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Et si l’islam était notre meilleur allié contre l’obscurantisme?

Les horreurs se succèdent, les plateaux TV voient défiler des hommes et des femmes de bonne volonté de tous horizons, artistes, philosophes, religieux, hommes politiques et cependant l'Occident et la France, malgré tous les moyens mis en œuvre, toutes les déclarations officielles, les manifestations de soutien aux victimes et à leurs familles, se sentent dans leur for intérieur démunis contre cette "nouvelle guerre" non conventionnelle.

Sur le terrain, en France, au Moyen-Orient , au Maghreb, chacun se rend bien compte que nous avons toutes les difficultés à neutraliser l'ennemi. Ses méthodes n'ont rien à voir avec celles des guerres de jadis qui avaient aguerries les armées occidentales . L'endoctrinement, le lavage de cerveau, rappellent les méthodes d'un certain Hassan Sabbâh à Alamut (Iran) , puis après lui tous les chefs ismaéliens (notamment de Syrie) désignés alors " vieux de la montagne" qui enrôlaient, formataient des combattants, désignés Hachachin-Assassins, qui drogués, avec l'espoir de gagner un paradis peuplé de créatures féminines de rêve, exterminaient au Moyen-Orient des personnes qui faisaient de l'ombre à leur Maître. C'était il y a près de 900 ans. Nous revoici plongé dans ce Moyen-âge des ténèbres, désigné "croisades" par les uns, "terrorisme " par les autres .

L'Occident se sent désemparé. Car la menace est double: au Moyen-Orient , de nouveaux "Hachassins-Assassins" sont formés tous les jours, en Occident, et en particulier en France -qui abrite la plus grande communauté musulmane d'Europe- des jeunes sans espoir, sans identité, trouvent dans ces appels à la Guerre sainte un projet de vie qui les conduit le plus souvent à la mort. Tout cela ne doit pas se réduire à l'islam. Et de quel islam parlons-nous? sunnisme, chiisme, wahhabisme, salafisme.

L'impérialisme occidental des XIXe et début XXe siècle, a créé des relations politiques sur des terrains qui de nos jours sont des foyers de culture de ces djihadistes. Des frustrations, des haines nées de la mainmise de l'Occident sur certains pays pendant de nombreuses années resurgissent aujourd'hui, manipulées par des pays ou des mafias qui utilisent la religion comme ciment contre les sociétés occidentales, perverses et dévoyées. Mais ce n'est pas une guerre des civilisations comme certains de ces barbares souhaiteraient encourager.

Au lieu de soutenir ou de travailler avec ceux qui représentent l'islam modéré, les pays qui s'ouvrent à la démocratie, c'est tout le contraire qui est fait. On fait alliance avec ces pays de l'islam wahhabite qui encouragent , subventionnent depuis plusieurs décennies – l'Algérie en a payé le prix fort dans les années 1990, nous étions alors sourds aux appels au secours- les extrémismes religieux qui voudraient rétablir sur toute la planète un islam originel, celui du VIIe siècle ou nous signons accord sur accord avec des gouvernements dictatoriaux -excepté la Tunisie qui reste le cas d'école exemplaire- plutôt que d'essayer de parler et de construire un monde nouveau avec ceux qui s'ouvrent à la démocratie comme l'Iran. L'Iran reste le seul pays stable de toute la zone moyen-orientale, celui où depuis de nombreuses années des penseurs religieux cherchent la voie d'un islam moderne -rien 'est simple et n'arrive en un jour- , celui qui aujourd'hui tremble aussi pour la sécurité de ces concitoyens qui seront la cible de ces barbares et arrête tous les jours à ces frontières des candidats djihadistes. 

A la suite des massacres du 13 novembres à Paris, des femmes et de hommes ont déposé fleurs et bougies devant l'Ambassade de France à Téhéran, le grand monument de la place Azadi a été illuminé aux couleurs de la France. On n'en parle pas car un parti pris a été décidé né du traumatisme de la Révolution islamique et de la prise d'otages américains en 1979 et depuis rien n'est remis en cause. Comment ne comprend-on pas que s'appuyer sur des religieux musulmans modérés sunnites et chiites, en France comme dans les pays musulmans est notre seule chance d'aborder ces aspects de propagandes et d'intoxication de notre jeunesse à laquelle on veut inculquer un islam dévoyé? Des responsables musulmans  éclairés  existent heureusement par centaines en France, au Moyen-Orient. Eux seuls sauront définir les conditions d'un autre discours religieux. 

N'entrons pas dans le piège où certains voudraient nous entrainer, du sunnisme contre le chiisme ou vice-versa. Il y a un sunnisme modéré comme il ya un chiisme moderniste. Tous les musulmans doivent avoir leur place dans notre société. 

L'Occident , c'est une tradition culturelle depuis le XIXe siècle, juge les autres peuples à l'aune d'une démocratie qui est la nôtre. Nous nous égarons. Le monde arabo-islamique peut aussi avoir sa démocratie mais qui est plus complexe, qui ne répond pas à toutes nos valeurs car l'islam lui-même impose encore certaines contraintes . Sachons choisir nos amis parmi les moins obscurantistes ou les plus progressistes. Dans le chiisme, plus orienté vers un islam qui se veut vivre avec son époque, de tout temps de penseurs ont fait évoluer les comportements ou se sont posés en défenseurs d'une évolution de leurs sociétés; ils ont souvent été éliminés par leurs propres gouvernements qui légalisaient leur présence dans la dictature. Dans le passé, les grands ayatollahs Kashani, Borujerdi, le philosophe Ali Shariati, plus près de nous les théologiens et philosophes Mohammad Mojtahed Shabestari, Mohsen Kadivar, Abdolkarim Sorush plaident pour un islam extérieur à une politique laïcisée. 

On ne pourra se sortir de cette "guerre" seul avec nos méthodes et nos propres approches. Trop de ressentiments nés du colonialisme occidental des siècles passés, – ressentiments qui sont développés jusque dans nos banlieux chez des jeunes en échec scolaire, mal dans leur peau – orchestrés et manipulés par des mafieux et trafiquants qui ont bien compris la fenêtre qui s'ouvrait à leur avantage. Les communautés musulmanes sont les premières à payer cher ces comportements, ne l'oublions pas. Certains pays du monde arabo-musulman en paient eux-mêmes le prix fort, pensons à la Tunisie, à l'Egypte, au Yemen, aux pays du Sahel; chaque semaine les services iraniens déjouent ou arrêtent des djihadistes qui tentent d'infiltrer le territoire. Ces communautés et ces pays ne demandent qu'à coopérer avec nous de manière franche et sans calcul .

 

Un commentaire

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  1. L’obscurantisme est la pensée moderne.
    Dans l’Islam, il y a deux vérités :
    La vérité universelle, Allah créateur, a créé le bien et le mal.
    La vérité révélatrice (Coran) , Allah nous ordonne de combattre le mal.
    L’Islam reconnait la liberté du culte, non pas pour plaire, mais parce que si on impose une religion par la force, on obtient une réalité à deux visages, on obtient jamais un croyant.
    Croire en Allah veut dire : l’homme sous la religion d’Allah.
    Ne pas croire en Allah veut dire : Allah sous la religion des hommes.
    La pensée humaine ne laisse pas l’homme libre de choisir,

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