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Coronavirus: savoir religieux et formation professionnelle

Pendant que le monde moderne mobilise ses ressources morales, scientifiques, intellectuelles et économiques sous la conduite éclairée, rigoureuse et pédagogique des Etats pour contrer les dommages du Coronavirus, dans certains pays de l’ex-civilisation islamique comme l’Algérie on s’entre-déchire pour établir qui est qualifié pour édicter des « fatwas » en vue de protéger les prescriptions religieuses relatives au pèlerinage, au jeûne, aux prières à la mosquée, à la prière collective du vendredi, aux prières facultatives durant le ramadan, aux rites funéraires et j’en passe…
Tandis que leurs gouvernements lorgnent du côté du FMI, de la Chine ou de l’Occident pour de bienvenues aides financières ou médicales dont ils remercieront Allah d’avoir choisi ce biais pour leur venir en aide – c’est mieux que rien – leurs « savants religieux », oubliant l’existence de l’Etat, y vont chacun de leur « fhama » (savoir personnel) et de leur « fatwa » : établissements d’enseignement religieux officiels ou clandestins, associations auto-proclamées « savantes », imams des plateaux TV, ulémas de la rue…
Ils estiment arbitrairement que ce qui ressortit à la religion relève de leur ressort exclusif de « spécialistes » et que nul autre en dehors d’eux n’a le droit de relayer ne serait-ce qu’une information publique ou de livrer une opinion en rapport avec le sujet. Leur affairement en la matière est moins motivé par le souci de préserver la vie humaine que par l’obsession d’assister à une récession des pratiques religieuses qui nuirait à Dieu comme la récession est en train de nuire à l’économie mondiale.
Car c’est l’idée qu’ils ont de Dieu, héritée d’un savoir religieux qui l’a représenté sous des traits évoquant ceux des figures de l’idolâtrie humaine, tantôt gentil tantôt furieux, la Terre étant son royaume et les musulmans son peuple élu.
C’est que le vieux savoir religieux a mis au point il y a un millier d’années un dispositif de mesures barrières pour imposer aux musulmans la conception de la religion, de la vie, du passé et de l’avenir à laquelle il est parvenu à partir des connaissances de son temps, aujourd’hui largement dépassées.
Et pour tuer dans l’œuf toute tentative ultérieure de remettre en cause ses acquis, son exégèse et ses préconisations, il s’est gratifié du titre quasi-divin de « seconde Révélation » (al-wahy at-tani). Ce n’était pourtant que l’œuvre d’hommes nés des siècles après l’apparition de l’islam et le décès du Prophète.
Ces hommes se sont institués en « ceux qui lient et délient », leurs interprétations ont été revêtues du manteau de la sacralité, ils se sont élevés au rang de Dieu en se réclamant de son « amitié » (awliya), ils ont décidé qu’ils étaient les « héritiers des prophètes », ils ont fermé les portes de l’ijtihad (liberté de pensée) et ils ont interdit à la postérité de toucher au moindre mot et à la moindre ligne alignés par eux.
