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Deux Marocains attaquent George W. Bush en justice

Au-dessus des lois, hors du temps, au-delà de l’humainement tolérable, et aux confins méridionaux de Cuba, l’enfer pénitentiaire de Guantanamo, sur lequel flotte la bannière étoilée à jamais entachée par des emprisonnements arbitraires et la promesse Obamanienne de fermeture maintes fois trahie, est rattrapé par ses exactions terrifiantes commises au nom d’une lutte contre le terrorisme qui a bon dos.

Si l’auréole miraculeuse du renouveau qui entourait Barack Obama a cessé d’irradier en brisant les espoirs placés en lui, son sinistre prédécesseur, le va-t-en-guerre George W. Bush, va-t-il enfin devoir rendre des comptes à la face du monde pour les crimes perpétrés à l’ombre des barreaux, dans l’épaisseur d’une omerta insoutenable ?

Ce sont deux anciens détenus marocains, deux sans-voix rescapés de l’horreur après avoir été acquittés, l’un natif de Ceuta, l’autre d’El Houceima, qui veulent rompre avec l’impunité intolérable dont jouit l’ancien président américain, semeur de chaos en Irak et en Afghanistan entre autres. Hier, réduits à des numéros de matricule, déshumanisés et broyés par une détention militaire illimitée, injuste et cruelle, les deux hommes relèvent aujourd’hui la tête, avec courage et détermination, pour traîner sur le banc des accusés leur bourreau de Washington et ses complices de l’époque, à savoir l'ex vice-président, Dick Cheney, et l'ancien ministre de la Défense, Donald Henry Rumsfeld, au motif de « crime contre l’humanité, séquestration et torture ».

Révélée par le quotidien marocain Al Massae, qui indique que "le juge Pablo Ruz de l'Audience nationale de Madrid, la plus haute juridiction pénale en Espagne, a demandé une audience auprès de l’ancien président américain pour crime contre l’humanité, séquestration et torture de deux marocains, dont l’un est originaire de Ceuta", l’annonce de cette action en justice rendra-t-elle enfin justice à ces prisonniers sans visage, déchus de leurs droits fondamentaux et accusés des pires méfaits ?

L’histoire le dira, alors que la machine judiciaire espagnole, saisie de la plainte, s’est bel et bien mise en branle, assurant disposer de preuves solides, en tout point accablantes pour l'administration Bush, notamment en matière de violations des droits de l’Homme, et se disant prête, le cas échéant, à lancer un mandat d’arrêt international contre ce dernier : "Le juge espagnol aurait présenté une requête à son homologue américain le 23 janvier dernier afin de savoir si la justice américaine avait l’intention de poursuivre Georges W. Bush", précise Al Massae.

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