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Patrick Baudouin, avocat et président d’honneur de la Ligue des droits de l’Homme : « On peut affirmer qu’à Gaza les conditions du génocide sont réunies »

Invité ce 17 septembre sur France Info, l’avocat et président d’honneur de la Ligue des droits de l’Homme, Patrick Baudouin, a rappelé la définition juridique du crime de génocide issue de la Convention de 1948 pour la prévention et la répression du génocide, en soulignant que « le mot prévention est en lui-même très important ».

S’appuyant sur son expérience de dossiers liés au Rwanda, au Cambodge ou à Srebrenica, il a précisé : « Le génocide s’entend de l’un quelconque des actes (…) commis dans l’intention de détruire, en tout ou en partie, un groupe national, ethnique, racial ou religieux comme tel. » Parmi ces actes : « meurtre de membres du groupe », « atteinte grave à l’intégrité physique ou mentale », « soumission intentionnelle du groupe à des conditions d’existence devant entraîner sa destruction physique totale ou partielle », ou encore « mesures visant à entraver les naissances ».

Revenant sur l’actualité de Gaza, Patrick Baudouin a déclaré : « Est-ce qu’aujourd’hui il y a meurtre de membres du groupe avec une intention de détruire en tout ou en partie ? (…) Est-ce que les jeunes Palestiniens ne voient pas leur intégrité physique, mentale depuis trois ans soumise à épreuve ? (…) La famine, on en parle quand même suffisamment. (…) Est-ce que ce qui se passe dans les hôpitaux n’est pas comme tel ? »

Après avoir longtemps hésité, l’avocat estime que le seuil est désormais franchi : « Je pense qu’aujourd’hui on peut affirmer qu’effectivement ces conditions qui ont été posées de la qualification de génocide se trouvent remplies. C’est ainsi, je crois, qu’il faut l’accepter et aussi en tirer les conséquences. »

De plus en plus d’experts, de juristes et d’organisations de défense des droits humains partagent ce constat. Une quasi-unanimité internationale se dessine aujourd’hui pour reconnaître que les crimes commis à Gaza relèvent du génocide. Seuls les soutiens inconditionnels d’Israël continuent de le nier, en dépit des faits documentés sur le terrain. Ces propos de Patrick Baudouin s’inscrivent dans ce mouvement d’analyse et renforcent l’idée que la qualification de génocide ne relève plus du seul débat académique mais d’un constat juridique et politique largement partagé.

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