Cela peut paraître incroyable mais dans la réalité, dans les faits, la part de l’homme dans l’islam a été prépondérante sur celle du Coran depuis le début. Ce n’est pas le Coran qui définit et organise dans le détail la vie des musulmans, mais les livres de six hommes en particulier : les quatre fondateurs des rites qui forment la « sunna » (Abou Hanifa, Malik, Chafi’î et Ibn Hanbal) auxquels il faut ajouter le rite ibadite, et les deux auteurs des recueils de hadiths que sont Boukhari et Muslim.
De cette œuvre il subsiste de nos jours une scolastique dévitalisée, enseignée dans des universités comme al-Azhar ou des ateliers de formation professionnelle improvisés à la Talibane et préparant au métier de gaveurs de crânes et, le cas échéant, de coupeurs de têtes.
L’emploi tout seul du  mot « savant » dans la langue arabe et la culture islamique (« alem », pluriel « ulémas ») fait exclusivement penser aux hommes de religion. Il faut lui ajouter un complément ou un adjectif pour qu’il devienne applicable à d’autres domaines que ce qu’on appelle depuis Abou Hamed al-Ghazali (XIIe siècle) les « sciences religieuses », lesquelles, depuis lors, ont éteint les autres
Pourtant il n’y a pas deux mots qui se rejettent par définition autant que science et religion. La première repose sur le questionnement et le doute, la seconde sur la vérité éternelle et la croyance confiante et quiète. La science explore, la religion adore. La première cherche et remet en question constamment ce qu’elle a appris, la seconde recueille et transmet en l’état des connaissances intangibles. L’une parvient au savoir par l’observation et l’expérimentation et accepte de se remettre en cause après chaque conquête, l’autre croit sans avoir besoin de voir, de toucher ou de preuves, même si la réalité jure contre ses dogmes.
On trouve rarement aujourd’hui parmi les hommes de religion issus d’une formation professionnelle expéditive un savant digne de leurs prédécesseurs des siècles antérieurs ou des penseurs de la trempe de Abderrahmane al-Kawakibi, Mohamed Abdou, Ali Abderrazik ou Abdelhamid Ben Badis. Si, par exemple, ce dernier vivait parmi nous, ou si les islamistes obscurantistes pullulaient à son époque comme aujourd’hui à la nôtre, ses idées, ses écrits et ses positions lui auraient valu quotidiennement des kilomètres de commentaires orduriers sur les réseaux sociaux, et il aurait été désigné comme cible prioritaire à la vindicte terroriste par bon nombre de médias islamistes.
Cet homme de religion noble et racé, ce « alem » que je révère depuis mon adolescence pour ses idées audacieuses, ce véritable penseur et rénovateur est celui qui a eu le courage de soutenir en 1924 l’abolition du califat par Mustapha Kemal Ataturk à contre-courant de l’opinion dominante dans les milieux religieux du monde musulman, et de lui rendre hommage à sa mort en 1938.
Pour avoir pris la même position dans un petit livre intitulé « Les sources du pouvoir en islam » publié en 1925, le grand et vrai « alem » égyptien Ali Abderrazik a été dépossédé de ses diplômes et titres d’al-Azhar, révoqué de ses fonctions de magistrat, laissé sans ressources et assigné à résidence jusqu’à la révolution de 1952.
Parce que les ulémas diplômés de la formation professionnelle et qui y ont rajouté les déformations professionnelles inhérentes à leur idiosyncrasie l’ont voulu.
 

