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Indonésie : des érudits musulmans appellent à autoriser le voile dans la police

En Indonésie, le plus grand pays musulman du monde, et aussi paradoxal que cela puisse paraître, les femmes revêtues du hijab ne sont pas les bienvenues dans l’institution policière. Cette discrimination contre le voile frappe là où on ne l’attendait pas, sous des cieux où l’on était fondé à penser qu’un droit aussi fondamental que celui de porter le hijab serait respecté et les citoyennes qui l’arborent traitées sur un même pied d’égalité que toutes les autres.

Face à cette situation inique, qui écarte nombre de musulmanes susceptibles de vouloir endosser l’uniforme de leur voie professionnelle de prédilection, des savants musulmans et des groupes de défense des Droits de l’Homme ont décidé de faire corps pour dénoncer cette inégalité criante, appelant la police à lever une interdiction arbitraire qui n’a que trop régner depuis 2005, date de son entrée en vigueur.

"La possibilité de devenir un membre de la force de police devrait être égal, y compris pour les femmes musulmanes qui portent le hijab", a lancé Poengky Indiarti, le directeur exécutif de droits surveillance Imparsia, au cours d’un entretien accordé au Jakarta Post.

"En permettant aux membres féminins de la police de porter le hidjab, la police nationale ferait respecter la devise de Bhinneka Tunggal Ika du pays [Unité dans la diversité]", estime, pour sa part, un érudit musulman Azyumardi Azra.

Alors que nombre d’institutions indonésiennes permettent à leurs employées de travailler en hijab, la police se distingue en l’ayant proscrit de manière autoritaire, voire "répressive" pour Amidhan Shaberah, un éminent représentant du Conseil indonésien des oulémas, qui ne mâche pas ses mots. Un argument inaudible pour certains représentants de la police de Jakarta qui campent sur leur position : à leurs yeux, l’interdiction du hijab est "nécessaire". "Cela n'a rien à voir avec les droits ou privilèges", rétorque le porte-parole national Ronny Sompie, qui étaie ses dires en mettant en avant la neutralité vestimentaire imposée par le règlement mais aussi les sources de complications qu’engendrerait le signe ostensible religieux que représente le hijab dans des conflits interconfessionnels.

Toutefois, la belle unanimité de la police fait entendre des voix dissonantes, à l'instar du commissaire, Adrianus Meliala, qui reconnaît la légitimité de la requête pressante formulée par des érudits musulmans, ainsi que par des organisations qui luttent contre toutes les discriminations, et a laissé entrevoir un certain assouplissement de l’interdiction du port du foulard islamique.

Selon l’Inspection générale de la police nationale d’Indonésie, un amendement du règlement doit être publié de manière imminente, autorisant les agents de police féminins à remplir leur mission de service public désormais voilées, exception faite des cérémonies officielles, où elles devront apparaître coiffées de leur seul képi.

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