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La bravoure des Tunisiens de Sousse saluée par nombre de touristes britanniques

Quelques heures après la tragédie de Sousse et sa forte onde de choc émotionnel, des témoignages commencèrent à affluer, notamment de la part de touristes britanniques rescapés de l’horreur, tous convergeant pour décrire le courage inouï dont firent preuve les Tunisiens, au premier rang desquels les employés des hôtels, face à la folie meurtrière d’un terroriste surgi brusquement de nulle part.

Héros ordinaires d’une journée sanglante, nombreux sont ceux qui saluent aujourd’hui la bravoure de ces hommes, jeunes et moins jeunes, qui, parfois au péril de leur vie, se précipitèrent pour sauver les touristes d’une mort certaine, allant jusqu’à former un bouclier humain sur la plage afin de contrecarrer la logistique infernale du massacre de masse qui se déroulait sous leurs yeux.

La preuve en image : sur la photo dévoilée par "Sky News" (voir ci-dessus), on aperçoit au premier plan Seiffedine Rezgui, tout de noir vêtu, en train de longer le bord de mer, une kalachnikov à la main, après avoir déjà commis un carnage sur le sable fin, en ce vendredi noir du 26 juin. Derrière lui, on distingue un alignement de neuf à dix personnes qui, contrairement aux premières fausses impressions qui ont mis en ébullition les réseaux sociaux, n’illustrait pas une passivité lâche et coupable, mais montrait bel et bien le cran exceptionnel de ces Tunisiens, natifs de Sousse et/ou travaillant dans ses installations touristiques, déterminés, coûte que coûte, à protéger des victimes innocentes d'un bain de sang.

John Yeoman, un touriste britannique présent sur la plage pendant l’attaque, fut le premier à décrypter l’image qui a donné lieu à de fallacieuses interprétations : « Les personnes en arrière-plan ont formé un bouclier humain pour protéger un autre hôtel, ils n'étaient pas en train d’observer la scène mais ont sauvé de nombreuses vies », précisait-il dimanche dernier sur son compte Twitter, sa version des faits devant être rapidement corroborée par d’autres témoins oculaires.

Un couple britannique, qui ne doit la vie sauve qu’au gérant tunisien de son hôtel, a indiqué que ce dernier, en ll'alertant du danger imminent, avait précisé que ses employés faisaient barrage de leurs corps devant le meurtrier,  lui criant : "Tu devras nous passer dessus, nous tuer et nous sommes musulmans".

Pour John Yeoman, la prise de vue est on ne peut plus claire :  « C’est bien ce bouclier humain qui a été pris sur le vif », a-t-il insisté sur Twitter. Une assertion confirmée par un autre miraculé, Ian Symes, lequel a enfoncé le clou : "Je confirme. J’étais sur la plage, au Beach Marina – pendant qu’on partait se cacher, le personnel de l’hôtel s’est précipité pour aider [les touristes], c’était très courageux."

En dépit du profond traumatisme subi, Madame Yeoman se dit bouleversée par les actes héroïques de ces Tunisiens dont l’extraordinaire sang-froid  restera longtemps gravé dans sa mémoire : le courage de ces employés "redonne un peu foi en l’humanité. Tout le monde a l’air de penser : "Ce sont les musulmans' [qui sont coupables] mais ce n’est pas le cas, ils ne sont pas comme ça. Nous ne trouvons pas les mots pour leur exprimer notre reconnaissance", a-t-elle confié.

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