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Claude Guéant et son florilège de formules anti-musulmans

L’habit ne fait certes pas le moine, mais, dans le cas de Claude Guéant, son nouveau costume de ministre de l’Intérieur semble réveiller l’eau qui dort… Chaud devant ! On n’arrête plus un ministre rigoriste devenu prolixe, au point de distiller une formule à l’emporte-pièce par jour, puisée dans le bréviaire du bon patriote, celui qui célèbre la France uniquement en tricolore et non en multicolore.

En l’espace de quelques jours, Claude Guéant aura refait son léger retard sur son prédécesseur Hortefeux et sur son acolyte Copé, en nous abreuvant d’un florilège anti-musulman, extrait d’un livre de chevet nationaliste subtilisé au FN, dont le clou fut la « croisade » subtilement placée au détour de son plaidoyer en faveur de l’ingérence guerrière en Libye.

Dans la dernière ligne droite à la fois des cantonales, et du débat sur l’islam laïcisé pour la forme, le fidèle parmi les fidèles de Nicolas Sarkozy s’est déchaîné, passant en revue tous les préjugés islamophobes qui font fureur, en veillant à s’apesantir sur ces signes religieux que la République ne saurait voir, elle qui, par ailleurs, est habituée à en voir des vertes et des pas mûres : le voile, le marginal, car il ne s’agit que de lui, et ce quelle que soit sa longueur…

Reprenant le flambeau de ses collègues, Claude Guéant s’est fait le chantre sur Radio Classique de l’interdiction du voile pour “Les agents des services publics qui, évidemment ne doivent pas porter de signes religieux, manifester une quelconque préférence religieuse, mais les usagers du service public ne [le] doivent pas non plus“, tout en évoquant le cas constamment rebattu de l’hôpital, jugeant « inadmissible » que des patientes, forcément musulmanes, refusent les soins prodigués par des hommes. La belle affaire ! Ou comment un droit élémentaire passe pour répréhensible, comme si, de surcroît, le refus de s’en remettre à un médecin homme, hormis les situations d’urgence, était l’apanage des femmes musulmanes !

Alors que l’UMP sous la férule de Jean-François Copé veut définitivement gommer de nos villes et nos villages la vision du voile, Claude Guéant, qui a indiqué qu’il est hors de question de légiférer sur les « prières de rue » et qu’il oeuvrait à un redéploiement de policiers dans la rue, s’est toutefois fait tapoter sur les doigts en se laissant aller à dire qu’il était difficile ” d’envisager en pratique une interdiction du port de tout signe religieux par les usagers dans les services publics, dans les transports en commun par exemple“.

Des petites discordances que la grand-messe du 5 avril, aux mille et un recadrages, devrait facilement harmoniser pour mettre tous les partisans de la droite décomplexée à l’unisson, à moins que la fibre gaulliste et humaniste de la droite classique ne l’entende pas de cette oreille…

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