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La France coupable de “génocide en Algérie”, selon Recep Erdogan

Le torchon brûle en cette fin d’année entre Ankara et Paris, et aujourd’hui encore plus qu’hier. Les pyromanes n’étant autre que nos parlementaires qui, jeudi, sous la coupole de l’Assemblée Nationale dont les rangs étaient clairsemés, ont voté, comme un seul homme, la loi mémorielle, très controversée, et critiquée par Alain Juppé en personne, pénalisant notamment la négation du génocide arménien.

Mettant le feu aux poudres au plus haut niveau de l’Etat Turc, cette volonté Umpiste de légiférer à tout prix, alors que la France avait officiellement reconnu le génocide arménien en 2001, transpire l’électoralisme, la communauté arménienne française comptant 500 000 personnes.

L’incendie ne cesse, depuis, de s’étendre, et l’on se demande bien ce qui pourra le circonscrire. Après avoir suspendu toute coopération politique et militaire avec la France, Recep Erdogan accuse Paris d’avoir commis un « génocide » pendant la guerre d’Algérie entre 1945 et 1962 : « On estime que 15% de la population algérienne a été massacrée par les Français à partir de 1945. Il s’agit d’un génocide », a-t-il déclaré vendredi lors d’une conférence à Istanbul.

Mais le Premier ministre turc n’en est pas resté là, et a visé personnellement Nicolas Sarkozy, en le suspectant haut et fort d’instrumentaliser le génocide arménien et de jouer avec le feu en attisant « la haine du musulman et du Turc » : « S’il ne sait pas qu’il y a eu un génocide, il peut demander à son père Pal Sarkozy (…) qui a été légionnaire en Algérie dans les années 1940 », a-t-il assené, avant de renchérir : « Je suis sûr que Pal Sarkozy a beaucoup de choses à dire à son fils sur les massacres commis par les Français en Algérie ».

Tel un arsenal de représailles, les premières sanctions sont tombées : le rejet de toute demande de visite des bâtiments de guerre français dans les ports turcs, suivi de la fin de toutes relations politiques et diplomatiques avec Paris. Pour l’heure, les relations commerciales échapperaient au courroux turc.

Depuis Prague, où il assistait aux obsèques de l’ancien président tchèque Vaclav Havek, Nicolas Sarkozy n’a guère été prolixe, feignant une tolérance peu convaincante à l’égard du pays qu’il ne souhaite pas voir franchir le Bosphore pour rejoindre le club très fermé de l’UE : « Je respecte les convictions de nos amis turcs, c’est un grand pays, une grande civilisation, ils doivent respecter les nôtres » s’est-il contenté d’indiquer.

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