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Commentaires

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  1. Bien évidemment, après avoir prêché l’humanisme pour tous les cultes et les croyants sauf l’islam et les musulmans, il faut étouffer les plus anciennes et premières universités au monde : Al Azhar, Al Quaraouiyine et tant d’autres. Comme ça, ce qu’il reste de science s’éteindra.
    Tout va bien dans le pire des mondes ! Vilipender son peuple est à la mode chez les politiques contemporains.
    Bon, on notera le prêche quelque peu athéegriste et l’omission des USA parce que cette nation, non seulement concerne des États…-…Unis mais en plus elle croit fermement en … Dieu. 30% des Américains croient en la terre plate (normal ils n’ont jamais lu le Noble Coran) et 30 autres pourcent ne savent pas comment on fait des bébés (ils sont en majorité athées et croient en la théorie philosophique de l’évolution qui dit qu’un organisme complexe se fait par des milliers de petites cellules qui se rejoignent après un long périple (la traversée du désert) pour constituer un organisme complexe, bref ils n’ont rien compris à l’embryologie coranique et la vraie histoire des cellules de reproduction). Malgré ça, je n’ai jamais vu de politique américain cracher sur son peuple, peut-être parce que là-bas tout le monde est armé. Ceci expliquant cela. Bref, cracher sur des musulmans reste beaucoup moins dangereux, même Onfray l’a compris.
    C’est sans oublier qu’ils ont des universités-chapelles puisque, eux, la tradition islamique des universités ils la préserve mais pour leur religion. Si bien que M. Boukrouh fait passer pour des connaissances scientifiques ce qui n’est que croyance. Donc attention, ne pas adhérer à l’histoire biblique racontée sous des faux semblants scientifiques et universitaires ne fait pas forcément de vous un islamiste sauf si la définition de ce mot est : « celui qui raisonne ».
    Mais comment expliquer que depuis que les athées deviennent un peu trop nombreux, la décadence commence à se faire ressentir en France. Alors que Raoult et son équipe experte sont écoutés dans le monde entier, ils croient que la chloroquine est un complot indien Modi. Du coup, ils ont sorti un décret pour empêcher les gens d’être soignés. Mais mieux, grâce aux vénérables athées de la décadence, on a le droit de mourir hors de l’hôpital, vu qu’il n’y en a plus. On se retrouve même à coudre nos propres masques et créer notre propre gel hydroalcoolique. C’est la puissance de l’Homme, nous sommes tous devenus savants individualistes et athées malgré nous en France. Et bientôt, nous vaincrons la mort, puisque nous serons tous morts. Hé, fallait y penser à celle là. Trop fort les zathées !
    Ah les Chinois, ces fervents athées communistes qui font de xi (deux lettres suffisent au suffisant pour se nommer) celui qui placera la Chine comme première nation suffisante au monde. Du coup, on esclavagise son peuple, on le trace comme du bétail et on cloisonne les autres peuples pour les inclure dans la bulle du milieu. Je ne sais pas si vivre dans une rizière est plus agréable que de travailler dans une usine (sans protection, bizarrement là, les masques et autres tenus de protection ne sont pas toujours au rendez-vous) pour un euro de l’heure en Chine mais il paraît que les conditions sociales s’améliorent et que désormais les salariés peuvent gagner jusqu’à deux 2 euros de l’heure. Mais chut, ils fabriquent des masques qu’ils distribuent au monde grâce à un peuple aux ordres sous surveillance constante et esclave de l’industrie. Il faut qu’ils se sacrifient pour le parti et l’image internationale de xi.
