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Etats-Unis : des prédicateurs anti-islam battent la campagne à l’approche de la présidentielle

Ils sillonnent les vastes étendues de l’Amérique profonde pour déverser leur haine de l’islam, John Guandolo, un ancien agent du FBI, et Oussama Dakdok, le fils d’un prédicateur baptiste d’origine égyptienne, prêchent une bonne parole, aux effets ravageurs, qui fait trembler les murs des petites paroisses dans lesquelles elle résonne et enflamme les bourgades où elle se répand sur leur passage.

Ces deux porte-voix de la propagande islamophobe battent la campagne sans relâche, et avec une ferveur renouvelée, à l’approche de l’élection présidentielle, en faisant de chaque hameau le terreau fertile du racisme anti-musulmans. Dans le nord du Minnesota, l’un des terrains de prédilection de John Guandolo, ses violentes diatribes ont récemment électrisé une église baptiste et les 120 paroissiens qui l’ont écouté religieusement, non sans frémir…

John Guandolo 

Jouant les Cassandre avec un art consommé de la dramatisation, l’ex-agent du FBI, qui est loin de faire l’unanimité parmi les responsables du FBI de Minneapolis et des experts du contre-terrorisme, a alerté son auditoire sur le péril vert, désormais à ses portes, que représente l’accueil des réfugiés. Il a notamment évoqué l’imminence d’une « guerre sainte » menée contre les Etats-Unis par les damnés de la terre somaliens, syriens et d’autres pays musulmans, tout en assénant que les musulmans ont acheté des stations d’essence et investi massivement les aéroports dans un seul et unique objectif : prendre le contrôle de la première puissance mondiale en recourant à la force.

"Etes-vous prêts pour faire face aux deux ou trois douzaines de djihadistes qui se dissimulent parmi les réfugiés et qui seront surarmés ? Vous pensez qu’ils ne peuvent pas se procurer des mortiers et des lance-rockets ici, sur le sol américain ?", a lancé, sûr de son effet, celui qui sévit régulièrement sur la chaîne ultra-conservatrice et islamophobe Fox News et se produit tout aussi fréquemment dans les grands barnums organisés par le camp républicain.

Oussama Dakdok, pour sa part, jouit d’une large notoriété dans le nord du Minnesota, une région qu’il connaît bien pour l’avoir parcourue de long en large au volant de son camping car de luxe, à plus de 20 reprises en l’espace d’un an et demi. Début octobre, il s’y donnait encore en spectacle, pour la cinquième fois en deux semaines seulement, pour galvaniser les foules au son de sa rhétorique fielleuse : « L’islam n’est pas une religion. C’est un culte sauvage qu’il est inconstitutionnel de pratiquer », a martelé ce prédicateur incendiaire qui porte fièrement à la boutonnière un pin’s à l’effigie de Donald Trump, avant d’exhorter à la déportation massive des Américains musulmans, son argument massue dont il a fait son cri de guerre…

 

Oussama Dakdok

Jaylani Hussein, le directeur du Conseil sur les relations américano-islamiques (CAIR) du Minnesota, observe avec anxiété le nombre croissant et l’influence grandissante de ces prédicateurs islamophobes, à la solde des conservateurs, dans les coins les plus reculés de l’Amérique. « C’est le signe avant-coureur de l’existence d’une organisation qui œuvre contre les musulmans et contre le brassage multiculturel de la société américaine », a-t-il commenté, en précisant qu’ils sont généralement invités par des groupes locaux à seule fin d’endoctriner les esprits.

Quelques jours plus tard, Oussama Dakdok, ce redoutable fauteur de troubles, défrayait la chronique locale à Detroit Lakes, en perturbant une conférence dédiée à la tolérance religieuse et au vivre-ensemble « Allez à la rencontre de votre voisin musulman ». Tim Eggebraaten, le chef de la police, a dû le menacer d’être conduit au poste et poursuivi en justice pour tempérer ses ardeurs volcaniques.

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