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Etats-Unis : une affiche anti-islam suscite un immense émoi à Atlanta

Exposée sciemment aux yeux de tous, à un carrefour névralgique d’Atlanta, près de l’Université d’Etat de Géorgie vers laquelle se pressent quotidiennement quelque 500 étudiants, issus de 49 Etats américains et de plus de 160 nations et territoires, une affiche explicitement anti-islam a récemment produit son petit effet délétère de l’autre côté de l’Atlantique.

Habillant de son aversion pour l’islam un imposant panneau publicitaire, visible de loin, par le plus grand nombre et notamment par une jeunesse musulmane qui en a été profondément blessée, elle a fait, en toutes lettres et en totale décomplexion, l’apologie de l’abandon de la religion honnie, toujours la même…

« Presque 1 musulman sur 4 qui a grandi aux Etats-Unis quitte l’islam. Sans Dieu. Sans peur. Ex-Muslim ». Cette exhortation publique à l’apostasie de l’une des plus grandes religions non-chrétiennes des Etats-Unis, qui serait inimaginable pour le christianisme ou le judaïsme, a été autorisée à polluer le champ visuel d’un large public pendant plusieurs jours, à Atlanta, mais aussi quelques semaines plus tard à Chicago et Houston.

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Ses mystérieux auteurs, qui se sont retranchés derrière la sacro-sainte liberté d’expression pour déverser leur haine et électriser les foules en toute impunité, avaient signé leur pernicieuse campagne de calomnie sous l’appellation : les Ex-musulmans d’Amérique du Nord. De bien étranges ex-musulmans qui ressemblent à s’y méprendre à de redoutables pourfendeurs de l’islam…

« N’est-ce pas clairement une nouvelle forme de discours de haine ? », s’est indigné sur des réseaux sociaux bouillonnant de colère Adeel Syed, un étudiant musulman d’Atlanta, ajoutant en appuyant là où le bât blesse cruellement : « Avez-vous déjà vu une telle campagne appelant à renoncer au christianisme ou au judaïsme s’afficher en plein jour ? Non, bien évidemment ».

La stupeur des premiers instants passée, les responsables de l’influent Conseil américano-islamique (CAIR), présents sur tous les fronts, ont condamné cette infâme stratégie de la diabolisation qui ne dit pas son nom, avant de proposer d’y répondre de manière « positive et constructive ».

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Une suggestion à laquelle ne peut que souscrire Abdulrahman Abdulkadri, le vice-président de la Muslim Student Association (MSA) au sein de l’Université d’Etat de Géorgie, en ne cachant pas toutefois l’immense tristesse qui l’a envahi en découvrant, à proximité de son campus, une odieuse affiche de propagande dont l’islamophobie n’avait rien de subliminal.

                        Abdulrahman Abdulkadri

« De temps en temps, des manifestants chrétiens conservateurs se plantent en face de notre Centre étudiant, principalement pour protester contre ce qu’ils considèrent être les périls de la modernité. Avortement, marijuana et musulmans… Ils brandissent des pancartes très offensantes qui calomnient le Prophète et dénaturent le Hadith », a-t-il confié avec consternation. Mais il s’est aussitôt repris, refusant de capituler devant l’ignorance et les sinistres artisans de la division qui ne savent que surfer sur les peurs irrationnelles, pour insister sur l’importance que revêt à ses yeux la Da’wa.

« Pour l’association estudiantine musulmane que je représente, la meilleure manière de lutter contre l’islamophobie est de poursuivre, sans relâche, l’action fructueuse que nous menons régulièrement sur le campus : dresser notre table de dawah. Nous offrons des pizzas, des boissons et des t-shirts à celles et ceux qui viennent vers nous et nous engageons alors la conversation, munis de petites brochures sur l’islam. Nous les invitons à nous poser toutes les questions qu’ils veulent, sans tabous, et nous nous efforçons d’y répondre le plus précisément possible », a expliqué Abdulrahman Abdulkadri, plus que jamais convaincu du bien-fondé de cette démarche.

Loin des envolées voltairiennes de ceux qui se gargarisent, avec cynisme, de la liberté d’expression pour mieux dénigrer l’islam, le dynamique chef de file de la Muslim Student Association d’Atlanta clame sincèrement et sans emphase : « Oui, je soutiens la liberté fondamentale d’expression. Je respecte scrupuleusement le Premier amendement de la Constitution».

« Mais là, en l’espèce, elle est totalement dévoyée », a-t-il martelé en pointant du doigt l’affiche outrageante. Et de renchérir avec force : « L’islam l’emportera toujours Subhana Allah, car il nous commande de réaliser de bonnes actions ».

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