    Néanmoins, ce sont des modèles qui marchent, ben oui puisque la France raquette l’Afrique, et la Chine s’y met également, donc ça marche. Alors luttons contre les musulmans, luttons contre le Califat, afin de nous aussi pouvoir raquetter … ou mieux se faire raquetter. Parce qu’au final, ceux qui ont été au pouvoir, qui ont tenu des fonctions, qui sont colonisés intellectuellement par les autres car la Chine n’est pas la France qui n’est pas le Maghreb, qui n’ont de science à opposer que celle des mots et des lettres tout en expliquant que le pays qu’ils ont géré est incapable de faire de la science technique. Mais bien évidemment, c’est de la faute aux musulmans qui crient qu’une bonne partie du peuple est indisciplinée, mal éduquée, ignorante et peu pratiquante d’un comportement qui se doit d’être exemplaire, qui ne sont pas au pouvoir et qui ne peuvent pas mettre en oeuvre des solutions coraniques sans que des intégristes génocidaires intolérants les en empêchent en les faisant passer pour ce qu’ils ne sont pas et en versant des larmes de crocodile sous les applaudissements de ses anciens et futurs colons.
    Alors, il ne faut pas s’étonner, que les peuples qui sont en ordre de bataille face à la vie et ses épreuves, ancrés dans leur tradition qui leur procure une vision commune et directrice se lèvent comme un seul homme pour faire entendre leur voix quand d’autres pataugent, éclaboussés qu’ils sont par la crasse de l’incompétence la plus vile de leurs dirigeants lettrés en illétrisme a-scientifique totalement dogmatique qui n’ont plus aucun honneur propre ni culture propre. Qu’ils soient pseudo-religieux ou pseudo-laïcs, je vomis les sciences inhumaines. Que la pluie tombe effectivement et qu’elle lave les peuples de toute cette crasse. Il y en a marre de ces pseudos lettrés qui n’ont de vérité dans leur plume que des fantasmes incohérents. Et ceci ne concerne pas que les pseudos intellectuels algériens. Nous sommes également, en France, bien servi. Il n’est pas si loin pourtant le temps où en France, le débat scientifiquement complexe pouvait avoir lieu. D’ailleurs, parler et écrire français vous enferme désormais dans un dogmatisme où on ressent le mal être de cette langue et son profond désaroi. Cette langue passe une période de tension à l’évidence. Je ne sais de quoi cela est le signe (j’ai quand même mon idée) mais lire et écrire l’anglais aide mieux à rester en contact avec l’esprit scientifique nécessaire à la raison. C’est souvent d’ailleurs pour cela que leurs lettrés sont quand même un peu plus coriaces et plus fins malgré une vision décomplexée très souvent digne des plus grands récits bibliques hollywoodiens. Je n’ai que deux mots à dire comme slogan à tous les peuples : sciences first ! Et toutes les sciences svp parce qu’un scientifique a une âme et une spiritualité avant tout, n’en déplaise aux prêcheurs de la décadence : in god we trust. Ce n’est pas la religion qu’il faut mettre de côté mais c’est les autres sciences qu’il faut lui réintégrer. Une université (et école) sans mosquée est amputée de son coeur, une mosquée sans université (et école) est amputée de sa raison. Au lieu de lutter les uns contre les autres, cela ne vous arrive-t-il pas à l’idée de travailler ensemble comme les illustres prédécesseurs. À quand une mosquée-université du 21ème siècle digne de ce nom ? On construit de nos jours les plus grandes mosquées de l’histoire MAIS vides, vides de sciences alors qu’elles sont toutes nées dedans. Honte à vous !
