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Journaliste en danger : protégez Anas Al Sharif

Anas Al Sharif, journaliste d'Al Jazeera à Gaza, est menacé par l'armée israélienne après avoir couvert des violences. Une campagne de soutien est lancée.

Pourquoi lire cet article :

  • Pour comprendre les dangers auxquels font face les journalistes à Gaza.
  • Pour soutenir la liberté de la presse et la sécurité des reporters.

L’Agence Média Palestine appelle à la solidarité afin de soutenir Anas Al Sharif, dernier journaliste d’Al-Jazeera survivant dans le nord de Gaza, diffamé et menacé par l’armée israélienne.

« Je n’ai plus les mots », confiait, dimanche 11 août,  Anas Al Sharif, reporter d’al-Jazeera, dans une vidéo publiée sur son compte Instagram à son arrivée dans la cour de l’école du quartier al-Darraj, à Gaza Ville. (voir ci-dessous)

Derrière lui, on peut apercevoir l’horrible massacre qui a eu lieu à peine quelques heures plus tôt, alors que des Palestiniens, réfugiés à l’intérieur de l’école Al-Tabin, au centre de la ville de Gaza, accomplissaient la prière de l’aube. Plus de 100 morts en martyrs.

De nombreux reportages ont depuis documenté ce énième carnage perpétré par Israël, l’un des plus meurtriers à Gaza depuis octobre dernier. Nous publiions le 12 août des témoignages décrivant un niveau de violence insoutenable. Visiblement bouleversé par la scène dont il était témoin, Anas Al Sharif ajoutait : « Je ne peux pas décrire ce qui se passe ».

Si cette vidéo a ému un large public, qui a témoigné de son soutien au journaliste et de son indignation quant à cette attaque, elle a aussi fait réagir l’armée israélienne.

Dans une série de tweets, le porte parole en langue arabe de Tsahal Avichay Adraee accusait Anas Al Sharif de présenter un mensonge, avant d’ajouter que le journaliste devait « connaître les noms d’un grand nombre de terroristes du Hamas parmi ceux qui ont été tués dans l’école », insinuant, sans fournir aucune preuve, qu’il y aurait un lien entre le média et le Hamas.

Ces déclarations font craindre pour la sûreté du journaliste. Comme l’Agence Média Palestine le détaillait dans un article du 13 août 2024, les journalistes présents à Gaza sont délibérément pris pour cible par l’armée israélienne, alors qu’ils sont en exercice de leur fonction et sont clairement identifiables comme tels.

Alors que les médias internationaux sont empêchés d’entrer dans Gaza pour documenter le conflit, les journalistes qui étaient présent sur place en octobre sont en danger, en tant que civils comme en tant que professionnels.

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Dans un communiqué publié plus tard dans la journée du 10 août 2024, Al Jazeera Media Network qualifie les déclarations du porte-parole de l’armée israélienne d’actes d’intimidation : « ces remarques ne sont pas seulement une attaque contre le caractère et l’intégrité d’Anas, mais aussi une tentative évidente d’étouffer la vérité et de réduire au silence ceux qui rendent courageusement compte de la situation à Gaza. »

Depuis le 31 juillet et l’assassinat de ses collègues Ismail Al Ghoul et Rami Al Rifi, Anas Al Sharif est le dernier correspondant pour AL-Jazeera dans le nord de Gaza. Le journaliste avait déjà reçu des menaces pour son travail de reporter, et son père a été tué le 11 décembre 2023, après qu’une frappe aérienne israélienne ait touché sa maison familiale à Jabalia.

L’Agence Média Palestine, de même que de nombreuses organisations de protection de la presse, s’inquiète pour sa survie et relaie l’appel d’Al-Jazeera à la communauté internationale d’être « solidaire d’Anas Al Sharif et de tous les journalistes qui risquent leur vie pour faire connaître la réalité de Gaza au monde entier. »

Le Comité pour la protection des journalistes (CPJ) a documenté l’assassinat d’au moins sept journalistes et travailleurs des médias affiliés à Al Jazeera – à qui Israël a interdit d’opérer à l’intérieur du pays – depuis le début de la guerre Israël-Gaza en octobre dernier. Le CPJ « profondément préoccupé » pour la sécurité du correspondant d’Al Jazeera. Depuis le 7 octobre, le Syndicat des Journalistes Palestinien a rapporté un total de 160 journalistes été assassinés par l’armée israélienne.

« C’est une des plus flagrantes attaques contre la liberté de la presse que j’ai jamais connues », affirme Carlos Martinez de la Serna, directeur du Comité de protection des journalistes (CPJ) à propos de l’offensive génocidaire menée par Israël depuis 11 mois.

L’armée israélienne a rejeté « les fausses accusations selon lesquelles elle vise des journalistes ». Pourtant, de plus en plus de preuves viennent confirmer ces accusations. Suite à la publication d’une enquête fournie et accablante sur le sujet, Phil Chetwynd, directeur de l’information de l’AFP dont les bureaux à Gaza ont été gravement endommagés par un probable tir de char israélien le 2 novembre 2023, déclarait : « la chose qui m’inquiète le plus, c’est que ça ne fait pas scandale. Autour du monde, je ne vois pas les voix des différents gouvernements s’en plaindre. C’est quelque chose qui est extrêmement inquiétant ».

« S’il y avait 100 ou 140 journalistes israéliens ou ukrainiens tués, je ne pense pas que la réaction du monde serait la même », fait observer avec amertume Shuruq Assad, porte-parole du syndicat des journalistes palestiniens. « Je ne souhaite à aucun journaliste de mourir, qu’il soit israélien, ukrainien ou palestinien. Les journalistes devraient être protégés quel que soit le pays dans lequel ils se trouvent. »

Une campagne de soutien est lancée sur les réseaux sociaux pour protéger Anas Al Sharif, sous le hashtag #Protect_Anas.

Agence Média Palestine

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