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Londres : un chauffeur de bus musulman à la rescousse d’une femme enceinte

Bon samaritain ordinaire qui a accompli l’extraordinaire, n’écoutant que ce que lui commandait sa conscience, Sajjad Shariff, un chauffeur de bus londonien, s’est improvisé ambulancier d’un soir face à la détresse d’une femme enceinte, à bout de forces après avoir vainement attendu une ambulance pendant plus d’une heure et demie.

Il était près de 23 heures cette soirée-là, lorsque Sajjad Shariff, 41 ans, qui effectuait son habituelle tournée nocturne, vit soudainement une inconnue s’engouffrer dans son bus, respirant rapidement et fortement, lui lançant un SOS haletant en deux petits mots explicites « bébé » et « hôpital » qui traduisaient l’urgence de son état.

Ce dernier n’est pas prêt d’oublier ce jeudi 19 décembre, quand le visage de Fatim Faye est apparu dans l’entrebâillement des portes de son véhicule, les traits visiblement marqués par l’angoisse et la fatigue d’avoir marché seule jusqu’à l’arrêt de bus le plus proche de son domicile, se désespérant d’être assistée par le secours médical d’urgence.

Ni une ni deux, Sajjad Shariff a immédiatement appliqué la procédure qui s’imposait en pareil cas : composer le « code rouge » qui avertit les services de transports en commun qu’une situation d’urgence s’est produite à bord de son véhicule, exigeant une ambulance sans délai. Pendant ce temps-là, tous les passagers montés à bord sont descendus, à l’exception d’une jeune femme d’une vingtaine d’années, Bee Cole, qui a proposé de rester auprès de Fatim Faye jusqu’à l’arrivée des secours : « Il faisait tellement froid, je n’aurais pas pu partir en laissant cette femme sur le point d’accoucher dans un endroit aussi peu adapté que peut l’être un bus », a-t-elle déclaré à la presse nationale.

Plus de 30 minutes plus tard, alors que le son d’aucune sirène n’était perceptible dans l’épaisseur d’une nuit glaciale, Sajjad Shariff, n’y tenant plus, a remis en marche son autocar, fait descendre la passagère très secourable, actionné les fermetures automatiques des portes, et enclenché les vitesses pour conduire, lui-même, Fatim Faye, de plus en plus mal en point, vers l’hôpital de la délivrance qui se situait à six arrêts de bus de là.

A 1h45 du matin, la maman de 44 ans, particulièrement affaiblie, a donné naissance à une petite fille, et selon la formule consacrée quand le pire a été évité : la mère et l’enfant se portent le mieux du monde. Tout est bien qui finit bien, et tandis que l’hôpital s’est confondu en excuses pour un grave dysfonctionnement interne, le courage d’une mère et la promptitude de la réaction de Sajjad Shariff, son ange gardien, n’ont pas manqué d’alimenter les gazettes. Fait notable dans cette histoire peu banale, les articles anxiogènes ont laissé place à un joli conte de Noël dont le sauveur est musulman…

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