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La presse anglo-saxonne fustige l’interdiction du burkini en France, entre ironie et indignation

Loin de nos rivages marécageux où, été comme hiver, l’on prend plaisir à s’embourber dans des polémiques islamophobes paroxystiques, la tempête dans un verre d’eau autour du burkini fait jaser et se gausser de cette France qui ne connaît aucune trêve pour embraser les esprits, même quand ils ont les idées vagabondes, les doigts de pieds en éventail sur les plages…

Véritable tsunami déferlant sur nos côtes et nos villes, l’interdiction de la parure de bain jugée trop couvrante pour être autorisée à profiter des joies de la baignade fait aussi des vagues à l’étranger, notamment chez la Perfide Albion, mais de celles qui charrient stupeur, sarcasmes et consternation.

"Les autorités devront distinguer les nageurs en burkini et ceux en combinaison de plongée", ont persiflé des journalistes de la BBC, tandis que le Guardian, très inspiré par cette forte houle à la française, a trouvé les 5 bonnes raisons de revêtir un burkini et « pas seulement pour ennuyer les Français », dont entre autres : « rendre fous les médias », « économiser de la crème solaire », et « défier le ridicule » de cette controverse politicienne qui crée de violents remous au moment où l’Hexagone s’est mis au vert.

 

Plus virulent que moqueur, le Telegraph s’est livré à un véritable réquisitoire contre l’hystérie aoûtienne attisée, depuis leur tour d’ivoire, par des agités du bocal du parti Les Républicains, dénonçant un "acte de fanatisme idiot".

"Il n'y a absolument aucune preuve pour dire que les femmes qui portent des burkinis sont d'une certaine manière liée au terrorisme", rétorque le journal aux propos irresponsables du directeur général des services de la ville de Cannes qui perçoit dans le burkini « une allégeance à des mouvements terroristes qui nous font la guerre ». Une pure vue de l’esprit derrière laquelle il est facile, en revanche, de déceler des divagations bassement électoralistes !

Et de poursuivre : "Il est plus probable que cela aliène et fâche les musulmans modérés", avant d’enfoncer le clou : "ceux qui veulent bannir le burkini oublient une des valeurs les plus importantes d'une société libre: nous n'avons pas besoin de tous croire en la même chose pour vivre ensemble".

En traversant l’Atlantique, la vague médiatique de l’ironie n’a cessé de grossir pour s’abattre avec une force très corrosive dans l’International New York Times. "La France désigne la dernière menace sur sa sécurité: le burkini", a titré le journal, pendant que Hilary Hanson, journaliste au Huffington Post américain, s’est indignée de cette mesure "stupide et sexiste". "C'est absurde et statistiquement faux de confondre musulmans et terroristes. Et les gens opposés à l'interdiction soulignent que ces arrêtés ne vont pas arrêter l’extrémisme, mais participeront à l'isolement d'une communauté", s’est-elle insurgée.

  

Selon elle, "toutes les femmes qui choisissent de porter un burkini ne sont pas musulmanes". "Certaines juives orthodoxes", arborent ce maillot de bain très enveloppant, souligne-t-elle, en rappelant que la célèbre cuisinière britannique Nigella Lawson l' a elle aussi revêtu. "D'autres femmes peuvent tout simplement se sentir plus à l'aise sans avoir à exposer leur corps", ajoute Hilary Hanson.

Cette énième tempête dans un verre d'eau, qui trouble nos mers d’huile et fait gronder l’orage du populisme en plein mois d’août, sidère plus d’une musulmane de l’autre côté de la Manche, la BBC ayant récolté plusieurs témoignages édifiants de citoyennes britanniques, voilées et non voilées, qui restent interloquées devant la perception française de la pudeur, son instrumentalisation délétère et ses ravages sur nos rivages, de plus en plus bourbeux…

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Lettre à la France

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