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La première candidate voilée aux élections européennes est Grecque

Sa candidature aux élections européennes, le 25 mai prochain, constitue déjà en soi un événement, et nul doute que son entrée par la grande porte au sein du temple législatif de l’UE ferait sensation, la Grecque Anna Stamou n’est pas femme à se laisser impressionner par la montée de l’islamophobie et la résurgence violente du néo-fascisme dans son pays, mais au contraire à se dresser contre ces deux fléaux en se présentant voilée à la députation.

Son hijab sur la tête et portant haut les couleurs du parti des Verts, cette ancienne professeure de yoga, née dans un foyer de chrétiens orthodoxes et convertie à l’islam à l’âge de 30 ans, qui a épousé le président de l’Association musulmane de Grèce, est parée à l’attaque et contre toutes les attaques, même les coups les plus bas qui ne manqueront pas de fuser dans les rangs des nazillons de l’Aube Dorée, déterminée à parachever son objectif suprême : juguler l’hémorragie des actes et agressions islamophobes et garantir l’égalité religieuse, fragilisée et mise en péril, de la communauté musulmane.

"J'ai été nommée candidate du parti Eco-Verts, membre du parti européen des Verts, car il reflète parfaitement mes opinions. Si je suis élue, je m’engage à me battre pour l'égalité des droits pour les musulmans et la prévention de la discrimination anti-musulmans", telle est la profession de foi d’Anna Stamou, la première candidate voilée de Grèce qui pourrait réussir un doublé historique si jamais elle devenait également la première députée européenne à sièger sous ce voile honni, accusé d’aliéner celles qui l’arborent mais aussi d’annihiler leurs facultés intellectuelles.

Lors du dernier scrutin de 2009, le parti grec des Verts s’était illustré par une incursion à pas feutrés dans le centre névralgique du pouvoir de l’UE, ne raflant qu’un seul siège. Loin d’entamer sa volonté, ce piètre résultat est une source d’émulation pour l’outsider Anna Stamou qui escompte bien l’effacer, tout en relevant le défi majeur d’imposer sa candidature dans un pays qui va prochainement doter sa capitale et berceau de la démocratie, Athènes, de sa première grande mosquée, après des années d’atermoiements politiques et administratifs qui ont fait de la Grèce la lanterne rouge de l’islam en Europe.

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