement avec la prière de la nuit, pour réceptionner le message divin. ALLAH le Très haut : « “Nous avions proposé aux cieux, à la terre et aux montagnes la responsabilité. Ils ont refusé de la porter et en ont eu peur, alors que l’homme s’en est chargé ; car il est très injuste [envers lui-même] et très ignorant » (les coalisés, v 72) ».

Quel beau portrait dressé par ce passage coranique ! Une récitation lente du Coran dans le silence de la nuit : Une intelligence qui déchiffre ses sens, une oreille qui filtre sa voix, et un cœur qui embrasse ses mots.

Avec la compagnie du Coran, l’essentiel ne vous échappe pas et la frustration ne vous gagne pas. Sa voix rassurante vous soulage et sa main tendre vous procure de l’espoir et de la confiance. Au fil de cet accompagnent du coran, une intelligence intellectuelle et émotionnelle se construit, qui sert de repérage dans le vacarme du monde. En conclusion, secouons l’arbre du Coran pour espérer récolter ses fruits. Le Coran ne vous inspire que si vous y aspirez. Il deviendrait alors une entité dynamique qui transparaît subtilement dans votre pensée et oriente solennellement votre comportement.

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