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Grande première en Arabie saoudite : un concert à Riyad, le premier depuis trente ans

Après avoir été inaudible pendant près de trente ans, la musique, connue pour adoucir les mœurs, serait-elle parvenue à assouplir l’inflexibilité de la monarchie saoudienne ?

Il faut le croire si l’on en juge par son incroyable retour sur scène à Riyad, jeudi soir dernier, dans la salle spacieuse du Centre culturel King Fahad où aucune voix mélodieuse n’avait résonné et aucun concert n’avait été donné depuis 1990, date de leur interdiction marquée du sceau royal.

Devant une large assistance exclusivement masculine, Rashed al-Majed et Mohammed Abdu, deux célèbres chanteurs saoudiens, très populaires dans le monde arabe, ont été ovationnés par quelque 2 000 spectateurs visiblement comblés par cette grande première. Le spectacle était sur scène mais aussi dans la salle, certains Saoudiens, revêtus de leurs plus beaux atours traditionnels, ne pouvant résister à la tentation de se balancer en rythme sur leurs sièges, voire même de se lever pour danser en cadence, se laissant emporter par les battements de tambour.

Alors que les autorités saoudiennes, arc-boutées sur leur conservatisme, ne badinent pas avec la mixité sociale et les divertissements, qu’ils soient à caractère ludique ou culturel, des pressions se font toutefois jour pour qu’un changement s’opère en douceur. Aussi rigoriste soit-il, le royaume wahhabite n’en est pas pour autant imperméable aux influences extérieures et ne peut décemment pas ignorer que plus de la moitié de ses sujets ont moins de 25 ans et sont hyperconnectés, pour ne pas dire littéralement accros aux réseaux sociaux.

Cette réalité n’a pas échappé au vice-prince héritier Mohammed bin Salman qui, loin d’avoir des œillères, regarde en face cette évolution inéluctable et plaide en faveur de la diversification de l’économie pétrolière et de la mise en oeuvre de réformes sociales.

5 commentaires

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  1. Hallucinant ce concert où femmes et enfants sont absents. Un monde comme a dit un humoriste qui se vit au masculin pluriel .

    Un pas vers la modernité qui mérite cependant d’être encouragé.

  2. un concert pour les hommes en 2017 et peu être un autre concert pour les femmes aussi en 2027 avec un peu de chance… vive les réseaux sociaux qui offrent un espace de liberté à ceux qui en manque et qui bousculent les idéologies dépassées..

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