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Etats-Unis : Miss Muslimah 2019 se dresse contre l’islamophobie et le diktat des apparences

Sous son voile frémissant d’émotion, qui porte dans ses plis la piété musulmane, la jeune Rahma Mohamed a été intronisée reine à Detroit, sur une scène célébrant les belles âmes et moins leur enveloppe charnelle.

Sacrée Miss Muslimah 2019 fin juillet, lors de la troisième édition d’un concours qui s’affranchit superbement de la tyrannie de la beauté standardisée, l’étudiante originaire de Madison, la cité phare du Wisconsin, n’a pu retenir ses larmes à l’annonce de son nom.

Alors qu’un sourire radieux se dessinait sous ses pleurs, Rahma Mohamed, après être tombée dans les bras de sa plus sérieuse rivale et néanmoins amie, a savouré sa consécration avec une pudeur toute musulmane.

« Je voudrais insister sur le fait que ce concours ne ressemble à aucun autre. Miss Muslimah USA récompense la modestie et la beauté de l’âme. Ce sont deux valeurs musulmanes essentielles, auxquelles toutes les candidates en lice étaient très attachées », a-t-elle déclaré.

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Ovationnée par le public, elle s’est avancée, le cœur battant, sur le devant de la scène, son visage irradiant d’une beauté intérieure habitée par la foi, tandis que ses pensées étaient tournées vers les siens disséminés aux Etats-Unis, en Europe et en Afrique.

Une grande famille dont les membres, ses soutiens de la première heure, ont exulté devant leur téléviseur. « Ils ont bondi de leur fauteuil en entendant mon nom ! », s’est exclamée Rahma Mohamed. « Ils m’ont envoyé plusieurs vidéos dans lesquelles ils riaient et pleuraient en même temps, ou sautaient de joie dans les maisons », a-t-elle précisé, en ne pouvant s’empêcher de rire à l’évocation de ces scènes joyeuses confinant au burlesque.

« Ils étaient fiers et heureux pour moi. J’ai eu la chance d’être très soutenue tout au long de cette belle expérience, à la fois par mes proches, par la communauté musulmane américaine en général, et du Wisconsin en particulier, et maintenant au-delà des frontières », a confié une Miss Muslimah 2019 pétrie de reconnaissance, qui entend placer son règne éphémère sous le signe de la lutte contre les stéréotypes et de l’abolition de toutes les barrières.

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Interrogée sur l’affirmation de son islamité dans l’Amérique de Trump, qui agite frénétiquement le chiffon rouge devant l’islam et exacerbe la haine de l’altérité, Rahma Mohamed s’est remémoré les incidents traumatisants qui ont émaillé sa scolarité. Elle reste profondément marquée par les quolibets et les insultes proférés par certains de ses camarades de classe, qui la traitaient de « tête d’œuf », de « Belphégor », de « terroriste » ou, pire encore, allaient jusqu’à la brutaliser aux cris de « Allah Akbar ». « Quelques-uns d’entre eux, les plus acharnés, ont tenté de m’arracher mon hijab à plusieurs reprises », a-t-elle relaté péniblement.

« Les gens ont peur de ce qu’ils ne connaissent pas. C’est pourquoi j’avais à cœur de participer à Miss Muslimah pour montrer à l’Amérique qu’il faut se garder de juger les personnes qui sont différentes, notamment les femmes voilées. Je me dresse contre l’islamophobie. Je veux contribuer à normaliser le port du hijab auprès du grand public, et à dédiaboliser celles qui le portent », a-t-elle annoncé avec solennité, comme si elle prononçait une profession de foi.

Rahma Mohamed est une reine de beauté incomparable, qui entend cultiver sa singularité face à tous les diktats, idéologiques et des apparences. C’est avec bonheur, et sans triomphalisme, qu’elle se réjouit de sa belle victoire remportée sur un podium où les femmes musulmanes voilées n’étaient pas attendues, et qu’elle fait rejaillir sur l’ensemble de ses coreligionnaires.

« D’une certaine manière, nous avons toutes gagné, parce que, par notre seule présence à ce concours, nous avons contribué à briser bien des murs. Nous nous sommes montrées telles que nous sommes réellement, et pas telles que les autres nous décrivent continuellement. Je suis honorée d’avoir pris part à ce concours et tellement heureuse d’avoir eu l’opportunité de rencontrer d’autres jeunes filles musulmanes, d’avoir noué des liens avec d’autres soeurs merveilleuses. Il n’y avait aucune rivalité entre nous, mais uniquement une belle fraternité qui nous a unies à jamais », a-t-elle conclu, les yeux brillants, dans lesquels se reflétait l’éclat de son diadème.

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4 commentaires

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  1. C’est un vêtement imposé. Les musulmans “stricts” affirment que le voile est obligatoire et en font un étendard de leur religion. Il y a même des pays où l’on risque la prison ou le fouet en cas d’oubli. Je vous laisse deviner lesquels.
    Dans nos rues, il est devenu difficile pour une femme, considérée automatiquement comme une musulmane de par son origine, de ne pas le porter.

  2. Et toujours le même discours, le même délire. Ces propos nauséeux démontrent à l’évidence qu’il doit être bien malheureux le roy du scorbut !

    Quand le roy du poncif et cliché en tous genres voit des envahisseurs partout et autour de lui, rien ne va plus. Seul, affalé sur son fauteuil en osier et brandissant sa piquette telle l’épée salvatrice qui coupera la tête du malandrin, il vocifère sa haine vinassée pour se débarrasser des vilains sauvages qui se bousculent dans sa tête et qui se moquent de lui. Combien il doit souffrir le pauvre gars ! Chai pas koi, fais quelque chose, va à lourdes !

    Et dire que le mec passe le plus clair de son temps à dénoncer les pleurnicheries et comment disait-il déjà, “les complotistes victimaires” quand il ne cesse de se lamenter et de geindre comme une fillette à qui on a volé la poupée. Bou, bou, cé le méchant islamiste qui m’a volé ma barbie!

    Mais qui pleure enfin ici et à longueur de commentaires, bon sang de bon soir ?

  3. Que savez vous de” la morale musulmane bien pensante”? Rien . Qui vous permet de dire que c’est un vêtement imposé? C’est vous qui voulez imposer vos mauvais goûts aux autres. L’occident n’est pas une référence pour le monde..

  4. “Le diktat des apparences” ? Il me semble que la femme musulmane n’a pas beaucoup de choix pour s’habiller. Un voile, un vêtement enveloppant ne montrant pas les formes. Des couleurs ternes (jaunâtre, verdâtre, noir, marron) : de ce côté, il me semble que la jeune femme va déjà trop loin et que le bleu vif de son vêtement dépasse légèrement les limites de la morale islamique bien pensante.

    “Le diktat des apparence” ? Au fil des siècles en Occident, contrairement aux sociétés traditionnelles, les hommes et les femmes n’ont pas porté les mêmes vêtements selon les époques. Il n’y a chez nous jamais eu de vêtement imposé.
    Peut-être serait-il temps chez vous d’évoluer un peu.

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