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“La haine est facile. C’est l’amour qui exige la vraie force”, une campagne musulmane s’affiche à New York

Le piège de la communication se refermerait-il sur sa plus machiavélique conceptrice, celle qui a projeté son islamophobie viscérale sur des affiches inflammables dans le métro de New York, afin de parachever un plus large dessein ?

Pamela Gellar, la figure de proue de « Stop Islamization of America », n'en finit pas de faire des émules chez ceux qu’elle voue aux gémonies, chez ces musulmans américains qui la prennent aujourd'hui à son propre jeu en désamorçant sa haine sur papier glacé.

Fleurissant à New York dans dix stations de métro, « Talk Back to Hate » est un nouveau concept de communication élaboré par Akiva Freidlin, qui apporte une bouffée d’oxygène dans un espace public asphyxié par les slogans sensationnalistes et anti-musulmans.

"J'ai eu l’idée de ce projet parce que, comme beaucoup de gens avec qui j’en ai parlé, ces campagnes de communication qui souillent nos valeurs les plus fondamentales sont insupportables et très dangereuses à terme", a-t-il expliqué à la presse locale, précisant : "ces campagnes sont redoutables car elles diabolisent l’islam et tentent de déstabiliser les musulmans, tout  en cherchant à exploiter les peurs et à attiser le ressentiment de nos concitoyens".

Ripostant par une accroche qui appelle à s’élever au-dessus de ce torrent de boue, la campagne  conçue par Akiva Freidlin met en valeur un visuel très évocateur qui ne devrait laisser aucun New Yorkais indifférent : sur une illustration de Big Apple entourée d’une paire de bras, figure le slogan suivant : « La haine est facile. C'est l'amour qui exige la vraie force et du courage».

Parmi ses généreux donateurs, Omar Gaya est l’un des plus investis, convaincu du bien-fondé de cette contre-attaque musulmane. Pour ce spécialiste de la bio-pharmacie, il était urgent que la voix des musulmans se fasse entendre pour humaniser l’islam et le réhabiliter : "Nous devons nous manifester ou bien nous risquons de laisser la haine de quelques-uns contaminer les esprits, et pervertir les valeurs de liberté et de tolérance qui nous sont si chères".

Très critique envers la redoutable machine de guerre mise en branle par Pamela Gellar et sa fine équipe de pro-sionistes américains, Jessica Nepomiachi, consultante en politique publique, a, pour sa part, insisté sur le devoir qui incombe aux autorités de New York de faire des transports publics, si ce n’est un havre de paix, au moins un lieu de fierté privilégiant les échanges apaisés et réfléchis, et non un champ de bataille peu glorieux.

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