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Jérusalem : une nouvelle incursion de juifs extrémistes sur l’Esplanade des Mosquées

Théâtre d’échauffourées incessantes entre Palestiniens et colons juifs extrémistes, qui redoublent d’ardeur pour le profaner et le détruire dans l’optique de déclencher l’étincelle religieuse qui ravivera le conflit israélo-palestinien, le troisième lieu saint de l’islam, l’Esplanade des Mosquées à Jérusalem, a de nouveau été la cible, dimanche, d’un petit groupe de juifs religieux fanatiques.

Mêlé aux touristes, ce commando d’ultras a pénétré sur le Haram Al-Charif (le mont du Temple pour les juifs) et s’est couché sur le sol pour prier. La police est intervenue, arrêtant trois d'entre eux.

Depuis fin septembre, une nouvelle flambée de violences a embrasé ce haut lieu saint protégé, mais où la tension est toujours à son paroxysme et la menace éternellement grandissante. De là à établir un lien de cause à effet avec la célébration de Soukkot, la fête juive des cabanes (la commémoration de l'exode d'Egypte), qui s’est achevée le 8 octobre, il n’y a qu’une simple déduction logique à faire.

Selon Azzam Al-Khatib, directeur du Waqf, l'Office des biens musulmans, "ces violences sont le résultat des appels de politiciens[israéliens] extrémistes", a-t-il déclaré à un journaliste du Monde.  Au coeur de polémiques qui ne cessent d’enfler au point d’en faire l’une des questions les plus épineuses de la région, l'Esplanade des Mosquées reste un site à hauts risques pour la coexistence entre juifs et musulmans à Jérusalem.

Ainsi, le 2 et le 4 octobre, 130 juifs extrémistes ont envahi les lieux, avec un seul objectif en tête : y reconstruire leur « troisième temple ».  Plusieurs personnes ont été interpellées, dont Mosché Feiglin, chef de l'aile droite du Likoud, le parti du premier ministre, Benyamin Nétanyahou.

Alors qu’il y a urgence, compte tenu de l’intense charge émotive cristallisée par cette surenchère juive de provocations, l’ambiguité qui prévaut dans la gestion du site complexifie grandement la situation : en effet, la police israélienne interdit aux juifs d'y prier, mais pas de s'y rendre. En 2006, la Cour suprême avait statué que les prières juives devaient y être interdites en cas d'"indications concrètes" de troubles potentiels, mais le 3 octobre, le juge Malka Aviv, du tribunal de Jérusalem, a jugé que l'hostilité des musulmans n'est pas une raison suffisante pour justifier l'interdiction de la police.

Le muezzin d'Al-Aqsa, Naji Kazaz, a indiqué au Monde.fr : "La police tolère que des centaines de juifs montent sur le Haram, et de plus en plus de colons s'y rendent",tout en faisant part de son intime conviction, par ailleurs très largement partagée : "une partie des juifs veulent détruire Al-Aqsa" pour y reconstruire le Temple. Leur intention est "de diviser la mosquée, comme la mosquée Ibrahimi à Hébron".

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