    Je disais donc, pas si bête quand même les Chinois vu qu’ils ne croient ni en la terre plate ni en l’évolution ni dans un quelconque récit biblique. Eux ils croient en Bill Gates : je copie et j’améliore, le reste on s’en fout, il ne sert à rien de tergiverser. Si son entreprise Microsoft est devenue ce qu’elle est sans avoir eu la capacité de départ ni même la moindre technologie entre les mains ou dans la cervelle, les Chinois ont démontré que cela marche de manière encore plus générale. Les Iraniens le font également, sans tergiverser, et d’autres commencent à s’y mettre également comme les EAU (timidement), mais sans tergiverser, et les Russes par exemple, sans tergiverser. Othodoxes droit devant, Chiites droit devant, Confucéens droit devant. Du coup, tout devient confus en ce moment, on ne sait plus forcément qui maîtrise quoi et quelles sont les nations les plus performantes dans un domaine précis. Avant, il était simplement interdit de fabriquer telle pièce ou telle technologie sans en subir les foudres de l’empire. La Chine y est arrivée soutenue par la Russie (et beaucoup d’autres) pour le grand intérêt de cette dernière car les retombées sont gigantesques. Ce que la Chine a réussi, c’est casser l’emprise technologique despotique des USA. Car tout pays qui prend trop de liberté technologique finit comme l’Iran sous sanctions pour technologie trop avancée voire en lambeau comme le pays de feu Khadafi ou Hussein qui avaient eu l’outrecuidance de dépasser doublement les bornes puisque arabomusulmans et avancés technologiquement et socialement. Les dominants, les hégémons, ont toujours peur des pays ou des États qui s’unissent avec un objectif de puissance économique et scientifique et disposent d’une contre culture diverse, inclusive, efficace, pragmatique, qui rassemble les coeurs et les intérêts de la raison parce que ce sont exactement les conditions nécessaires pour que tout devienne possible.
    Donc non, monsieur Boukrouh, on ne convaint pas avec les sentiments et vous faites fausse route parce que vous êtes comme ceux que vous critiquez à juste titre mais de manière excessive et injuste. Il vous manque la multidisciplinarité et la transdisciplinarité nécessaires. La France, c’est avant tout polytechnique et les mines, la Chine c’est avant de très grandes universités tout comme les USA c’est avant tout Harvard (université-chapelle), le MIT (institut technologique avec une chapelle) et tant d’autres. Des véritables élites ne peuvent naître qu’en ayant ses propres écoles-cultes. Et croyez-moi, je sais de quoi je parle, et là encore croyez-moi, il y a des véritables savants compétents multi et transdisciplinaires à Al Azhar bien que ce ne soit malheureusement plus la norme puisqu’un docteur en théologie passe clairement la majeure partie de son temps à faire autre chose que de la science technique. Pays en proie à des problèmes sociaux-économiques graves et quelques dirigeants véreux en plus d’être peu formés et incompétents, sont une véritable plaie. Mais sans les valeureux savants de notre époque, sans les valeureux dirigeants qui font front souvent dans l’ombre, non seulement l’Afrique du Nord parlerait anglais ou français mais elle ne serait plus du tout musulmane. Le constat est clair : face au plus grand softpower et hardpower du monde, il y a des régions qui resteront à jamais islamiques tant que Dieu voudra. Alors au lieu de participer à la stratégie du chaos suite à ce constat, participez à l’union et au travailler ensemble. Les mosquées ne se videront jamais, inchahallah, il suffit d’y apporter les sciences. Et quelle chance et avantage d’avoir autant de comité de quartier islamique (en parallèle aux comités de quartier communistes chinois pour reprendre votre solution) qui peuvent travailler collégialement, scientifiquement, avec Foi et Raison. L’Iran le fait à sa manière et y arrive, la Chine le fait à sa manière et y arrive, la France l’avait fait et y est arrivée, les USA également. Ça marche ! Alors à quand une andalousie maghrébine pour rendre le peuple savant et ouvert afin de montrer au monde la beauté de la zone civilisationnelle islamique encore bien vivante, tolérante et prometteuse ? Plongez dans l’islam ! Ce n’est pas moi qui vous le dit, mais Allah swt, dans le premier livre de l’humanité, le Noble Coran.

