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“Eloge” d’Anders Breivik, l’infâme pamphlet de l’islamophobe Richard Millet

Pamphlétaire en équilibre permanent sur le fil de la provocation ignominieuse, l’écrivain Richard Millet, qui se répandait il y a peu en disant ne "plus supporter les mosquées en France",aurait-il perdu pied en s’enlisant dans l’éloge glaçant du mal absolu : le terroriste norvégien, néo-nazi et islamophobe, Anders Breivik ?

Sous le titre infâme "Eloge littéraire d’Anders Breivik", l’infinie présomption de l’intellectuel qui, bien au chaud dans son statut douillet d’écrivain exigeant, s’autorise à encenser un monstre, transparaît en toutes lettres. Mais n’a-t-il pas trempé sa plume dans une encre un peu trop noire et fascisante, que rien ne peut exonérer, et surtout pas la liberté artistique. Et oui, car tout cela ne serait que pure littérature ! De qui se moque-t-on ?

Le Tout-Paris qui publie, décerne les palmes, disserte, pense et soliloque, est dans tous ses états, et même au trente-sixième dessous, depuis que son protégé, distingué par de nombreux prix prestigieux, a dépassé les bornes en décelant l'imperceptible  "un geste esthétique dans le massacre de 77 jeunes Norvégiens", tout en justifiant l'injustifiable : Anders Breivik est "un enfant de la ruine familiale autant que de la fracture idéologico-raciale que l'immigration extra-européenne a introduite en Europe". En d’autres termes, c’est la faute aux immigrés, et en filigrane à l’islam et au multiculturalisme, si ce tueur implacable, froid et calculateur, a mis son plan mortifère à exécution !

Millet se lâche, laissant tomber le masque du polémiste de salon pour apparaître tel qu’il est, dans toute sa splendeur d’islamophobe primaire et de raciste viscéral. Combien de temps encore sa caste et les médias auront les yeux de Chimène pour ce plumitif hautement nocif qui admire Breivik sans nuances, se flatte d’avoir dévoré les 1.500 pages de son manifeste délirant, s’enthousiasme pour sa prose, et crie sa haine de l’immigration et du multiculturalisme (ô surprise !), s’exclamant : "Breivik est sans doute ce que méritait la Norvège" ? Et nous, méritions-nous un misanthrope en croisade tel que Millet ?!

Combien de temps encore le petit monde de l’édition, en plein désarroi, optera pour la politique de l’autruche face à un énergumène qui prêche la haine à toutes les tribunes, et à qui l’on fait beaucoup trop d’honneur en lui prêtant une grande vision littéraire de la décadence et de l’identité nationale ?

Sans déclencher une levée de boucliers, certaines voix s’indignent toutefois de sa publication, à l’instar de l’écrivain Pierre Assouline très choqué, mais aussi de Tahar Ben Jelloun qui a commenté "il perd la tête", de l’auteur et éditeur Jean-Marie Laclavetine, confiant "ce n’est pas la première fois qu’il publie des choses inacceptables", tandis que la romancière Annie Ernaux juge son texte "comme un acte politiquement dangereux", insistant dans Le Monde : "La question d'une réaction collective est maintenant posée à tous les écrivains Gallimard".

Richard Millet se défend, mais sa cause est indéfendable, comme l’étaient ses propos inqualifiables et hautement inflammables proférés dans une émission pourtant de haute tenue «Ce soir ou jamais», où il s’était permis de lancer que prendre le RER le soir à Chatelet-Les-Halles était un cauchemar car il était le "seul blanc", enfonçant le clou chez son ami Finkielkraut au micro de France Culture: "Quelqu’un qui à la troisième génération continue à s’appeler Mohammed quelque chose, pour moi, ne peut pas être français".

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