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Dominique Strauss-Kahn, de la bronca à la baraka ?

Coup de théâtre. Jeudi soir, le New York Times a révélé que les accusations de crimes sexuels portées à l’encontre de Dominique Strauss-Kahn pourraient s’avérer infondées. Mise en cause pour sa fiabilité générale, la victime présumée ferait partie d’un réseau criminel.

Il pourrait être finalement acquitté. Sous couvert d’anonymat, des proches du procureur en charge de l’enquête ont suggéré au New York Times que la victime présumée de la tentative de viol imputée à Dominique Strauss-Kahn serait en réalité une affabulatrice. Le but de ses allégations ? Une extorsion de fonds dans laquelle serait partie prenante un prisonnier impliqué dans un trafic de stupéfiants.

La nouvelle redonne espoir au clan Strauss-Kahn : depuis l’aube, c’est le soulagement sur les antennes audiovisuelles qui s’exprime. Qu’il s’agisse de Jack Lang, Jean-Marie Le Guen, Michèle Sabban ou Jean-Christophe Cambadélis, tous espèrent le retour rapide de leur héros. A condition d’une réhabilitation qui pourrait s’amorcer à la suite d’une audience judiciaire -anticipée- qui doit se tenir ce jeudi au lieu de la date initialement fixée du 18 juillet.

Au diapason des strauss-kahniens, certains journalistes exultent dorénavant : outre Claude Askolovitch, c’est le cas notamment de Michel Taubmann, ancien responsable de l’information à Arte. Auteur d’un ouvrage réédité et largement favorable à l’ex-directeur du FMI, l’homme enchaîne depuis plusieurs semaines les interviews pour défendre la réputation du ténor socialiste. Curieuse figure dans le monde des médias que Michel Taubmann : directeur de la revue pro-occidentale Le Meilleur des Mondes, il est également membre-fondateur du Cercle de l’Oratoire, un club de réflexion obsédé par l’islamisme radical et aligné sur les positions bellicistes des néoconservateurs américains et israéliens. Au-delà de son hagiographie de DSK, Michel Taubmann incarne, à l’égal de son camarade Antoine Vitkine-également membre de l’Oratoire, un certaine forme de journalisme, ultra-idéologique, à la conquête de la surface médiatique tout en affichant le vernis trompeur d’une rigueur déontologique.

L’épée de Tristane

En attendant la conclusion de la saga américaine, un mystère persiste : celui de la véracité d’une autre accusation, celle portée par l’écrivain Tristane Banon à propos d’une tentative de viol qui se serait produite en février 2003. Sa mère, l’élue socialiste Anne Mansouret, a affirmé qu’elle avait retrouvé sa fille traumatisée, « la fermeture éclair de son jean déchirée ». A ce jour, la jeune femme se réserve encore le droit de porter plainte . Et nul ne sait si cette autre affaire, étouffée depuis huit ans et sur laquelle Oumma aura bientôt l’occasion de revenir en détail, ne pourrait resurgir sur le devant de la scène politique. Tristane Banon serait-elle une autre affabulatrice, à l’instar de la victime présumée du Sofitel sur laquelle désormais l’opprobre est jeté ? Contrairement à ce que suggèrent Michel Taubmann et les communicants du clan Strauss-Kahn, rien ne permet de l’affirmer. Il en va différemment, par contre, du cas Marie-Léonie Leblanc : en 2004, cette jeune femme, souffrant de mythomanie, avait prétendu avoir été sauvagement agressée dans une rame du RER D par des banlieusards basanés et antisémites. A l’époque, un certain Dominique Strauss-Kahn avait relativisé avec une curieuse indulgence la mystification -qualifiée de « coup monté »– en des termes qui résonnent aujourd’hui avec son propre sort.

Mensongère ou calomniée à son tour, Nafissatou Diallo pourrait être éclipsée dans les prochaines heures. Tristane Banon, quant à elle, demeure.

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