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Européennes : un doublé historique, entre victoire du FN et effondrement du PS

C’est un choc historique dont la France, l’un des pays fondateurs de l’Europe, ébranlée dans ses certitudes et son endogamie de classe, n’a pas de quoi pavoiser : Marine Le Pen, qui s’affichait récemment, radieuse, en Une de la presse internationale, tient désormais, rayonnante, le haut de l’affiche de la politique française, forte de son plébiscite national (25,1% des suffrages) au scrutin européen, pulvérisant le 21 avril 2002 par une victoire sismique.

Les urnes ont parlé, faisant ressortir un rejet massif du système qui s’est traduit par une énième abstention très élevée (56.85%), même si elle est en-deçà de son record enregistré en 2009 (59.37%), et par un euroscepticisme croissant à l’aune de la défiance accrue envers la classe politique hexagonale, dont le délitement moral, l’immuable interchangeabilité de l’UMPS et l’impéritie crasse de sa République bananière ont atteint le seuil du civiquement tolérable.

Si effet Marine Le Pen il y a bien eu, en revanche l’effet Manuel Valls s’est avéré particulièrement inopérant, puisque l’autre exploit historique de la soirée a été réalisé par le PS dont le désamour est consommé et l’effondrement abyssal, ne récoltant que 14,7% des voix, tandis que l’UMP, en pleine déconfiture et éclaboussée par le scandale de ses factures faramineuses pendant la présidentielle de 2012, ne totalise que 21% des suffrages.

Alors que la France en colère a choisi, deux mois après le premier coup de tonnerre des municipales, de donner carte blanche à la plus anti-européenne de ses formations politiques pour jouer les trouble-fête à Strasbourg, grâce à son bataillon de 23 à 25 députés europhobes, islamophobes et anti-immigration, l’heure est aux cellules de crise dans le camp de ses adversaires mis à terre, que ce soit dans le saint des saints élyséens, dont le président Hollande, désavoué, est plus que jamais sur la sellette, ou au sein de l’UMP, tirallée par ses divisions intestines, dont certains caciques demandent la tête de Jean-François Copé, son leader discrédité.

A l’échelle du Vieux Continent, la poussée des nationalismes revanchards s’est confirmée, notamment au Danemark, en Autriche, et en Grande-Bretagne, seul Geert Wilders, le chef de file du populisme néerlandais ayant fait mentir tous les pronostics en mordant la poussière…

Digne fille de son patriarche de père et fondateur du FN, Marine Le Pen n’a pas le triomphe modeste et s’est déjà auto-proclamée leader du « premier parti de France », il est vrai que l’on est jamais mieux servi dans ses ambitions démesurées que par soi-même… En attendant 2017, et après cet électrochoc électoral qui est une tache sur le drapeau tricolore et européen, la présidente du frontisme devra d’abord réussir à fédérer sous son leadership une coalition de députés  européens de la droite extrême à Strasbourg.

Une tâche pas si aisée que cela, s’il l’on en juge par les fortes réticences qui animent certains partis prétendument alliés du FN, dont certains estiment que la “révolution Bleu Marine” est franchement trop « raciste », comme l’a clamé haut et fort le parti britannique UKIP, auteur d’une spectaculaire percée de l’autre côté de la Manche. Cela augure de lendemains pour le moins agités au sein d’une UE déjà passablement chamboulée…

Les 74 eurodéputés

A partir des projections en sièges d’Ipsos, voici une première photographie provisoire des 74 eurodéputés susceptibles de composer le nouveau paysage politique européen :

Dans le Nord-Ouest (10 sièges) : Gilles Pargneaux (PS), Karima Delli (EELV), Dominique Riquet (Centre), Jérôme Lavrilleux (UMP), Tokia Saïfi (UMP), Marine Le Pen (FN), Steeve Briois (FN), Mylène Troszczynski (FN), Nicolas Bay (FN), Sylvie Goddyn (FN).

En Ile-de-France (15 sièges) : Patrick Le Hyaric (FdG), Pervenche Berès (PS), Guillaume Balas (PS), Christine Revault d’Allonnes-Bonnefoy (PS), Pascal Durand (EELV), Marielle de Sarnez (Centre), Jean-Marie Cavada (Centre), Alain Lamassoure (UMP), Rachida Dati (UMP), Philippe Juvin (UMP), Constance Le Grip (UMP), Aymeric Chauprade (FN), Marie-Christine Boutonnet (FN), Jean-Luc Schaffhauser (FN). Encore incertain : Eva Joly (EELV) ou Nathalie Betegnies (FN).

Dans le Centre (5 sièges) : Jean-Paul Denanot (PS), Brice Hortefeux (UMP),Angélique Delahaye (UMP), Bernard Monot (FN), Jeanne Pothain (FN).

Dans le Sud-Est (13 sièges) : Marie Christine Vergiat (FdG), Vincent Peillon (PS), Sylvie Guillaume (PS), Michèle Rivasi (EELV), Renaud Muselier (UMP), Françoise Grossetête (UMP), Michel Dantin (UMP), Jean-Marie Le Pen (FN), Marie-Christine Arnautu (FN), Bruno Gollnisch (FN), Mireille D’Ornano (FN), Dominique Martin (FN), Sylvie Goulard (Centre).

Dans le Sud-Ouest (10 sièges) : Jean-Luc Mélenchon (FdG), Virginie Rozière (PS), Eric Andrieu (PS), José Bové (EELV), Robert Rochefort (Centre), Michèle Alliot-Marie (UMP), Franck Proust (UMP), Louis Aliot (FN), Joëlle Melin (FN), Edouard Ferrand (FN).

Dans l’Ouest (9 sièges) : Isabelle Thomas (PS), Emmanuel Maurel (PS), Yannick Jadot (EELV), Jean Arthuis (Centre), Alain Cadec (UMP), Elisabeth Morin-Chartier (UMP), Marc Joulaud (UMP), Gilles Lebreton (FN), Joëlle Bergeron (FN).

Dans l’Est (9 sièges) : Edouard Martin (PS), Nathalie Griesbeck (Centre), Nadine Morano (UMP), Arnaud Danjean (UMP), Anne Sander (UMP), Florian Philippot (FN), Sophie Montel (FN), Jean-François Jalkh (FN), Dominique Bilde (FN).

L’Outre-mer (3 sièges) : Younous Omarjee (L’Union pour l’Outremer), Louis-Joseph Manscour (PS), Maurice Ponga (UMP).

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