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Coronavirus : un jeune musulman britannique bâtit sa petite mosquée… à la maison

Reclus chez lui, dans un royaume britannique qui vit à l’heure d’un confinement qui risque fort de s’éterniser, le jeune Yahya Murad Hussain ne quitte plus la cachette spéciale qu’il a fabriquée de ses propres mains.
Une cachette baignée de lumière, et traversée par un grand souffle spirituel, qu’il est fier de présenter comme sa « petite mosquée » érigée dans la douceur de son foyer. Alors même que le coronavirus sévit toujours dehors et, plus effroyable encore, que la mort rôde dans les rues de Bradford, la ville du West Yorkshire où il est né, le petit garçon très pieux s’est construit un refuge douillet dans le havre de paix de sa maison.
Sous le regard bienveillant et admiratif de ses parents, qui ont volontiers apporté leur pierre à l’édifice, Yahya Murad Hussain a naturellement fait sien le célèbre hadith authentifié, attribuant au grand homme de l’islam, le Prophète Muhammad (saws), la parole restée gravée dans les mémoires et le marbre de l’histoire : « La Terre entière est un lieu de prière ». A ce petit détail près que c’est sa salle de jeux qui est devenue une mosquée, comme il le fait observer avec une rare humilité.
« Lorsque j’ai appris que toutes les mosquées avaient fermé à cause du coronavirus, j’ai décidé de construire une mosquée dans ma salle de jeux », a-t-il expliqué, les yeux brillant d’émotion en contemplant son ouvrage fait maison. Pour ce petit musulman britannique qui attend avec impatience l’arrivée du mois de Ramadan, l’épreuve de l’isolement social a du bon, puisqu’elle aura fait vibrer en lui sa fibre de croyant et de bâtisseur… d’une jolie mosquée en carton.


« Il m’a fallu une semaine pour la réaliser, car j’ai peint certaines pièces et j’ai dû attendre que la peinture sèche. J’ai aimé faire les vitraux avec des papiers peints de qualité, mais ce que j’ai adoré par-dessus tout, c’est peindre le dôme en vert », a déclaré Yahya Murad Hussain avec un enthousiasme plein de fraîcheur, non sans avoir préalablement remercié ses parents pour leur aide précieuse.
« Quand l’heure est venue de prier, je fais l’Adhan et l’Iqama. Mes parents prient avec moi. Je passe beaucoup de temps dans ma mosquée, c’est mon refuge, là où j’aime lire et réciter des versets du Coran. Le moment que je préfère, c’est le Maghrib, car je peux allumer les guirlandes et c’est vraiment agréable », a-t-il ajouté.
Dans sa petite mosquée où il se ressource quotidiennement, à l’abri de l’ennemi invisible qui terrasse le monde et reste pour l’heure invaincu, Yahya Murad Hussain puise dans sa foi en Dieu une force incroyable qui lui fait toujours percevoir une lueur d’espoir, même dans le ciel le plus assombri. « Ma foi me porte et m’aide à donner un sens au monde. Elle me fait me sentir heureux et en sécurité. Je serais une personne différente si je n’avais pas ma foi », a-t-il insisté avec une étonnante maturité.

A l’évocation de l’imminence de la célébration du mois béni, un beau sourire a éclairé son visage juvénile. Il se souvient que l’année dernière, il avait essayé de jeûner pendant les week-ends, sous l’étroite surveillance de sa maman qui lui recommandait de n’observer le jeûne que la moitié de la journée.
« Il faisait très chaud et c’était difficile. Mais quand venait l’heure de la prière de Maghrib, j’ai réalisé à quel point j’avais de la chance. J’étais reconnaissant envers Allah pour toute la nourriture et les boissons qu’il y avait sur la table », s’est-il remémoré. « J’aime quand le Ramadan est là. Nous décorons la maison avec des ballons, et j’essaie de faire de bonnes actions et d’obtenir de nombreuses récompenses », s’est-il exclamé, avant de préciser avec l’exaltation de l’enfant qu’il est : « J’aime jeûner pour plaire à Allah, et aussi pour faire quelque chose que les adultes font, et en plus je reste debout plus tard ! ».
Dans la quiétude de son enceinte sacrée personnalisée, née sous ses doigts habiles, le jeune Yahya Murad Hussain se prépare avec une ferveur particulière à célébrer un Ramadan qui ne ressemblera à aucun autre, dans l’intimité de son foyer et avec ses parents uniquement. « Ce sera un Ramadan très différent cette année », a-t-il soupiré avec un brin de nostalgie qui contraste avec son si jeune âge. Mais c’était avant de se reprendre, les yeux pétillant de joie, et de s’engouffrer à nouveau dans sa si jolie petite mosquée… à la maison.

Le petit Yahya Murad Hussain effectuant sa première  Omra

 
 

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5 commentaires

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  1. Cela me rappelle le coin prière que j’avais chez mes parents quand j’étais enfant,une bougie,une icône,une croix et l’image de mon Saint protecteur.
    C’était un peu moins ambitieux car nous n’avions pas construit l’église qui va avec!
    Mes enfants ont tous les deux ce petit coin prière dans leur chambre.
    Éveiller la foi chez l’enfant est très important,cela lui donne une  » colonne vertébrale  » pour sa vie entière.

  2. Quel enfant précoce!Et quelle belle leçon donnée aux musulmans qui devraient suivre l’action de ce petit musulman et de faire de leurs demeures des mosquées.Toutes les maisons des musulmans devraient devenir des maisons de Dieu où l’adhan et l’ikama devraient retentir.

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