  2. Toujours pas publié, pourtant ma question à l’auteur est logique. Puisque le titre suggère la préoccupation de formation professionnelle, je voudrais savoir quel est le métier et la formation professionnelle autre qu’intello de Nour-Eddine Boukrough. Comme certains commentateurs ici d’ailleurs devraient nous dire quels sont leurs métiers et comment ils gagnent leurs vies. C’est icönoclaste ça? Eh bien oui, c’est icônoclaste, comme ça la personne dite de l’intellectuel est aussi attaquée, il y en a je trouve très beaucoup ils passent trop de temps en bavardage, il y en a trop en pays de Musulmans et ils se concurrencent. Si donc le propos de cet article à en croire le titre est que mieux vaut échauffer ses mains par l’ouvrage, alors que l’auteur enseigne par l’exemple, non? J’ajoutais à ça, dans mon commentaire oublié depuis des jours, que si le confinement ne lui réussit pas, qu’il se détende, fasse du yoga et boive quelques bonnes tisanes. Quels sont les apports de Nour-Eddine Boukrough à l’humanité, à son pays et à son peuple?
    Avec toute l’irrévérence du Croissant de lune.

  3. Excellent article, qui remet de la distance entre sciences et religion. Aucun mépris pour l’une ou l’autre discipline. Mais, en effet, ne mélangeons pas tout. L’Abbé Lemaitre l’avait bien compris, qui exerçait, et son sacerdoce, et une activité scientifique haut de gamme, sans chercher à faire interférer les deux approches du réel.
    Je note aussi, tout comme l’auteur, l’ambiguïté du mot « savant », lorsque ce terme décrit un fin connaisseur du Coran. Pour moi, un savant est une personne performante dans le domaine scientifique, comme Einstein, ou Planck. Pas un clone de l’Imam de Brest. D’autant que la thèse de ce dernier sur les transformations en porcs des rockeurs n’a pas été publiée dans une revue à comité de lecture. Autrement dit, c’est comme pour la chloroquine: Il subsiste un doute.
    Ceci dit, le test en double aveugle tranchera. (Il est prévu de comparer l’écoute d’Elvis Presley et celle de Tino Rossi). Il va sans dire que les cobayes seront tirés au sort, et ne seront pas prévenus à l’avance. Les chansons sélectionnées seront « Hound Dog », et, « Maréchal, nous voila ». Les porcs seront comptabilisés par un charcutier traiteur assermenté certifié hallal par la Mosquée de Lyon.
    La viande sera ensuite vendue au profit d’une ONG caritative, « Les charcutiers du coeur ».

    • Patrice, heureuse que l’article soit excellent pour vous,il correspond exactement à vos pensées et à vos préjugés.Vous savez reconnaître les vôtres.
      Quant à l’Imam de Brest(encore lui!),il n’a jamais prétendu être un SAVANT.Il est tout simplement l’Imam de la communauté musulmane de Brest qui dirige les prières et accompagne les fidèles dans leur vie séculaire et spirituelle.

  4. Vous mettez le doigt sur l’hypocrisie ambiante qui règne dans les sphères religieuses de l’Algérie.
    Rarement l’hypocrisie n’a été poussée à un tel paroxysme. Nous vivons une époque ou savoir religieux et science profane n’ont jamais été aussi éloigné (aux antipodes). Les religieux ont réussi le tour de passe -passe d’associer science et religion. Schizophrénie dans toute sa splendeur.
    Poussons les schizophrènes jusque dans leurs derniers retranchements : si demain les recherches scientifiques aboutissent à un traitement et/ou vaccin contre le Covid 19 et que les gens recouvraient la santé, les religieux oseraient-ils affirmer que ce fut grâce à leurs fatwa et invocations ?
    Wait and see.

  5. Oui je vous rejoins Mouhib, quel dommage d’avoir opposé science et foi, ceci d’autant plus que cette dichotomie n’a pas concerné le monde musulman durant des siècles, c’est évidemment en Europe que l’émergence de la science a dû se faire qu’au prix d’une lutte acharné contre l’Eglise (et non contre le christianisme dans son ensemble, comme en témoigne Thomas d’Aquin).
    Or la décadence scientifique (qui suivie l’âge d’or scientifique) dans le monde musulman ne s’explique pas par une religion qui stigmatiserait la science mais par l’interdiction de l’enseignement de la logique qui arrangera aussi bien certains religieux (œuvrant pour la fermeture de l’ijtihad) que des tyrans et autres caciques voulant monopoliser le pouvoir politique et religieux sur les masses.
    Il est étonnant aujourd’hui d’assister à des débats télévisés où on peut entendre des intellectuels (sans parler des polémistes et autres démagogues) critiquer l’islam en projetant l’histoire mouvementée entre la science et l’Eglise sur cette religion, c’est une démonstration frappante de la mise en oeuvre des obstacles épistémologiques tels q’ils ont été décrit par Bachelard.

  6. Des religieux, cela ne doit pas exister dans l’islam. Avoir un lourd savoir ne veut pas dire qu’on est croyant.
    Beaucoup de savoir accumulé durcit le coeur.
    On est jamais libre, quand on dépend matériellement d’une structure.
    Par le passé, Abou Hanifa et Malek , les deux grandes écoles de l’islam, avaient compris cette règle.

  7. En plus des quatre écoles sunnites actuelles et de l’école ibadite, il y a les anciennes écoles sunnites largement oubliées mais dont les élaborations n’ont pas perdu pour autant leur légitimité, même si les pouvoirs ont réussi à éteindre leur existence, et il y a aussi les écoles zaydite et chiites qui n’ont aucune raison d’être exclues du libre débat sur la compréhension des textes du Coran. Que cent fleurs fleurissent, que cent écoles rivalisent !

