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Grande-Bretagne : un imam, tombé sous les coups d’une agression islamophobe, appelle au calme

Estimé de tous dans la localité de Hull, où il s’est fait l’apôtre du dialogue interreligieux et le médiateur très apprécié de la police, prodiguant ses conseils avisés à l’intérieur comme à l’extérieur de la communauté musulmane, l’imam Hafiz Salik, 60 ans, a été foudroyé par la violence islamophobe, à la consternation générale du comté du Yorkshire.

Menacé de perdre d'un oeil suite à l’agression d’une brutalité inconcevable dont il a été victime, samedi dernier, sous les yeux de sa femme, de sa fille et de son fils Ateek Salik, ce guide spirituel et grand sage est une figure locale bien connue qui, dépassant sa douleur et son traumatisme, force aujourd’hui l’admiration de toute une collectivité par ses appels au calme réitérés.

Témoin oculaire de la scène cauchemardesque, Ateek Salik raconte la sauvagerie d’une attaque surprise mais indéniablement préméditée, qui a pris son père pour unique cible. Alors que l’imam Hafiz Salik s’apprêtait à rentrer chez lui en famille, au sortir de la mosquée, deux hommes et une femme ont brusquement surgi de nulle part pour stopper net son véhicule. L’un des deux individus s’est précipité vers la voiture, ouvrant  la portière avec une force rageuse, et s’en est pris aussitôt à l’imam, lui assénant plusieurs coups de poing au visage, avant de repartir comme il était venu, le laissant en sang et une famille pétrifiée.

Le vendredi qui a suivi l’agression islamophobe, dénoncée comme telle par les autorités de Hull, c’est le fils de l’imam qui a repris le flambeau des offices religieux, conduisant une prière d'une intensité exceptionnelle à la hauteur de l’immense émotion suscitée par le drame, en présence de nombreux officiels, édile, élus locaux et représentants de la police, qui ont tenu à rassurer les 1 000 fidèles de la ville. Celui-ci s’est fait le porte-parole de son père hospitalisé dans un état grave, délivrant son "message de paix et d’unité", à travers lequel l’imam a exhorté les musulmans à ne pas faire justice eux-mêmes.

Un message empreint de l’infinie sagesse et du sens aigu des responsabilités dont a toujours fait preuve l’imam Hafiz Salik, et dont il ne se départit pas même douloureusement touché dans sa chair et son âme. Louant ses paroles d’apaisement, les forces de l’ordre ne ménagent pas leurs efforts pour interpeller le trio criminel, peut-être issu des rangs de l’extrême droite, et notamment l’homme blanc, âgé entre 25 et 30 ans, qui a libéré ses pulsions racistes contre un imam, bâtisseur de ponts.

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