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La rumeur de la mort de Bouteflika a mis Alger dans tous ses états

Affolement à tous les étages, remous dans le sérail politique, émoi sur la Toile, la folle rumeur qui s’est propagée comme une traînée de poudre, ce vendredi, en début de soirée, a mis Alger dans tous ses états, et pour cause !

«Le président Abdelaziz Bouteflika serait décédé», la nouvelle, délivrée par un journaliste français Alain Julles sur son blog, a fait l’effet d’une bombe que les plus sceptiques tentèrent de désamorcer, tandis que le bruit courait à vive allure dans la capitale algérienne, parvenant même aux oreilles de certaines chancelleries étrangères.

Des officiels aux relais d’opinion, en passant par les simples citoyens, chaque Algérois, envahi par le doute, était en quête de vérité au cours de ce vendredi soir mouvementé, ElWatanrapportant que des ambassadeurs se tournèrent vers des journalistes pour démêler le vrai du faux.

Alger est certes coutumière du fait, les ouï-dire sur l’état de santé alarmant de Bouteflika allant bon train depuis 2005. Il faut dire que les apparitions publiques du chef de l’Etat algérien, de plus en plus rares au fil des années et sans explication officielle, ont contribué à apporter de l’eau au moulin de toutes les conjectures.

Mais quel crédit pouvait-on accorder à cette info tombée du ciel, ou plutôt de nulle part, et plus inquiétant encore, prise pour argent comptant par nombre de personnes et de sites ?

Née de l’absence remarquée de Bouteflika lors du récent remaniement gouvernemental, la conclusion selon laquelle il aurait quitté la scène de la vie a été très vite tirée par le dénommé Alain Julles, et d’autres colporteurs de ragots de son espèce.

L’extrême légèreté, intentionnelle ou non, du blogger français soulève de nombreuses questions sur l’absence de déontologie journalistique qui règne sur le Net, où la recherche du scoop fracassant est privilégiée à l’info vérifiée, car c’est le buzz assuré… Mais loin de se démonter, le principal intéressé impute la faute aux autorités algériennes, en leur reprochant de ne pas avoir immédiatement démenti la nouvelle.

C’est tard dans la nuit que les couche-tard, ou ceux que l’annonce de la mort de Bouteflika a rendus insomniaques, ont su le fin mot de l’histoire : le président algérien est en vie, comme l’a indiqué le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Amar Belani, qui a déploré "des rumeurs malveillantes qui n'honorent pas leurs auteurs et qui ne méritent pas que l'on s'y attarde, tant elles sont indignes et méprisables".

Alger a pu enfin fermer l’œil, et s’endormir du sommeil du juste, ou peut-être pas…

 

 

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