    • Salam mon frère Baraa, les écoles et les doctrines sunnites qui ne subsistent plus, tu proposes que ce sont des gouvernements qui les ont fait disparaître mais en ce cas, leurs livres et développement eussent disparus. Pourquoi est-ce que ce ne serait pas seulement une certaine concurrence, par exemple les doctrines les plus cohérentes et solides l’ont emporté dans la faveur des gens sur des corpus de moindre solidité, tu ne crois pas? Certes, il est dommageable pour la oumma que ces madhabs aient disparus mais pourquoi serait-ce un fait volontaire de gouvernements plutôt que leur moindre popularité pour telle ou telle raison? Mais mon frère Baraa, ce n’est pas exactement le propos de l’article ni le propos général de cet auteur, veut-il faire revivre des traditions sans fidèles? Qu’à cela ne tienne, qu’il se lève et qu’il prêche, je crains que son propos ne soit pas celui-là. Qu’il aille donc en formation professionnelle apprendre un métier bien dur et qu’il échauffe ses mains par l’ouvrage au lieu de publier des articles intellos et inconsistants sur la toile pour meubler son confinement de désoeuvré.
      Croissant de lune.

  8. Votre citation « Tandis que leurs gouvernements lorgnent du côté du FMI, de la Chine ou de l’Occident pour de bienvenues aides financières ou médicales dont ils remercieront Allah d’avoir choisi ce biais pour leur venir en aide – c’est mieux que rien – leurs « savants religieux », oubliant l’existence de l’Etat, y vont chacun de leur « fhama » (savoir personnel) et de leur « fatwa » : établissements d’enseignement religieux officiels ou clandestins, associations auto-proclamées « savantes », imams des plateaux TV, ulémas de la rue… »
    aurait été plus juste en écrivant « Leurs gouvernements lorgnent du côté du FMI, de la Chine ou de l’Occident pour de bienvenues aides financières ou médicales dont ils remercieront Allah d’avoir choisi ce biais pour leur venir en aide …. tout comme la France qui lorgne du côté de l’Allemagne, en attendant de demander de l’aide au Cuba ». Certes, Nous les Musulmans accusons un retard scientifique et technologique pour des raisons que vous savez certainement (politicien, Ministre du Commerce), mais dans ce contexte précis de COVID’19, il y’a plein de médecins Musulmans qui activent partout dans le monde. Ainsi, il y’a quand même une contribution ….. scientifique. Pour ceux qui donnent des FETWA, vous m’étonnez: dans une société structurée, chacun fait son boulot selon ses compétences. Vous ne trouvez pas que notre actuel Ministre du Commerce Kamal REZIG fait un boulot formidable … au risque de sa vie, tout en améliorant des procédures par rapport à ces …… prédécesseurs ?
    Pour revenir à l’Algérie, son retard scientifique et technologique est dû à la corruption, à la connivence avec l’Etranger, à une mauvaise structuration des entités économiques, etc. (hélas, la liste est longue). Cependant, dans ce monde qui bouge aussi vite que la 5G, même des puissances ont dû se rallier à d’autres pour rester debout. C’est le cas pour la France qui, grâce à la ruse (et l’intelligence) de M. Mitterrand, M. Kohl a sacrifié le fort Mark sur la table de l’Union Européenne. Que serait, aujourd’hui, la France sans l’Allemagne ?

