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Cheikh Nazim al-Haqqani, une illustre figure du soufisme n’est plus

C’est l’une des plus influentes figures contemporaines du soufisme qui vient de s’éteindre, Cheikh Nazim al-Haqqani, savant musulman turc et guide de l’Ordre Naqshbandi, un mouvement né en Asie centrale au début du deuxième millénaire, a rendu son dernier soupir à l’âge de 92 ans, laissant derrière lui le souvenir impérissable de son extraordinaire charisme pour ses disciples inconsolables, de ses enseignements qui favorisèrent la diffusion de la mystique islamique en Occident, dans le sillage de la controverse qui entourait son personnage jugé haut en couleur par ses détracteurs.

Issu d’une grande lignée de soufis, descendant par son père de Cheikh Abd al Qadir al-Jilani (fondateur de la confrérie Qadiriyya) et par sa mère de Mawlana Jalal Ud Din Rumi (fondateur de la confrérie des Derviches tourneurs), ce chef spirituel et grand Mufti de Chypre avait initié un large mouvement spirituel à l’échelle planétaire, qui a conquis nombre de convertis en Europe et aux Etats-Unis, ses adeptes évoquant tous avec émotion la « Baraka » qui émanait de lui.

Très critique envers le wahhabisme, Cheikk Nazim, qui a marqué de son empreinte l’Occident, se disait proche du Prince Charles au point de prétendre avoir converti l’héritier de la Couronne Britannique à l’islam, s’attirant de fortes inimitiés pour le ton messianique alarmiste de ses enseignements dans les années 1980, certains lui reprochant également de sélectionner ses disciples sur la base de critères ethniques, ou encore de se livrer parfois à des tirades anti-chiites, quand d’autres ne lui ont pas pardonné son soutien discret à Tony Blair et Georges Bush dans la guerre « contre le terrorisme ».

A Lefke, dans la partie nord de Chypre occupée par la Turquie, Cheikh Nazim, au soir de sa vie, sortait en fauteuil roulant et avait pris l’habitude de prononcer ses sermons depuis sa chambre en vue d’une diffusion sur le Net. En 2010, quatre des mineurs bloqués sous terre en Chili lui avaient rendu visite pour le remercier de son soutien spirituel, tandis que Yusuf Islam, alias Cat Stevens, était un de ses familiers, venant à sa rencontre ou prenant de ses nouvelles régulièrement. Alors qu’il était hospitalisé en soins intensifs, Cheikh Nazim a été traité par les médecins personnels du Premier ministre turc, envoyés à son chevet sur ordre de ce dernier.

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