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Islam de France : les déchirements internes affleurent (www.liberation.fr)

A l’occasion d’une déclaration solennelle contre le terrorisme, le recteur de la Grande mosquée de Paris a lancé les hostilités contre le Conseil français du culte musulman.

Dans un salon d’apparat de la Grande Mosquée de Paris (GMP), le recteur Chems-Eddine Hafiz tente, ce lundi après-midi, de donner beaucoup de solennité à l’instant. Entouré d’une dizaine de responsables musulmans (parmi lesquels une femme, une seule mais c’est rare !), il lit, au micro et sans masque, une déclaration pour dénoncer le terrorisme, les appels au boycott de la France. «La laïcité est une valeur essentielle qui permet aux différentes religions, dont l’islam, de s’épanouir en France, rappelle le recteur de la GMP. Nous dénonçons tous ceux qui veulent manipuler nos coreligionnaires, surtout notre jeunesse, et l’opinion publique internationale, en laissant croire que nous subirions en France une politique de « racisme d’Etat » ou une politique de « haine contre les musulmans ».»

Le leader se place délibérément aux côtés du gouvernement français, attaqué après l’attentat de Conflans-Sainte-Honorine, par des pays musulmans pour sa défense de la liberté d’expression et la publication des caricatures de Mahomet.

«Grande fraternité entre musulmans et catholiques»

Pour soutenir Chems-Eddine Hafiz et sa déclaration, il y a là un ancien président du CFCM (Conseil Français du culte musulman), Anouar Kbibech, le leader de l’islam subsaharien en France, Assani Fassassi, et des responsables de lieux de cultes importants comme la Grande Mosquée de Saint-Denis-de la-Réunion ou la mosquée Adda’wa de l’Est parisien. «Je suis beaucoup plus à l’aise en France pour pratiquer mon culte que dans beaucoup de pays musulmans», vient appuyer Aslam Timol, le leader de la mosquée de Saint-Denis-de la-Réunion, la plus ancienne construite sur le territoire français. «Il existe une grande fraternité entre musulmans et catholiques», rappelle, lui, Anouar Kbibech.

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Au micro, Chems-Eddine Hafiz est ferme : «Nous appelons les autorités de notre pays à prendre des mesures fortes pour que la composante musulmane de France, qui a largement condamné les récents actes terroristes, ne soit pas amalgamée avec les semeurs de haine», réclame-t-il. Celui qui a succédé à l’inamovible Dalil Boubakeur à la tête de la GMP depuis janvier est omniprésent sur la scène politico-religieuse depuis la rentrée. Sa tribune condamnant l’islamisme, publiée le 1er octobre dans le Monde, la veille du discours du président de la République sur le séparatisme a fait grand bruit. Et l’a adoubé.

En coulisses, le recteur, lui, se cherchait, ces dernières semaines, des alliés pour mener sa propre bataille, interne celle-là, à l’islam de France. Et, ce lundi, au-delà de la déclaration solennelle contre le terrorisme, il se joue, à la Grande Mosquée de Paris le énième épisode de la bataille entre Algériens et Marocains pour contrôler l’islam de l’Hexagone.

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