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Boston : des tracts menaçant de “tuer les Musulmans” ont glacé le sang de la communauté musulmane de Revere

Ils ne sont pas tombés du ciel, mais ont bel et bien été semés au vent pour répandre la haine de l’islam à Revere, une localité proche de Boston, des papiers volants hautement inflammables et qui ont brûlé les doigts des passants intrigués qui les ont ramassés, ont lancé, mardi dernier, un ultimatum glacial en pleine rigueur hivernale, plongeant la communauté musulmane locale dans une profonde consternation et les forces de l’ordre dans une perplexité empreinte de vigilance.

Dispersés à chaque coin de rue, devant des arrêts de bus, ou encore sous des bancs dans des jardins publics, ces appels au meurtre, griffonnés sur des feuilles volatiles, ont jonché le sol enneigé de la capitale du Massachusetts, menaçant purement et simplement  de « tuer les musulmans en Amérique et en Europe et de brûler des exemplaires du Coran si l’ISIS ne capitulait pas sous 72 heures », avec cette variante effroyablement pousse-au-crime : « Tous les musulmans seront tués en Amérique et en Europe ».  

Dans une ville aussi métissée et bigarrée que l’est Revere, où les commerces détenus par les musulmans ont fleuri en l’espace de quelques années, ce lâcher de tracts orduriers, qui survient une dizaine de jours après l’horrible drame de Chapel Hill, a atteint son but suprême : terrifier les administrés de confession musulmane en les livrant à la vindicte populaire, et troubler la coexistence harmonieuse qui régnait jusqu’ici entre les différentes communautés, toutes étant extrêmement choquées par ces menaces que personne ne prend à la légère, et surtout pas la police.  

"Nous prenons cette affaire très au sérieux, et une enquête a été diligentée toutes affaires cessantes", a déclaré le lieutenant Amy O'Hara, tandis que le ton du premier magistrat de la cité, le maire Daniel Rizzo, bien que se voulant rassurant, trahissait toutefois une inquiétude palpable.

De son côté, l’influent Conseil des relations américano-islamiques (Cair) s’est empressé de remercier les autorités de Revere pour leur promptitude à tout mettre en oeuvre pour remonter la trace du ou des auteurs de ces messages incendiaires, envoyant ainsi un signal fort à une communauté musulmane américaine en proie à une vive anxiété depuis la folie meurtrière islamophobe de Chapel Hill.

"Compte tenu des récentes agressions islamophobes dramatiques à l'échelle nationale, nous exhortons tous les membres de la communauté à redoubler de précautions dans leurs activités quotidiennes et à signaler tout incident sans la moindre hésitation aux forces de l’ordre", a recommandé Ibrahim Hooper, directeur de la communication du Cair, en espérant que  l'hiver rigoureux de Boston ne sera pas celui du coeur…

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