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Californie : un rapport alarmant fait état des harcèlements de jeunes étudiants musulmans

Maintes fois évaluée, sondée, millimétrée sur le baromètre de la suspicion généralisée, la loyauté des musulmans américains envers l’eldorado, où il n’est pas interdit de rêver, n’est pas un mythe mais une réalité tangible, authentifiée par le très sérieux institut de sondages Gallup, tout comme l’est leur optimisme à toute épreuve qui leur ferait presque voir la vie en rose…

Pourtant, l’ignorance de leurs concitoyens les entoure, et dans une Amérique pénétrée de religion, la stigmatisation et les préjugés sont néanmoins semés au vent, poussant dans certains Etats comme de la mauvaise herbe sur le terreau fertile du pluralisme religieux.

Sous le soleil trompeur de Californie, le temps n’est pas au beau fixe pour les écoliers, lycéens et étudiants musulmans. En effet, l’étude, réalisée par l’influente association américano-islamique CAIR et rendue publique jeudi dernier, met en pleine lumière les harcèlements, intimidations, et rejets enfouis dans les zones d’ombre d’un petit coin de paradis, dont nombre d’entre eux sont ou ont été victimes, de la part de camarades de classe, et pire encore d’enseignants et de responsables d’établissements.

"J'ai été victime d'intimidations quand j'étais au collège", a témoigné Hanif Mohebi, qui a aujourd’hui rejoint la direction du CAIR, sur la chaîne ABC. "Nous étions constamment traités de terroristes, notamment à l'époque de Saddam Hussein", a-t-il ajouté, visiblement marqué par un souvenir scolaire que le temps n’efface pas.

Intitulé "Grandir dans la foi : Expériences en Californie de jeunes musulmans confrontés aux intimidations, aux harcèlements et état des lieux de l’enseignement de l’islam dans les écoles", ce rapport édifiant est le fruit d’une enquête scrupuleuse menée auprès de 500 étudiants de confession musulmane, âgés de 11 à 18 ans.

Parmi les résultats alarmants révélés par cette investigation au cœur des discriminations scolaires dans une région réputée pour son attractivité, la proportion de jeunes filles (1 sur cinq) devenues la risée ou la tête de turc de leur école, mises à l’index et ostracisées en raison de leur hijab, fait quelque peu perdre à la Californie de sa superbe.

"Portez-vous le foulard sous la douche? L'enlevez-vous à la maison?", tel est l’interrogatoire incongru et intrusif qui a refroidi d’entrée la jeune Salma, lors de son inscription dans un lycée local, tandis que son père, guère épargné par un dénigrement institutionnel très répandu, s’entendait dire par un enseignant acrimonieux, employant le tutoiement de l'humiliation : "Ton cousin a été tué", en référence à la mort d’Oussama Ben Laden.

Ce noir bilan dressé des mortifications quotidiennes dans le temple du savoir est également conçu comme un outil pédagogique à mettre entre toutes les mains d’étudiants, ainsi que d’enseignants et de parents responsables. C’est le vœu le plus cher du CAIR qui a travaillé dans ce sens, tout en fournissant des informations précieuses aux familles musulmanes sur leurs droits afin de lutter contre une islamophobie tristement ordinaire, qui peut frapper même dans une enceinte prétendument sanctuarisée, mais manifestement pas immunisée contre la bêtise humaine abyssale et le racisme primaire insondable.

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