in

Etat des lieux de la religion en prison : les musulmans pénalisés dans leur pratique quotidienne

A l’air libre ou derrière les barreaux, la discrimination n’épargne pas les musulmans, et se fait plus oppressante encore quand elle s’ajoute à une privation de liberté.

Cet état des lieux sans complaisance émane de l’intérieur, en la personne de Jean-Marie Delarue, contrôleur général des prisons, qui, en quelques feuillets chocs dont l’Express a eu la primeur, brosse une réalité carcérale dominée par le deux poids deux mesures, une valeur sûre du monde libre…

Sans citer expressément ceux qui pâtissent de cette politique foncièrement inégalitaire dans son rapport – mais est-il besoin de le faire ? – Jean-Marie Delarue reproche sans détour à l’administration pénitentiaire de manquer de neutralité, de prendre des décisions discriminatoires vis-à-vis des religions en général, et de certaines d’entre elles en particulier…

C’est dans l’interview accordée à l’Express, que le ton accusateur de Jean-Marie Delarue s’est affranchi d’une certaine prudence, et a accepté de ne plus tourner autour du pot : oui, les détenus musulmans, car il s’agit essentiellement d’eux, sont bien pénalisés dans leur pratique religieuse au quotidien, alors même que le code pénal stipule très clairement : “l’administration pénitentiaire est censée devoir satisfaire aux exigences de la vie religieuse, morale ou spirituelle” des personnes dont elle a la charge.

Déficit d’imams habilités à franchir les grilles des centres de détention, le halal interdit de réfectoire, et pour couronner le tout, un irrespect notable envers certains signes d’appartenance confessionnelle, tels que les tapis de prière, le constat est encore plus édifiant à la lumière de données chiffrées : si 900 aumôniers agréés par l’administration officient auprès des prisonniers d’obédience chrétienne, seule une petite poignée de 150 « aumôniers » musulmans – en prison, le statut d’imam n’a pas droit de cité …- est autorisée à porter la bonne parole auprès de fidèles qui représentent 30 à 40% des effectifs, voire jusqu’à 70% à l’échelle de l’Ile-de-France.

Entre le poids de l’histoire, la récente structuration des instances représentatives de l’islam national, la “réticence des imams à se rendre auprès de détenus musulmans ” toujours selon l’Express, et le désintérêt notoire des pouvoirs publics à l’égard de la pratique de l’islam en prison, les musulmans mis à l’ombre étaient voués à devenir les nouveaux laissés-pour-compte de l’univers carcéral.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Pourquoi l’islamophobie ne passionne-t-elle pas les foules ?

Quand la propagande israélienne exploite l’atrocité d’une collision automobile contre des enfants palestiniens