  9. Des propos souvent excessifs dans ce texte. Je pense que l’auteur n’aurait pas dû écrire cet article sous la colère. Il aurait dû attendre un peu avant de vider son sac, on est responsable de ce qu’on écrit. Est-ce que vous vous rendez compte de ce que vous écrivez?
    Entre al-Azhar qui formerait des futurs « coupeurs de têtes » et cette insupportable dichotomie simpliste et binariste entre religion et attitude scientifique, on ne peut qu’être déçu par ces propos davantage motivés par la passion que par la pensée sereine et profonde.
    Cordialement
    Mouhib

    • Je partage votre sentiment à la lecture des derniers articles de l’auteur. Ils sont marqués comme vous l’avez dit de colère et donc d’excès ce qui soulève la question de l’objectivité.
      Bien sûr que tout n’est pas à laisser.
      Par exemple:
      « …De cette œuvre il subsiste de nos jours une scolastique dévitalisée, enseignée dans des universités comme al-Azhar ou des ateliers de formation professionnelle improvisés à la Talibane et préparant au métier de gaveurs de crânes et, le cas échéant, de coupeurs de têtes… »
      C’est tout ce qui reste de nos jours? et malgré toute critique légitime à l’encontre d’Al-Azhar, l’auteur néglige le fait que pour revitaliser de telles universités-institutions, on a besoin de volonté politique.
      M. Boukrouh, est-ce avec Sissi ou Moubarak ou le Makhzène ou Ben Ali …qu’on a une chance de revitaliser Al-azhar ou Al-quarawiyyine ou encore Azzaytouna?
      Mon père avait fréquenté Al-quarawiyyine et j’ai pu voir ,adolescent, une fois, dans un des anciens cahiers, la beauté de l’enseignement des mathématiques en arabe, le naturel avec lequel il calculait pendant que je ramais, le calcul fractionnaire compliqué et appliqué à l’héritage … je suis toujours à mon émerveillement d’adolescent.
      Revitalser, réformer même oui monsieur Boukrouh et j’ajoute que ce qui reste fascine et fascinera toujours.
      Par ailleur, que vise l’auteur en citant les positions de Ben-Bâdis et d’ Abde-Razzak de l’abolition du Khilafa Ottoman et de l’arrivée d’Attatürk? sans aucune explication du contexte sans nuance. L’auteur sait pourtant le respect qu’on a pour Ben-Badis? Monsieur Boukrouh avec sa maîtrise de la plume devrait être plus explicite que s’investir dans « les phrases chocs »
      Autrement, dans l’article, les gens qui lient et délient: Ahlou Al-halli wa Al-akdi

      • Salam,
        Bonne réponse, même indirecte, pour ceux qui planchent encore sur la sémantique de « ALEM ». Chacun est savant dans son domaine: Physique, Mathématiques, …., Théologie. Toutes ces disciplines sont complémentaires pour constituer la SCIENCE. Ceci dit, il n’est pas exclu qu’une personne soit experte dans plusieurs domaines. Marocain vient de nous le confirmer, ici, en évoquant son père à qui je rends hommage. Au cas où certains ne le sauraient pas, il y’a eu plein de ZAOUIAS qui enseignaient, en Arabe, aussi bien la Chari’a, El Fikh, …, mais aussi la Physique, les Mathématiques, l’Astronomie. Alors que bon nombre de commerçants de nos jours ne savent se servir que de leurs calculatrices, ceux du temps de l’âge d’or de l’Islam étaient, en outre, des spécialistes en théologie et dans bien d’autres disciplines pour certains ….., en somme des ULEMAs, n’en déplaise à certains !

    • Mouhib,
      Au contraire, ce texte reflète une fine analyse. On peut ne pas être en accord sur la totalité des arguments. Cependant, je lis davantage de passion dans votre commentaire plutôt que dans l’article de l’auteur. Prêter des sentiments à un auteur pour le disqualifier est une technique qui consiste plutôt à court-circuiter sa pensée et son analyse.
      Pour ma part, cette démonstration est imparable :
      « Ce n’est pas le Coran qui définit et organise dans le détail la vie des musulmans, mais les livres de six hommes en particulier : les quatre fondateurs des rites qui forment la « sunna » (Abou Hanifa, Malik, Chafi’î et Ibn Hanbal) auxquels il faut ajouter le rite ibadite, et les deux auteurs des recueils de hadiths que sont Boukhari et Muslim. »
      Je comprends que cela puisse choquer, tant le monde musulman est hermétique à toute critique et remise en question.

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